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31.03.2008

Nagano

207127274.jpg« La littérature, lorsqu'il s'agit du bonheur,

est un pauvre moyen en face de la musique. »

Gaëtan Picon, Malraux par lui-même, Seuil, 1961. page 64

29.03.2008

Arborescence

Dans un commentaire sur un billet précédent publié ici intitulé Giboulée, Patrick mentionne son intérêt pour la période de la médecine où bourgeonnait à peine la réalité que nous connaissons aujourd'hui dans ce domaine. En pensant à son commentaire, mon esprit fait surgir le mot arborescence. À mon avis c'est le terme qui exprime le mieux que la vie, la pensée, l'expérience à la fois enracinées et cependant ouvertes ne mènent pas au désert, à la sécheresse... À la spécialisation.

1420606350.jpgQue notre vie, que notre pensée soient arborescentes ! Ouvertes à toutes les lumières, sensibles à tous les vents, résistantes devant les obstacles, souples. Nourries par une sève qui s'alimente à des racines profondes.

 

28.03.2008

Terre gelée et Tonka

« Mais la terre est encore gelée », ai-je dit à Jérémie. « Pas grave, a-t-il répondu, il n'a pas fait si froid cet hiver, puis il y a eu beaucoup de neige, ça ne va pas très profond... »

Hier, arrivait donc Patrick avec son petit tracteur. Il a mis moins d'une heure à découvrir que tout est encore gelé, bien dur, jusqu'à soixante-quinze centimètres de la surface du sol. Sa petite pelle ne peut rien faire... Entendons-nous, c'est une petite pelle selon des critères d'un chantier de construction. 

- Qu'est-ce qu'on fait ?

- Eh bien ! Il faut continuer non ?

Le garage, la cuisine d'été, toute cette partie de la maison repose sur des structures temporaires en attendant que le ciment de la fondation et des murs soit coulé. Alors, Patrick a fait venir un tracteur encore plus gros pour défoncer la terre glacée.

Beau à voir ces grands garçons qui s'amusent avec des jouets immenses et bruyants.

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26.03.2008

Giboulée

Ce mot, associé pour moi à des réalités intermittentes, ne me vient à l'esprit que durant cette période de l'année. Jamais, au plus vif de l'hiver, qu'une tempête de neige se lève soudainement, je ne pense à la nommer giboulée. Mais dès que le mois de mars arrive, s'il neige et que cette neige soit un peu mêlée de pluie, si ce n'est pas une tempête mais qu'il vente férocement, je sais que ça ne durera pas longtemps. On peut sortir quand même, il ne fait pas vraiment froid. Les humeurs du temps me surprennent et mon vocabulaire retrouve à nouveau cet escalier de sortie de l'hiver. Giboulée : Exit : Le printemps c'est par ici.

Les humeurs... Autrefois ce mot signifiait les liquides que produisent les corps (en médecine : la bile, l'atrabile, le flegme et le sang). On a délaissé cet usage aujourd'hui pour désigner les caractères que l'on associait aux humeurs. À l'atrabile, l'humeur noire, on associait les dispositions néfastes et négatives. La mauvaise humeur... La giboulée est une poussée atrabilaire de la météo, qui s'arrange encore une fois pour faire parler d'elle bien entendu.

24.03.2008

Chanter

Oh ! Je l'ai perdu ! Je suis vraiment désolé. Il y a un lien que je souhaitais partager avec vous. C'est un enregistrement de Sambolero de Luiz Bonfà. Je vais, dans quelques minutes, partir d'ici pour aller diriger la chorale. Nous commencerons, et peut-être terminerons-nous la soirée par les doux lalala de cet air inoubliable...

Cet enregistrement existe sur un site qui s'appelle LiveLeak.Com.

23.03.2008

Samedi saint

Pensées bienveillantes à répandre autour de moi. Bienveillantes ?

...

Sûr que j'hésite à utiliser ce mot depuis le roman hénaurme de Littell. Car le mot grince un peu. Les « Bienveillantes » auxquelles il fait référence étant les Érinyes, les Furies... Dans la mythologie grecque, ce sont les persécutrices, dont on n'osait prononcer le nom de peur qu'elles apparaissent. Ainsi, pour les désigner, on ne prononçait à voix haute que le mot au sens contraire (Euménides : Bienveillantes). Peut-on me dire s'il s'agit ici d'un euphémisme ou s'il existe un expression qui signifie plus précisément utiliser un antonyme pour faire comprendre ce qu'on veut dire sans le dire. J'admire cette disposition que nous avons de jouer avec le mots. Une admiration parfois inquiète bien sûr. Combien de fois en une seule journée, les mots que nous entendons, ceux que nous utilisons, ont-ils le sens que nous leur donnons généralement ? Ou un sens approximatif ? Ou le sens contraire ? Litotes. Métaphores. Euphémismes. Antonomases. Oxymores. « Qu'ont-ils vraiment voulu dire ? », voici sans doute la raison d'être de tous les départements d'études de langues (mortes et vivantes) des universités.

...

