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23 mars 2008
Samedi saint
Pensées bienveillantes à répandre autour de moi. Bienveillantes ?
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Sûr que j'hésite à utiliser ce mot depuis le roman hénaurme de Littell. Car le mot grince un peu. Les « Bienveillantes » auxquelles il fait référence étant les Érinyes, les Furies... Dans la mythologie grecque, ce sont les persécutrices, dont on n'osait prononcer le nom de peur qu'elles apparaissent. Ainsi, pour les désigner, on ne prononçait à voix haute que le mot au sens contraire (Euménides : Bienveillantes). Peut-on me dire s'il s'agit ici d'un euphémisme ou s'il existe un expression qui signifie plus précisément utiliser un antonyme pour faire comprendre ce qu'on veut dire sans le dire. J'admire cette disposition que nous avons de jouer avec le mots. Une admiration parfois inquiète bien sûr. Combien de fois en une seule journée, les mots que nous entendons, ceux que nous utilisons, ont-ils le sens que nous leur donnons généralement ? Ou un sens approximatif ? Ou le sens contraire ? Litotes. Métaphores. Euphémismes. Antonomases. Oxymores. « Qu'ont-ils vraiment voulu dire ? », voici sans doute la raison d'être de tous les départements d'études de langues (mortes et vivantes) des universités.
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Ceci étant dit, j'ai des pensées amicales pour bien des gens aujourd'hui. En réalité la plupart de ceux que je connais. Je traverse une période philanthropique ! Et pour ce qui est du titre de ce billet. Que j'ai écrit avant d'écrire le reste. Je crois que je vais le laisser tel quel. Le samedi saint me fait penser à l'amitié de toutes façons. Bientôt, selon la chronique, il sera question des disciples d'Emaüs. C'est l'un des rares extraits des évangiles auxquels je puis encore m'identifier tout à fait. Deux amis, retournant (à pieds, tranquillement) chez eux après les événements de la pâque à Jerusalem. Ils sont tristes, inquiets, ils ont peur. Un étranger chemine un bout de temps avec eux. Ils s'arrêtent tous les trois pour partager le repas. Je les imagine dans une auberge (le tableau de Rembrandt, Les disciples d'Emaüs). L'amitié, la chaleur et la sincérité les réchauffent et les allègent. Quand l'étranger, qu'ils ont accueilli et qui se comporte comme un ami, disparaît après le repas, ils reconnaissent « que leurs cœurs étaient brûlants en sa présence... » et qu'il n'y a pas de raison de laisser ce feu s'éteindre.
04:20 Publié dans Lettres ouvertes | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note



Commentaires
C'est un plaisir, ce cadeau que vous nous faites d'ajouter des "images" à vos textes.
et c'est beau cette expression de "coeur brûlant"...
Aujourd'hui c'est donc Pâques. Merci beaucoup pour tous ces billets.
Ecrit par : sophie LL | 23 mars 2008
@ Sophie LL : Je vais tenter de rendre ces billets plus attrayants quand je le pourrai. Ce dernier billet est un peu déroutant. J'ai sans doute un peu forcé l'itinéraire en allant du samedi saint aux bienveillantes pour cheminer ensuite vers Emaüs. Mais j'ai tout simplement bifurqué là où les sentiers se présentaient.
Je vous remercie, moi aussi, pour vos commentaires pertinents et très gentils.
Ecrit par : Marc | 23 mars 2008
Elle est merveilleuse cette machine à écrire, en haut à droite, surgie du temps jadis et qui nous est apportée par les cloches de pâques!
Appartient-elle au maître de ces lieux?
Fait-elle un joli petit dring-dring à la fin de chaque ligne?
On imagine beaucoup de choses écrites grâce à elle. Elle est belle, voilà. Avec une forme singulière. J'aime les objets quand on voit comme ça leur utilité, et qu'ils ont en même temps quelque chose d'un peu particulier.
Je rêve ou en effet on la dirait vivante, prête à bondir et raconter plein de choses?
Ecrit par : sophie LL | 24 mars 2008
@ Sophie LL : « Prête à bondir » ? Je lui trouvais un air un peu fantomatique moi. J'espère qu'elle ne bondira pas. Mais elle me paraît riche d'histoires anciennes (pas si anciennes, tout de même). Quelqu'un devait l'utiliser durant les années cinquante du siècle dernier. C'est drôle comme le temps me semble aller vite depuis quelques années. On écrit plus vite sur ces nouveaux claviers aussi et sur la toile... Cette machine est une Underwood. Elle est conservée dans les immenses réserves du Musée de la civilisation (Québec). J'ignore qui en fut le propriétaire. Mais elle me plaît bien à moi aussi. Telle qu'elle est.
Ecrit par : Marc | 25 mars 2008
Mais voyons, les fantômes peuvent bondir !
Ecrit par : sophie LL | 26 mars 2008
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