23.10.2008
Torino
Arriver à Turin, la nuit, par le sud (A55) et trouver d'instinct le centre ville. Dormir à l'hôtel et se réveiller tôt le matin dans cette belle ville dont le Pô trace la ligne de coeur. On y parle l'italien, cela pourrait cependant bien être le français, l'allemand, ou même le russe...
Dîner dans une pizzeria, accepter sans broncher les quatorze plats et le bonheur qu'on n'avait pas commandés.
21:52 Publié dans Correspondances | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : t, humanité, mémoire, oubli

Commentaires
Et la note du bonheur était-elle salée ?
Ecrit par : Morena | 24.10.2008
Bien sûr une (bonne) part de moi a envie de vous répondre que la note de tout bonheur est salée.
Ecrit par : Marc | 24.10.2008
Et puisque le bonheur n'est pas fait pour penser à sa note ... Que c'est plus une disposition
d' instants, qu'une planète où s'installer... J'ai décidé que je n'allais pas me priver. Bon. Alors c'est pas qu'on s'ennuie à Torino mais quatorze plats c'est un peu trop .
Et après ? Où est ce qu'on va ???
Où c'est ti dont que vous nous emmenez ?
Sentez là, une légère hâte, immobile oui, mais j'aime tant vos récents voyages ...
Ecrit par : frasby | 27.10.2008
@ Frasby : Des instants plutôt qu'une planète... Encore une fois vous me faites vraiment avancer. Ce que je cherche à comprendre ici, c'est comment j'ai vécu ou comment je suis passé à côté du bonheur sur cette planète-ci.
...
Si vous me demandiez pourquoi les pages précédentes du blog ont été effacées, je crois que je vous répondrais que c'est que j'ai une (lourde) disposition à devancer les adieux. L'effroi de l'abandon. Mais je peux bien vous l'avouer, à vous, que la note de ce geste est elle aussi salée. Comme quoi il n'y a pas que le bonheur qui coûte cher. Mais aussi mes parades pour l'éviter.
Enfin, quatorze plats. C'est trop. Je le sais. Mais ils étaient petits et nous étions deux. J'ai compté les plats ; c'est un réflexe de pauvre. En réalité, tout fut bon jusqu'au café.... Du matin.
Ecrit par : Marc | 27.10.2008
Les carnets de voyage sont toujours une façon d'emmener ceux qui n'ont pas voyagé, de leur proposer une place, une possibilité.. peu importe si ces voyages sont vrais, inventés,débridés ou immobiles, c'est pour ça que j'aime beaucoup venir ici. Comme disait une de mes connaissances, l'important ce sont ces moments que l'on brode...(où l'on brode ?)
Passer à côté du bonheur n'est ce pas un peu obligé non? Tous un peu dans le même bateau à quelque imperceptible nuance près. Ensuite les regrets , les remords sont encore une histoire d'idée de bonheur, de ce qu'on y met Puisqu'il faut choisir, que nous n'avons pas le don d'ubiquité (mais celui d'ambiguité, oui ! ah ça ! Bon ;-)
Si je vais dans la ville de ma vie ,comment pourrais je être sûre que je ne suis pas en train de passer à côté des quasi X millions de villes qui pourraient être les villes de ma vie ? pareil pour les ami(e)s, les amant(e)s, et l'Amour, etc etc... Le bonheur c'est pas une bonne idée en tant que but ;-) ça nous laisse toujours au final un peu comme deux ronds de flan... C'est comme 14 plats tous les jours. qu'est ce qu'on en ferait tous les jours ? hormis peut être le gâchis de s'en lasser à force. Moi aussi, je peux bien vous l'avouer -puisqu'on est entre nous ;-)) à Torino, j'aurais compté les plats, et recompté, non par reflexe de pauvre , mais pour me souvenir plus tard , ça ne sert à rien mais c'est bien. Et puis c'est bien aussi les réflexes de pauvres (pas ceux du radin, mais du pauvre, c'est pas pareil ! )
Je ne vous demande pas pourquoi les pages précédentes de votre blog ont été effacées... Au fond, je sais ...
Vous êtes revenu.Merci.
Ecrit par : frasby | 28.10.2008
C'est vrai. Nous sommes ici, nous pourrions être ailleurs. Nous vivons maintenant, nous aurions pu être, et nous le sommes en délirant, les contemporains des membres de toute notre famille. Dans mon cas j'aime certains de mes parents qui sont absents depuis longtemps, il y en a d'autres qui viendront, demain, dans mille ans et que je tâche d'aimer aussi... Ils ne portent pas mon patronyme, n'ont pas la même couleur de peau, ne peuvent sans doute pas comprendre ce que j'écris ici. Mais nous sommes frères et soeurs, fils, mère et père parmi nous il y a Rilke et Mozart, Ruth et Jérémie, Camus et Yourcenar. Je n'écris pas ceci pour me vanter...
Vous avez compris je le sais à quelle pauvreté je fais référence. Il y a, dans les passages intermittents que nous utilisons pour placer nos mots, nos souvenirs, des bancs, des fauteuils et des places debout. Celles-ci me conviennent souvent mieux.
Je ne serai jamais allé bien loin. Car le plus loin qu'on puisse aller par là nous conduit le plus près d'ici. Je suis revenu. Vous voyez ? Peut-être m'aiderez-vous à le formuler mieux.
Ecrit par : Marc | 28.10.2008
Enfin vous l'avez reçu ce commentaire ! Je n'ai probablement pas tout compris ;-)
On ne comprend pas toujours tout... Mais j'entends bien les deux lignes de votre dernière phrase. Vous n'avez pas , je crois , besoin de moi, pour le formuler mieux.
Il y a quelquechose D'héraclitéen dans votre pensée.
Et j'aime infiniment cette notion de passages intermittents...
Ecrit par : frasby | 28.10.2008
Héraclite d'Éphèse. Un sentiment de déjà vu. Malaise. Confort aussi. Mille pages sur lui, sur elle. Je suis revenu.
Ecrit par : Marc | 28.10.2008
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