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25 juin 2008

Les bras des hommes

À cette époque les sources d'énergie disponibles ne pouvaient être que les chevaux, ou plus souvent les bœufs, les bras des hommes, le vent et, bien entendu, l'eau des rivières. Les moulins étaient donc des points forts de l'économie locale.

C'est pourquoi le lit de la rivière recevait tous les soins nécessaires : à la faux, sur des barques plates, les hommes coupaient les herbes  poussant au fond... Ils taillaient les arbres des rives, les peupliers, les ormes... Ils évacuaient la vase... Et chaque jour ils visitaient les digues, les chaussées de pierre et les écluses, pour réparer les dégâts provoqués par la force du courant. 

Sans ce travail, les deux roues à aube du moulin n'auraient pas pu tourner.

Les jours d'été étaient brûlants. L'eau de la rivière ruisselait sur les deux roues, la "grande" et la "petite". Une fraîcheur indescriptible saisissait quand on s'approchait d'elles. Le vacarme des roues rendait sourd. Les poulies, les pignons, les couronnes dentées n'arrêtaient jamais leur mouvement.

Aujourd'hui c'est ainsi, tout s'est tu, sauf quelques semaines durant l'année, de temps en temps, les cris joyeux des vacanciers en canoë.

Commentaires

les autoroutes ont remplacé les rivières, les automobiles le courant...

En Charente, plusieurs moulins ont été réhabilités et produisent des huiles de qualité.

Oliv'

Ecrit par : PaysageMan | 26 juin 2008

@ Oliv': Hum, oui, bien vu, cette rivière est la Charente. Ce moulin-là n'est pas réhabilité, il est abandonné. Il dort.C'est terriblement triste de le voir ainsi. Plusieurs fois par an je fais ce cauchemar très précis: une route est en construction "sur" la rivière, la couvre. Heureusement non. Il y a encore comme autrefois des nénuphars sur l'eau, et des libellules bleu marine qui s'y posent quand le soir tombe.
Quel genre d'huile? En fait je crains de ne pas aimer les moulins réhabilités.Je crains de n'aimer ni le passé en fait,que je ne veux pas enjoliver, ni le présent, ni l'avenir.(C'est gai!)

Ecrit par : sophie LL | 26 juin 2008

Les poulies ,les pignons ,les couronnes dentées ...quel rêve.quel beau billet ...on rêverait de courber l'échine ,de tirer des charrues,et d'aller par les chemins en tirant une petite brouette

La fin du Monde semble aurait -telle commencé avec Denis Papin ?...(Cette machine que j'ai cassé un jour ,enfin pas moi,ma soeur ;-))apparemment un bricoleur zélé l'aura réparée pour notre + grand malheur ...

Ecrit par : frasby | 26 juin 2008

@ Sophie : Je relis votre dernière phrase ainsi : « ... sauf quelques semaines durant l'année, de temps en temps, les cris joyeux des Don Quichotte en canoë. »

@ Oliv' : Si je trouve des huiles de Charente par ici, soyez assuré que je me pencherai avec délectation sur les étiquettes. J'en choisirai une et j'entendrai de la musique en sourdine, des échos du vacarme des poulies, des pignons et des couronnes.

Ecrit par : Marc | 26 juin 2008

@ Marc: des chevaliers errants en canoë? oui, ce ne sont pas les mêmes moulins, mais il est exact qu'en canoë on peut sur la Charente errer! Ce n'est pas l'Amazone mais à certains endroits sa largeur et tous ses bras (pas ceux des hommes, les siens!), toutes ses îles, favorisent l'égarement. On ne sait plus où on est. En effet...en effet!

Ecrit par : sophie LL | 27 juin 2008

huile de noisettes principalement , produite par Mme Michenaud à Rancogne pour le moulin que je connais. Sur la Tardoire (sûrement affluent de la Charente).

Il m'arrive fréquemment de ne me sentir à ma place ni au passé, ni au présent et de douter de voir naître un avenir qui me convienne.

Ce moulin sur la Charente, je le ferai bien revivre... mais sans doute n'en ai-je pas les moyens...

Oliv'

Ecrit par : PaysageMan | 29 juin 2008

@Oliv' : Être à sa place au présent. Difficile. Comme je crois vous comprendre. Parfois l'avenir me manque à moi aussi. Parfois c'est le passé. / Et puis j'ai du mal à accéder à votre site depuis quelques jours. Je suis le seul ? / L'huile de noisette de la Charente (la région d'où sont venus les premiers français en Nouvelle-France au XVIIe). Mmmm, je la dégusterai sur les petites feuilles vertes récoltées dans mon potager.

@ Sophie LL : Votre billet nous a proposé une promenade fertile. Moi, vous m'avez fait rêver d'une région en France que je connais peu. J'ai cru voir les moulins ; entendre les poulies et le han han des hommes qui, soulevant les fonds vaseux découvraient des trésors : leur force et leur désir de vivre renouvelés. Merci.

Ecrit par : Marc | 29 juin 2008

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