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28 février 2008
John Wheelwright
Ce n’est pas une préoccupation. C’est un souvenir de lecture, un chuchotement fugace mais récurrent qui sollicite mon attention. Le titre de ce billet, c’est le nom du narrateur d’un roman de John Irving, A Prayer for Owen Meany (Une prière pour Owen). Ce qui me titille c’est un extrait de la conversation entre Owen Meany et son ami John Wheelwright qui refusait de s’inscrire à Yale ou à Harvard. De mémoire cela va ainsi : Owen insiste, TU POURRAIS AU MOINS ESSAYER D’ÊTRE ADMIS DANS UNE MEILLEURE UNIVERSITÉ et John tout simplement et sans esbroufe se rappelle qu’il est un bon étudiant en Histoire et en Anglais, qu’il est un lecteur lent mais pespicace et qu’il ne se considère pas de l’étoffe de Yale ou de Harvard… Où Owen va évidemment être admis . TU POURRAIS FAIRE UNE MAÎTRISE EN LITTÉRATURE ANGLAISE, ajouta alors celui-ci, TU N’AS PAS BESOIN DE TALENT PARTICULIER POUR ÇA, TU N’AS QU’À ÊTRE ATTENTIF À CE QU’UNE PERSONNE VEUT TE FAIRE VOIR…
La lenteur, la perspicacité et l’attention (avec beaucoup de bonne volonté souvent), des hésitations cruelles sur mon propre compte et une disposition naturelle à admirer sans restriction ceux que j’aime. Ça c’est moi.
16:37 Publié dans Lectures commentées | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



Commentaires
J'ai longtemps vécu l'inverse, une disposition pour m'admirer sans restriction, et l'incapacité à entendre qui que ce soit d'autre. Il a fallu que j'apprenne à me retirer de sous le projeteur pour enfin voir quelque chose. J'admire maintenant les lents qui prennent le temps de voir les choses.
Ecrit par : Moukmouk | 28 février 2008
@ Moukmouk : Ours-cousin, je vois encore en toi des dispositions à avancer avec assurance, sans t'inquiéter du jugement des autres. À te rendre là où tu as décidé de te rendre sans demander la permission et sans attendre qu'on te la donne. Ton excellent site témoigne de ceci. T'admirer toi-même ? Pourquoi ? Puisque d'autres le font.
Le revers de la médaille de la lenteur et du doute c'est l'hésitation, la peur du ridicule... Ce que je dois surmonter. Heureusement, je peux compter sur l'exemple de certains. Merci.
Ecrit par : Marc | 29 février 2008
L'attention aux autres, l'admiration qu'on leur porte, l'amour qu'on leur voue, sans doute est ce le seul chemin sur lequel il n'y a pas à hésiter, pas à vaciller, pas à douter...
Mais peut-être que la perspicacité relève d'autre chose, d'un don délicieux par exemple?
Ecrit par : sophie LL | 02 mars 2008
@ Sophie LL : Un don ? La source du don se trouve dans que vous énumérez dans votre première phrase. Parfois quand j'y arrive, sans hésiter, sans vaciller, courageusement, je constate que la perspicacité y est aussi. Surgissant comme un don.
Ecrit par : Marc | 02 mars 2008
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