1360280179.JPGCeci étant dit, j'ai des pensées amicales pour bien des gens aujourd'hui. En réalité la plupart de ceux que je connais. Je traverse une période philanthropique ! Et pour ce qui est du titre de ce billet. Que j'ai écrit avant d'écrire le reste. Je crois que je vais le laisser tel quel. Le samedi saint me fait penser à l'amitié de toutes façons. Bientôt, selon la chronique, il sera question des disciples d'Emaüs. C'est l'un des rares extraits des évangiles auxquels je puis encore m'identifier tout à fait. Deux amis, retournant (à pieds, tranquillement) chez eux après les événements de la pâque à Jerusalem. Ils sont tristes, inquiets, ils ont peur. Un étranger chemine un bout de temps avec eux. Ils s'arrêtent tous les trois pour partager le repas. Je les imagine dans une auberge (le tableau de Rembrandt, Les disciples d'Emaüs). L'amitié, la chaleur et la sincérité les réchauffent et les allègent. Quand l'étranger, qu'ils ont accueilli et qui se comporte comme un ami, disparaît après le repas, ils reconnaissent « que leurs cœurs étaient brûlants en sa présence... » et qu'il n'y a pas de raison de laisser ce feu s'éteindre.

18.03.2008

Annie Dillard

Je veux répondre ici à une question de Sophie LL.

Qui est Annie D ? L'idée que je m'en fais car je ne la connais qu'à travers ses livres. Je pense qu'il y a sans doute quelques sites plus ou moins compétents qui lui sont consacrés . Elle se trouve dans la liste, aléatoire, spontanée, incomplète évidemment, des Métis (des héros) que j'avais énumérés l'autre jour. Je voulais probablement vous communiquer le choc, jamais démenti, que m'a fait la lecture de ses livres. Je me permets de citer (et de traduire) un extrait d'un de ses premiers ouvrages :

« Un jour, alors que je marchais au bord de Tinker Creek ne pensant à rien du tout, tout à coup j'ai vu l'arbre illuminé. J'ai vu le cèdre de la cours arrière sur lequel les colombes se trouvaient chargées et transfigurées, incandescentes. Je me tenais là sur la pelouse lumineuse, une pelouse entièrement en feu ; c'était précis et c'était onirique. Non pas comme si je voyais mais plutôt comme si j'étais vue pour la première fois et j'avais le souffle coupé par le regard qui me traversait... J'avais été une cloche toute ma vie, je ne l'ai constaté qu'à ce moment-là, quand je fus soulevée et sonnée (lifted and struck). » Pilgrim at Tinker Creek

2146381185.jpgElle a également écrit An American Childhood, une chronique étonnante sur ses années d'enfance à Pittsburg. Mais les livres pour lesquels je ressens un attachement persistant ce sont ses essais : une intelligence attentive pose les questions qui conduisent inévitablement au mystère (et à la solidarité avec tous les vivants). Ce qui nous amène à penser, avec raison à mon humble avis, que l'expérience de la vie est véritablement une expérience religieuse. Vous en trouverez d'excellentes traductions chez Christian Bourgois. Living by Fiction (1982), Teaching a Stone to Talk (1982), Encounters with Chinese Writers (1984), The Writing Life (1989), The Living (1992), Mornings Like This (1995), For the Time Being (1999)...

Xuan-Lay

J'ai le coeur serré et je ressens de l'inquiétude à évoquer Xuan-Lay aujourd'hui. Un enfant né au Tibet, adopté par une famille française il y a dix-huit ans.

Je voudrais qu'il sache, malgré qu'il soit entré dans la solitude pour un certain temps, que je ne suis pas indifférent à la souffrance des Tibétains.

Enfin, je vous invite à lire le billet de Moukmouk de Pohénégamouk aujourd'hui.

13.03.2008

Barack Obama

Richard Powers. Malcolm X. Annie Dillard. Desmond Tutu. Gandhi. Albert Camus. John Cowper Powys. René Lévesque. Pierre Morency. André Malraux. Antonine Maillet. Jean Giono. Picasso. Robert Kennedy. Xuan-Lay. Rabindranath Tagore. Walt Whitman. Marguerite Yourcenar. JMG Le CLézio. Phillip Roth. Victor Hugo. RM Rilke. Cervantes. Michel Folco. Alexandre Pouchkine. WAM. Joni Mitchell. Sylvie Germain. Josse. / Des métis.

12.03.2008

Plan d'affaires (2)

Soyons raisonnable. Pour retrouver la paix de l'esprit car j'ai mal dormi, j'ai ressorti les planifications rédigées il y a trois ans, quand nous avions envisagé de construire au sommet de la framboisière, une bâtisse pour y loger la cuisine et les frigos. J'ajoute le sous-chapitre suivant. Ça devrait venir à bout de nos dernières réticences.

- Chapitre 4.12

- La météo

Selon les statistiques fournies par les sources habituelles, dès le 21 mars 2008, la température sera idéale pour la production de petits fruits. Un vrai printemps, enfin au Québec, qui ressemblera à ceux que connaissent les habitants du centre des États-Unis ou ceux du continent européen. Doucement, les rivières et les lacs redeviendront frémissants, la flore laurentienne surgira de son sommeil, en prenant bien son temps, etc. Il ne pleuvra que les lundis et durant les nuits du jeudi au vendredi. Après la pluie, un vent sec à 25 km/h soufflera sur le plateau, à chaque fois, comme par enchantement et fera sécher les plants de sorte qu'au cours de cet été, il ne sera pas du tout nécessaire d'utiliser des fongicides dans la plantation pour protéger les fruits, du champignon blanc, du jaune, du gris... Enfin, puis les fraises seront prêtes à cueillir le 24 juin, les framboises le 15 juillet et les bleuets le 23 juillet. La récolte sera abondante et savoureuse.

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