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04.05.2008
La semaine verte
<http://www1.radio-canada.ca/actualite/semaine_verte/index.aspx>
Le samedi et le dimanche à la radio, « à l'heure du train » comme on dit autour d'ici, c'est l'émission La Semaine verte. Une émission d'informations sur les questions agricoles, alimentaires, environnementales courantes. Ce matin, à l'occasion d'un reportage sur l'inauguration du potager de la Nouvelle-France à Québec, il fut question des quatre étapes de l'évolution de la préparation des repas dans la société québécoise.
Les influences autochtones, françaises, anglaises et puis l'ouverture au monde en 1967 ont été brièvement évoquées. Le gibier, les légumes et les fruits qui se trouvaient en abondance sur le continent offraient aux premiers européens immigrants, une condition de vie généralement meilleure que celle qu'ils vivaient auparavant. Rapidement, ceux qui venaient de France, apportèrent dans leur bagages des fines herbes et des légumes de potagers qui faisaient partie de leur quotidien là-bas. Puis les Anglais vinrent ensuite avec les desserts, le sucre. À partir de quel moment au juste l'alcool est-il utilisé comme outil d'asservissement pour la population autochtone ? Il n'en fut pas question durant le préambule que j'ai entendu tout à l'heure à la radio. Peut-être y fera-t-on allusion (pour ceux qui écoutent l'émission à la télévision) à midi ? Enfin, à l'occasion de l'exposition universelle, plus de 20 millions de visiteurs au cours de l'été 1967 ; ce dernier bouleversement fait en sorte qu'aujourd'hui non seulement les livres de recettes occasionnent les meilleurs profits pour les éditeurs d'ici, mais la variété de ce qui est disponible, fait ouvrir grand les yeux.
...
Hier, aux Îles-de-la-Madeleine, on a mis les cages à homard à l'eau. Au menu, à chaque repas durant l'enfance de mon grand-père : pommes de terre et poisson du jour.
07:23 Publié dans Lettres ouvertes | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note



Commentaires
L'alcool comme mode d'asservissement des amérindiens? Il y a une vision moraliste et raciste du truc qui m'énerve souvent. Les amérindiens ont toute une gamme de chapignions et autres herbes à boucaner dont ils se servent depuis très longtemps. Le mythe d'une génétique particulière qui les rendrait vulnérable à l'alcool me semble sans fondement. Par contre, un vie qui n'a plus de sens, une bris de la relation tribale si supportante, la rupture du contact avec la vie dans sa globalité, ça me semble parfois des raisons suffisantes pour chercher par tous les moyens à ne plus voir ce qui reste du monde.
Ecrit par : Moukmouk | 04.05.2008
@ Moukmouk : Kwe cher Ours. Je ne cherche pas du tout à caractériser les amérindiens dans mon billet. Je voulais souligner qu'il y eut des gestes délibérés durant la conquête - et que cela avait peut-être à voir avec des habitudes alimentaires ; qu'en ajoutant des bouteilles d'alcool aux pacotilles au cours des échanges avec les personnes déjà établies sur le territoire, le motif de certains était justement de provoquer le bris ou la rupture dont tu parles. Que la vie telle qu'ils la vivaient ait pu faire en sorte que des ancêtres soient sensibles aux effets de l'alcool ne me gêne pas du tout. Te souviens-tu de tes premières libations ? As-tu déjà tenté de boire un verre ou deux de vin, de bière, de n'importe quoi, après une journée active au grand air ? J'ai pu constater, et non seulement sur moi-même, que l'effet de l'alcool est alors souvent décuplé. Je ne crois pas plus que toi au mythe d'une génétique particulière voyons donc ! Je suis vraiment désolé que mon billet ait pu te le faire croire ou même te faire penser que j'adhère à la vision raciste que tu dénonces.
Ecrit par : Marc | 04.05.2008
poisson chaque jour quand aujourd'hui nous essayons d'en manger au moins une fois par semaine...the dream quoi.
Ecrit par : patrick | 05.05.2008
Jeunesse de ma grand-mère: poisson du jour, pendant la prohibition, à Saint-Pierre et Miquelon...
Ecrit par : sophie L.L | 05.05.2008
@ Patrick : Poisson à chaque repas (probablement une seule fois par jour en effet !). Bonjour la variété ! Mais ça rend intelligent nous disait-on...
@ Sophie LL : Alors les mêmes bancs, les mêmes écoles, ont nourri (l'intelligence) de nos grands-parents...
