« Lourdes (tendances) | Page d'accueil | Voyager »
27 mai 2008
Voyager
« Si je suis, le plus souvent, en train de faire quelque chose que je ne sais pas faire, c'est pour apprendre à le faire. »
Picasso
...
Comment serais-je si je me réveillais quelque part, à l'étranger, chez des humains dont les habitudes, les façons de vivre étaient radicalement différentes des miennes ? Je voyage peu. Pas souvent. Je suis malheureux si je dois me déplacer constamment ; manger à l'extérieur tous les jours. Malheureux si je dois participer à rencontres sans suite, rencontrer des gens pour quelques instants puis les oublier. J'ai besoin de créer des habitudes, de trouver mes repères, partout. Il m'est arrivé en voyage d'être si fatigué, si complètement dépassé, que je ne cherchais plus que le coin tranquille où je pouvais devenir invisible. Besoin impérieux de lire, de ne rien faire, d'écouter, de regarder. Besoin de m'absenter, comme ici. Non pas que je désirais le retour. Mais je suis lent et je n'ai pas une bien grosse valise pour accumuler des expériences et les transporter. Je suis un sédentaire. J'ai fini par l'admettre et cela me désole bien sûr. J'admire les nomades. Je veux dire ceux qui peuvent se retrouver presque sans préavis au Népal, au Vietnam, en Inde, sur une place fourmillante au Caire, à Alger, à Ouagadougou...
Car on ne revient jamais de voyage. On poursuit le voyage dans un contexte plus familier, c'est tout.
07:51 Publié dans Marc | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note



Commentaires
Parfois cependant l'absence est plus facile au loin, absence à soi, absence à ses "responsabilités", absence à ses habitudes, absence à ses proches, absence à ses "obligations", absence à tant de choses aussi qui tissent la vie des mères de famille...
absence aux courses, à la vaisselle, à la lessive!
Plus facile d'être invisible au loin, de disparaitre au milieu des autres...
Apaisant de se fondre dans d'autres bruits, une agitation différente ou des rythmes inconnus....
Vieux fantasme de fugue sans doute!
Et probablement rien à admirer, ni d'un côté ni de l'autre, dans ces comportements: juste
nos diversités, nos fatigues, nos façons variées de "ne rien faire, écouter, regarder"...
Ecrit par : sophie L.L | 27 mai 2008
je me rappelle la première fois que je suis allé en birmanie, je crois que c'est l'endroit du monde dont je ne suis jamais tout à fait revenu.
Ecrit par : patrick | 28 mai 2008
@ Patrick : Aller-revenir de Birmanie, maintenant, c'est participer avec tout un peuple au deuil, difficile à faire, de la disparition de bien-aimé(e)s, ainsi qu'aux efforts immenses de la reconstruction après le terrible passage de Nargis. L'idée est inusité. Mais je pense qu'elle n'est pas mauvaise au fond. Nous avons tellement l'habitude de fuir les endeuillés. De les abandonner.
@ Sophie L.L : Sagesse comme souvent dans votre commentaire. C'est sûr que j'admire (les nomades) ; peut-être de façon moins inconditionnelle que vous le supposez. Je ne suis pas toujours enchanté en regardant le ciel, de le voir traversé par des engins brillants qui transportent bien des « vireux », des « voireux », comme le disent les vieux de mon coin. Mais je tente de trouver, dans ce qui m'est différent, le beau côté. Je tente aussi de « décaper » mon personnage ; pour trouver de quel bois je suis vraiment fait. Et je comprends l'absence « d'ici » qu'on désire et trouve en se retrouvant ailleurs. Quel comportement humain ne contient pas son paradoxe ?
Ecrit par : Marc | 28 mai 2008
Les "voireux" ?! Quel nom formidable!
Et en effet les voireux aussi ont leurs paradoxes et on est peut-être toujours le voireux de quelqu'un.C'est vrai que les déplacements en avion ont quelque chose d'affreusement brutal: se retrouver ailleurs, sans cheminement....
Par ailleurs s'il y a quelque chose au monde que j'adore dans ces "engins brillants", c'est dedans, d'y voir de tout prés, le ciel. Voir le soleil se lever en avion je trouve ça enchanteur.
Et curieusement l'avion est un des seuls endroits au monde où je n'ai pas peur...
Voireuse, je me sens voireuse aussi quand je vais au musée ou voir une exposition -et pourtant j'aime beaucoup cela, mais quelque chose me gêne.
Nous sommes faits de drôles de bois!
Peut-être ne sommes nous sereins qu'en contemplant la glycine qui bouge un peu dans la brise ou les fleurs de tilleul, loin de toutes les trépidations...Peut-être que tant de choses possibles, tant de voyages "faisables", nous rendent anxieux...Moi oui en tous cas!
Ecrit par : sophie LL | 28 mai 2008
@ Sophie LL : C'est bien vrai que regarder (d'une certaine façon) les voireux, c'est être voireux à son tour. Ainsi commence une mise en abîme vertigineuse. Elle ne s'arrête, parfois, un moment, que lorsque quelqu'un avec talent, avec panache, avec douceur, douleur ou vérité, raconte ce qu'il voit.
Ecrit par : Marc | 30 mai 2008
Ecrire un commentaire