31.10.2008

Tokyo

35 000 000 de personnes habitent dans cette agglomération urbaine. On peut y ressentir la solitude comme nulle part ailleurs au monde. Pour moi c'est le lieu historique des dénouements. Fin de la guerre du Pacifique, fin de l'isolement de l'Orient, fin du récit chrétien, fin de l'économie Occidentale, fin de l'individu. Cette feuille de Ginko stylisée qui évoque le T est un logo paisible ; il me fait également penser aux terribles champignons.

Et à un éventail.

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30.10.2008

Tegucigalpa

Josse dit, « J'y retournerais certainement. Mais je ne sais pas, tous ces trucs sans frontières... On balaye un peu de poussière sous le tapis, on quitte. Peut-être vaudrait-il mieux fonder des écoles, des hôpitaux, ouvrir nos universités aux étudiants étrangers ? »

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Trois-Pistoles

Petite ville sur la rive sud du St-Laurent où le fleuve depuis un bon moment est devenu la mer. Les Québécois connaissent l'ogre qui vit là-bas, qui écrit, écorche et s'agite.

Moi j'y ai connu un Arlequin. Il a traversé ma vie en marchant sur un fil. Je n'étais pas assez léger pour le suivre.

 

« J'ai des vagues plein les bras.

- Oh dis ! donne-les-moi !

J'ai des poissons plein les yeux.

- Dis! faisons part à deux

J'ai des étoiles d'or fin.

- Verse-les dans ma main.

J'ai de l'amour plein le cœur.

- Garde-le, j'en ai peur.

 

Maurice Carême, Arlequin

 

 

28.10.2008

Treblinka

60 kilomètres au nord de Varsovie. Ne cherchons pas de traces en ce lieu. Sinon celles, en notre propre mémoire, de nos propres actions horribles effacées. S'il en reste.

23.10.2008

Torino

Arriver à Turin, la nuit, par le sud (A55) et trouver d'instinct le centre ville. Dormir à l'hôtel et se réveiller tôt le matin dans cette belle ville dont le Pô trace la ligne de coeur.  On y parle l'italien, cela pourrait cependant bien être le français, l'allemand, ou même le russe... 

Dîner dans une pizzeria, accepter sans broncher les quatorze plats et le bonheur qu'on n'avait pas commandés. 

22.10.2008

Théoule-sur-mer

Sur une île française de la Méditerranée, je suis ébloui à nouveau par la transparence de l'eau. Il est faux de croire que la pollution a rendu toutes les eaux du monde opaques. Nous voyons jusqu'à deux, trois mètres de la surface, ici et là, de longs filets blancs de sable, des jardins d'algues, la morphologie radicalement différente et familière cependant de la terre sous l'eau. Quelques écoles (oh ! des petites classes d'écoles alternatives disons) de fins poissons argents, distraits par les courants et qui se cognent aux murs des tunnels de lumière dans le ciel liquide.

Je pense ici à Homère, à l'Illiade, à Achille et à Patrocle. Je prends un petit galet blanc dans ma main et je me dis que peut-être, sur cette rive ou sur une autre pas très loin d'ici, la sandale d'Homère...

Je pense au fait que les civilisations de l'écriture ont contribué au développement de l'esprit de l'humanité. Au développement de mon esprit. Et je me souviens au moment même avec regret que je ne connais pas le conte de l'amitié dans la tradition amérindienne. Fut-elle racontée? Assurément. Vertige à la pensée des personnages célèbres et universels de l'Illiade et à la pensée des personnages des contes de l'Île de la Tortue dont peu se souviennent. Je laisse flotter mon esprit sans plonger au cœur de cette immense question.

Demain nous irons marcher sur les sentiers des monts jusqu'au Pic Martin derrière Théoule.

20.10.2008

Trois-Rivières

Il n'y a pas trois rivières. Il n'y a que (la) Saint-Maurice qui contourne quelques îles avant de s'alanguir sur (le) Saint-Laurent. 

Mon père : « Ici, en cet endroit où se trouve aujourd'hui l'hôpital, petit, je venais cueillir des bleuets. C'était le début de la forêt. Là, un peu plus haut sur le côteau, mes mortes sont enterrées. » Il parle de sa mère, de la mienne et de sa plus jeune fille.

19.10.2008

Terre

5667559.jpg« La Terre, mère universelle de tous les êtres, naquit immédiatement après le Chaos. Elle épousa Uranus ou le Ciel, fut mère des dieux et des géants, des biens et des maux, des vertus et des vices. On lui fait aussi épouser le Tartare et le Pont, ou la Mer, qui lui firent produire les monstres que renferment tous les éléments. La Terre est parfois prise pour la Nature. Elle avait plusieurs noms, Titée ou Titéia, Ops, Tellus, Vesta et même Cybèle.
L'homme, disait-on, était né de la terre imbibée d'eau et échauffée par les rayons du soleil ; ainsi, sa nature participe de tous les éléments, et, quand il meurt, sa vénérable mère l'ensevelit, et le garde dans son sein. Dans la mythologie, il est souvent parlé des enfants de la Terre: en général, lorsqu'on ne connaissait pas l'origine soit d'un homme, soit d'un peuple célèbre, on l'appelait fils de la Terre. »

Dicoperso : Mythologies

Charles LeBrun, étude, Femme posant un genou par terre.

18.10.2008

Toronto

photo : Elodie Vioujas

 

 

 

17.10.2008

Tassajara

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Arrivé , après quatre jours d'une marche périlleuse en montagne, nous traversons le rideau du temps.

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