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18 mai 2008
L'oriole
Mon âme (au sens platonicien) reconnaît-elle le chant de l'Oriole ? Ou est-ce le petit oiseau de feu qui vient boire en moi au puits si familier de la joie et de la mélancolie ?
07:40 Publié dans Lettres ouvertes | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : chant, platon, questions sans réponses



Commentaires
quand je regarde un oiseau, je me dis que je regarde un oiseau, jamais je ne me rappelle son nom (*), je n'en éprouve pas le besoin, c'est un oiseau, lui peut voler, pas moi, lui peut m'émerveiller, pas moi, lui peut me laisser le plus beau des souvenirs, pas moi.
(*) à l'exception du kingfisher que le doigt du garçon a pointé, look! chaque matin sur un pieu vermoulu, à la même heure, celle de notre petit déjeuner au bord du lac artificiel de Jaïpur, des plumes de joailler.
Ecrit par : patrick | 21 mai 2008
@ Patrick : J'ai eu la chance de voyager, cela fait un bout de temps, avec le professeur Pierre Dansereau, biologiste, savant, l'un des premiers universitaires environnementalistes ici. C'était passionnant de l'écouter parler ; car il tentait depuis déjà cinquante ans de voir comment les hommes habitent sur la terre. Il interprétait, au fur et à mesure que nous allions vers notre destination, les paysages, les signes, les traces des humains et l'effet mesurable de leur présence dans l'environnement qui les accueille. Il racontait à travers les diverses essences d'arbres, les accidents géologiques, la faune lorsqu'on en voyait, la belle et longue histoire qui semblait se dérouler sous ses yeux. Parfois des mots précis lui manquaient. Oh, je ne suis pas taxinomiste répétait-il, tout en ne semblant pas le regretter. En effet, classer, ordonner, organiser et retenir les noms des plantes et des fleurs, des animaux et des oiseaux, ainsi que des milliers de variétés de cailloux exige une tournure d'esprit bien particulière. Le professeur Dansereau savait nommer ce qui l'intéressait. Son vocabulaire était évidemment époustouflant car ses connaissances étaient immenses. Mais je crois qu'il ne pensait pas qu'il devait consacrer beaucoup d'énergie à retenir les noms de choses si elles ne se présentaient à lui qu'à l'occasion, de façon fortuite.
Je ne sais pas nommer l'Oriole depuis longtemps. Mais il y a trois ans, ici, au printemps, il est venu chanter pendant trois jours sur la tablette d'une fenêtre de la maison. Son chant, DO noire - LA blanche pointée, est si beau, son plumage est si étonnant, que le nommer m'a paru inévitable. Une sorte d'apprivoisement. Maintenant je reconnais son chant entre mille et quand je l'entend je lève la tête vers l'éclair fuligineux dans les branches.
Ecrit par : Marc | 21 mai 2008
Merci pour le chant de l'Oriole, Marc: Do- La a a... Je l'entends, il a traversé l'Atlantique et un petit bout de la Manche...Et même la baie du Mt St Michel...
Ecrit par : Lydie | 21 mai 2008
Loin de moi l'idée de trouver encombrants les noms que de toute façon je ne retiens pas, sans doute suis-je indifférent aux choses de la nature, partout où je vais, j'éprouve le besoin de sentir l'homme, sa trace, son ouvrage, les pierres qu'il a amassées ou sculptées et puis parfois les hommes m'énervent, quand nous avions un chien, on me demandait souvent 'quelle race?', jamais question ne me fut plus incongrue comme aussi parfois la moue réprimée une fois la réponse faite 'un bâtard'.
Ecrit par : patrick | 22 mai 2008
@ Patrick : Je comprends ta préférence pour les traces et les ouvrages des humains. J'ai choisi de vivre éloigné de la ville depuis quelques années parce que les humains m'énervaient beaucoup trop. C'est-à-dire que je les prenais trop au sérieux. J'apprécie de plus en plus maintenant dans la nature l'intelligence qui s'y manifeste. / Chien bâtard, pour moi, signifie plus fort et en meilleure santé.
@ Lydie : L'oriole de Baltimore fait un pèlerinage jusqu'au Mont St-Michel.
Ecrit par : Marc | 22 mai 2008
@Patrick,
Attirance et répulsion... La médaille et son envers... Nous n'avons pas le choix, il nous faut
"prendre" le tout. Les forces du bien et du mal, intimement mélées en nous, comme le bon grain et l'ivraie . Quel orgueil en nous parfois, quelle bétise aussi...Tu as sûrement raison Marc, peut-être devrions nous en rire. Pour toi, un chien bâtard, c'est un chien fort et en meilleure santé: quelle sagesse et quel bon sens. De telles paroles sont réconfortantes.
Ecrit par : Lydie | 22 mai 2008
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