« Retenir l'attention | Page d'accueil | L'album »
16 avril 2008
L'album
Chaque Homme*, stimulé par la lecture du dernier livre de Annie Ernaux, nous offre un court texte sur les images qui traversent son esprit. Il nous invite à faire de même. Voici donc, pêle-mêle, avant de me mettre à l'ouvrage dehors... En ce matin de printemps magnifique.
Dehors : Josse allongée sur un banc près du longhouse au Petit Lac Carré, le petit Philippe près d'elle s'amusant avec des bouts de bois et des cailloux ; en été la montagne derrière le collège à Ayer's Cliff ; le cimetière d'Aylmer sous les érables où Diane et moi avons fumé nos premières cigarettes ; la framboisière, ici, à dix-sept heures en juillet ; l'automne, le sommet du Pinacle ; le sentier ensoleillé vers le Pic Martin ; l'eau transparente de la Méditerranée autour des îles de Lérins ; l'île-aux-chèvres près de Montréal ; des villes où j'ai habité ; d'autres que je n'ai pas vues de « mon vivant » : Venise il y a cent ans, Rome en l'an VIII, Florence au 15e siècle, Paris avant 1939... ; le boulevard Saint-Laurent tous les matins autrefois, la terreur qui me possédait constamment en parcourant ce chemin de croix, le temps dilaté jusqu'à l'épuisement ; le sommet du Mont Albert et les Chics-Chocs.
Dedans : l'âtre immense des foyers du Séminaire de Québec ; des murs de livres ; l'opéra du CNA des soirs d'orchestre ; les murmures dans l'église du Thoronet ; ma chambre sur Clearwater ; la bibliothèque de l'université d'Ottawa le dimanche ; la chambre où s'est doucement éteinte Hélène ; la cuisine, la salle à manger et la chambre à coucher ici.
Avec : Josse, aller, ou marcher n'importe où ; G. L., sur la route de Niagara Falls à Toronto, l'une des nombreuses fois où mon corps a su ce qu'ignorait mon esprit ; J.D. marchant à côté de moi, son babil d'enfant que j'aimais tant ; M.E. à deux ans et demi qui me saute au cou sur le Pont-des-Arts à Paris, il me sauve la vie ; Martin chez Romolo avant le déménagement ; la chorale, les lundis ; Théo et Donia chanter pour l'amitié d'abord ; le voisin Georges et sa famille, malgré qu'on se parle peu, pour le respect, la bienveillance ; le regard curieux, amusé de certains lecteurs réels-imaginés sur cette page-ci.
*chaquehomme.canalblog.com
08:20 Publié dans Lettres ouvertes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note



Commentaires
Le marché et la patinoire dans le vieux port de Gênes ; Zermatt, le Mont Cervin ; ma maison dans la Grand'rue de Seillans d'avril à décembre ; Sète en mai... Discrète, je continue cependant de suivre votre trace et celles de vos ami(e)s ici. Aujourd'hui je suis très touchée. Merci.
Ecrit par : Lucia Lonergan | 16 avril 2008
@ Lucia Lonergan : Je suis touché moi aussi par votre réaction. Les beaux (hauts) lieux que vous évoquez me parlent...
Ecrit par : Marc | 20 avril 2008
Fabuleux paysages"dehors, dedans et avec"... Merci
chaque homme
Ecrit par : denis | 21 avril 2008
Ecrire un commentaire