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20 février 2008
L'intrus
« Le spectateur, la tragédie finie, décide de retourner au théâtre, non de se crever les yeux... Il ressent l'intrusion de l'homme parmi les forces dont il n'était que l'enjeu, - l'intrusion du monde de la conscience dans celui du destin. » A. Malraux, Les Voix du Silence. / J'avais allongé le bras vers la bibliothèque. Pris un livre. Ouvert au hasard... Voici. Possible que cette citation ne trouve aucun écho dans les lignes qui suivent. On verra. / Je lève le regard. De l'autre côté de la fenêtre, les gourmands oscillent sur les plus hautes branches des poiriers. Quelques feuilles repliées sur elles-mêmes, petites notes couleur chair collées aux squelettes gris, protègent encore le secret de cet hiver qu'elles ne devraient pas vivre. Sur la vitre une coccinelle, attentive, explore les millimètres de la surface qui l'empêche de se perdre dans le vaste froid. / En attendant la faille où un jour, fatigué ou distrait, je glisserai pour retourner là d'où je suis venu, j'explore moi aussi la limite contre laquelle je m'acharne. Parfois je me rends compte que c'est une fenêtre...
09:05 Publié dans Lectures commentées | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
Une fenêtre ouverte sur vos mots à vous...
Un peu peur d'être une intruse,tant peut apparaitre intimidant comme de la neige fraîche votre espace tout juste ouvert...
j'espère que vous allez continuer,je suis intriguée.
Ecrit par : sophie LL | 21 février 2008
@ Sophie LL : Merci de votre visite. Il s'agit d'une bien délicate intrusion. Je trouve que les premières traces de pas dans la neige sont souvent émouvantes. J'habite au pays de l'hiver et je pratique, le plus souvent possible le ski hors pistes. À bientôt.
Ecrit par : Marc | 21 février 2008
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