Ecrit par : Marc | 06.05.2008
Vraiment? J'en suis très touchée, même s'ils ne partagèrentpas les mêmes bancs, car ma grand-mère est arrivée à saint-pierre quand elle avait déjà seize ou dis-sept ans. Elle y rejoignait en compagnie de sa mère, de ses soeurs et de certains de ses fréres, un lieu qui avait été "investi" par son père, mort entretemps et qui avait "ruiné" toute la famille..
C'est à saint-pierre qu'elle a rencontré un 14 juillet mon grand-père dont le bateau, un cablier sous-marin, faisait escale là pour deux jours.
On se mariait ainsi, sur un échange de sourires, de regards, après une soirée de bal!
(Je rêve depuis des années de faire ce voyage à saint-pierre).
Ecrit par : sophie LL | 06.05.2008
@ Sophie LL : Je parlais ici des « bancs » de poissons, des « school of fishes » comme on dit à Terre-Neuve. Partir avec un marin dont le sourire a tout dit, votre grand-mère savait ce qu'elle faisait autant que nous l'avons su, nous au même âge qu'elle. On se croit raisonnable de conseiller à nos enfants de ne pas faire ça bien sûr. Et pourtant « tomber en amour » restera toujours une folie. Heureusement.
Ecrit par : Marc | 08.05.2008
Oh non, l'amour - et l'amour fou- pléonasme?- c'est la seule chose raisonnable sur terre ! (mais le mariage, une folie parfois épouvantable, je persiste à le penser. Moi je ne savais pas ce que je faisais à son âge!)
A mes enfants -déjà en âge d'aimer, du moins l'aîné, je dis qu'on n'a jamais tort d'aimer, jamais, même quand ce n'est pas comme on dit "réciproque", mais qu'on a toujours tort d'aliéner sa liberté.
D'ailleurs je suis persuadée que le vrai amour c'est celui qui rend + libre et qui laisse l'autre libre.
Mais ma grand-mère a eu beaucoup de chance avec mon grand-père. (autant qu'on puisse dire cela, sans réellement savoir -et heureusement)
Il n'était pas marin, mais ingénieur des PTT à bord des navires qui posaient les cables téléphoniques sous-marins entre l'europe et les états-unis. A ce titre il a passé sa vie en mer et son deuxième fils , mon père, né au canada, est, lui, devenu "vraiment" marin, capitaine au long cours.
Ce "long cours" me paraissait bien énigmatique d'ailleurs quand j'étais petite. Je l'entendais comme "Berthe aux grands pieds", ou comme au "long/court" ce qui était quand même assez mystérieux!
Il ya longtemps j'avais écrit juste quelques lignes sur la rencontre de ma grand-mère à saint-pierre avec mon grand-père, et là je vais me permettre de prendre une permission que peut-être, oui je crois, avec bienveillance, vous m'accorderiez? l'envie éphmère, quelques instants, de les faire revivre grâce à l'espace que vous offrez, Marc.
J'espère que vous ne serez pas fâché?
Voila:
"Le commandant propose de fêter le 14 juillet à son bord.
Ils ont mouillé au large.
Toute l'île est invitée.
Un bateau doit venir, elle et ses soeurs, les chercher.
Le quai est désert, c'est le soir, il faudrait le filmer.
Mon coeur est plein de cette histoire.
C'est un pays de neige, de traîneaux, d'hommes égarés, de voiliers dans le port, entassés.
Aupied d'un poteau une faible ampoule électrique pend.
Un homme attend.
Elle ne comprend pas son nom. Il l'a épelé.Elle ne l'a pas compris.
Il porte un canotier.
Il semble charmant.
Elle a à peine dis-sept ans.
Pensons à elle:
vers un bateau éclairé dans la nui, elle avance sur un bateau plus petit.
Vers l'amour de sa vie, elle avance sur la mer dans la nuit"
(Merci!)
Ecrit par : sophie L.L | 09.05.2008
@Sophie LL : (C'est moi qui vous remercie). « Vers un bateau éclairé dans la nuit / elle avance sur un bateau plus petit... ». C'est une belle métaphore pour l'avancée vers l'amour.
Votre père, deuxième fils du charmant PTT au canotier est né au Canada. Ah ? Peut-être un jour, s'il y a un texte au "long/court" dans vos archives et que vous voulez le partager avec nous...
Ecrit par : Marc | 10.05.2008
Cela me fera plaisir de le partager, avec vous et vos tout proches, étonnée que je suis par ce hasard qui m'a emmenée vers ce pays,euh paternel?. Je crois que c'est l'odeur et la douceur de la neige dans le premier billet, qui inconsciemment m'avait guidée !
Ecrit par : sophie L.L | 11.05.2008
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