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26 mars 2008
Giboulée
Ce mot, associé pour moi à des réalités intermittentes, ne me vient à l'esprit que durant cette période de l'année. Jamais, au plus vif de l'hiver, qu'une tempête de neige se lève soudainement, je ne pense à la nommer giboulée. Mais dès que le mois de mars arrive, s'il neige et que cette neige soit un peu mêlée de pluie, si ce n'est pas une tempête mais qu'il vente férocement, je sais que ça ne durera pas longtemps. On peut sortir quand même, il ne fait pas vraiment froid. Les humeurs du temps me surprennent et mon vocabulaire retrouve à nouveau cet escalier de sortie de l'hiver. Giboulée : Exit : Le printemps c'est par ici.
Les humeurs... Autrefois ce mot signifiait les liquides que produisent les corps (en médecine : la bile, l'atrabile, le flegme et le sang). On a délaissé cet usage aujourd'hui pour désigner les caractères que l'on associait aux humeurs. À l'atrabile, l'humeur noire, on associait les dispositions néfastes et négatives. La mauvaise humeur... La giboulée est une poussée atrabilaire de la météo, qui s'arrange encore une fois pour faire parler d'elle bien entendu.
16:12 Publié dans Lettres ouvertes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



Commentaires
On parlait des quatre humeurs "cardinales":le sang, la lymphe (= le flegme?) la bile, et quelque chose qu'on appelait la "pituite" (j'avais appris ça à l'école, un professeur avait expliqué que c'était quelque chose comme la glaire vomie à jeun si on a beaucoup trop bu -sic!- et que ça venait du latin car pituite c'est ..le suc des arbres!)
Flegmatique... atrabilaire... lymphatique... sanguin...voilà ce que nous sommes, nous les humains...Quelle giboulée que nos vies à tous, hein !
( ça me fait penser que certaines personnes d'un certain âge disent: "il a attrapé une sacrée giboulée" ! pour dire: "une belle volée".
Ah tiens je vais dire ça à mes enfants: "ce trimestre, va falloir travailler, sinon...gare à la giboulée!" )
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En tous cas des deux côtés de l'océan, le printemps est là...Même si dimanche soir il a neigé dix minutes ici, beaucoup plus dans la vallée du rhône, et hélas c'est pas de bon augure pour les cerises (même si des giboulées de neige sur les cerisiers, c'est une image jolie comme un haïku !)
Ecrit par : sophie LL | 26 mars 2008
@ Sophie LL : Merci pour ce beau commentaire. Je voudrais ajouter à mon billet que la mauvaise humeur est une humeur du printemps. Une humeur du réveil et des commencements. En effet, qui veut naître, hein ?
La giboulée sur les cerisiers. Un haïku, c'est vrai. Attendez un peu, voici : « Si seulement nous pouvions tomber / Comme des fleurs de cerisiers / Si pures, si lumineuses. » Un jeune pilote japonais de vingt-deux ans, à la veille d'une mission kamikaze ; cité par Marguerite Yourcenar dans, Le temps, ce grand sculpteur, Gallimard 1983.
Ecrit par : Marc | 26 mars 2008
j'aime bien la médecine de cette période, encore emprique, largement nourrie d'images comme aussi toutes les explications scientifiques qui commencent à poindre; un livre, à ce sujet, m'a marqué : le voyage de Robert Challe, voyage fait aux indes, me semble-t-il.
Ecrit par : patrick | 28 mars 2008
@ Patrick : Merci pour la suggestion de lecture. D'accord avec vous pour la médecine de cette période : toujours l'observation, avec la consignation systématique de l'expérience et l'intelligence au travail.
Ecrit par : Marc | 29 mars 2008
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