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12.05.2008
Les grands-mères. Pour Sophie LL.
« Une grande maison blanche assise paisiblement sur une colline, avec une véranda qui lui embrasse le ventre et les hanches nord et sud, et tout en haut, deux lucarnes qui nous regardent en battant des cils. Puis, des cheminées par où respirer, un chapeau en bardeaux pour lui garder la tête au chaud, des portes de côté pour entendre d'où vient le vent et une entrée d'en avant, grande ouverte qui brame : Faites comme chez nous ! Radi en a le cou tordu et les yeux à pic. Elle se tourne vers moi pour m'inviter à la suivre et voit mon visage embrumé.
À cause que... T'es chagrinée ?
Non Radi, c'est pas du chagrin. Rien que de la nostalgie. »
Antonine Maillet, Le temps me dure.
...
Je n'ai pas connu mes grands-mères. Ni Marie-Ange, elle n'a pas vécu assez longtemps, ni Alvénia qui ne désirait pas se faire connaître. Mais j'ai la nostalgie d'elles tout de même. Il me semble que Marie-Ange eut été du genre à m'avertir de ne pas perdre le « sens commun », c'est-à-dire de ne pas cesser d'être attentif aux autres.
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Commentaires
Alvenia: quel joli prénom, mais Marie-Ange aussi (que d'anges dans les parages ces temps-ci !), (et Antonine bien sur)...Le mot nostalgie correspond bien au manque d'elles, qu'on ne les ait pas connues ou qu'on les ait connues,aux pensées vers elles, à la vigilance qu'il nous semble elles nous demanderaient, d'avoir.Elles nous guident de loin.
Et parfois elles sont muettes...tant de choses ont changé.
Ce matin je m'interroge sur ce qui nous guide au fond. Si longtemps j'ai eu juste l'impression d'éviter les écueils, de mettre toutes mes forces seulement dans l'idée de réchapper des coups de vent, des naufrages, des bourrasques...Le chemin se faisait tout seul: survivre.
Avec une idée fixe: aggripper qui pourrait m'aider dans la tempête, qui pourrait me secourir.
Et puis désormais, la mer est devenue moins houleuse (quoique!avec des ados à la maison elle est parfois diablement houleuse de leur côté!), et...aië aïe aïe, je ne sais plus toujours quel chemin prendre.
Qui me guide?
Parfois Chronos, comme vous le dites, et l'effroi devant le temps qui passe...mais est-ce un bon guide?
Parfois la colère, mauvaise conseillère mais si longtemps enfermée à double tour qu'elle doit prendre l'air aussi celle-là!
Parfois la flemme ?, l'envie de se reposer, de trouver un port,
parfois le désir de sortir des eaux calmées mais d'avancer vite ailleurs voir d'autres mers...
toutes ces envies contradictoires, et ces difficultés à prendre un cap qui soit le bon....
Aussi douce soit la pensée de mes grand-mères, elles ne m'aident pas, là !
Ecrit par : sophie L.L | 13.05.2008
@ Sophie LL : C'est vrai. Où sont nos grands-mères quand on a besoin d'elles ! Où sont les anges ? Où sont les autres aussi ? Mais je pense que le cap vers lequel on se dirige est toujours le bon. Puisque c'est toujours vers soi-même qu'on va, ici, là-bas, maintenant et plus tard. Et puis survivre, passer d'aujourd'hui à demain est essentiel aussi. Mon ami Théo, qui enseigne aux adolescents (vers quinze et seize ans), leur recommande une seule chose : Si vous voulez être sûr de vous en sortir, quoi qu'il vous arrive, qui que vous rencontriez, assurez-vous de dîner régulièrement en famille. Si vos parents travaillent tard, si vos frères et sœurs sont occupés, préparez le repas, attendez-les et insistez pour qu'ils y soient.
Ecrit par : Marc | 13.05.2008
Tout d'un coup j'imagine un blog (mot pas joli mais ce n'est pas le propos!) qui serait tenu par les grand-mères de là où elles sont, à qui on pourrait parler, demander conseil, et elles nous adresseraient des billets (pas de banque, même si les grand-mères ont toujours eu plus ou moins cette façon gentille de glisser un peu d'argent dans la main, celui qu'au grand jamais les parents ne donnaient jamais,- et ils avaient raison!, et elles avaient raison!-, mais des billets comme sur un blog, ça serait délicieux...).
Quant à ce que dit Théo, comme il a raison! ça c'est un cap que j'essaie de tenir, parfois même je ruse pour obtenir ça (entre autres culinairement !) car ça me parait vital.
Mais tous les soirs c'est mission impossible. Alors "réguliérement" oui, Théo a raison.
Je serais curieuse de savoir ce que Théo dit d'autre.
Enfin tout ça ne nous rend pas les grand-mères! Où sont-elles quand on a besoin d'elles ?!
(et tout d'un coup je me dis: où je suis moi quand peut-être d'autres ont besoin justement...de moi? A la fin de ma vie j'aimerais avoir réussi deux choses:
- ne pas avoir "manqué" à ceux à qui j'aurais pu être utile
- ne pas avoir pesé à ceux envers qui je n'ai pas su être assez légère
(bon sang, c'est pas simple, si?, de tenir ces deux extrémités)
ah et une troisième: peut-être un jour être une grand-mère !
Merci infiniment pour le billet dédié, je suis touchée.
Ecrit par : sophie LL | 13.05.2008
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