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  • Tokyo

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    35 000 000 de personnes habitent dans cette agglomération urbaine. On peut y ressentir la solitude comme nulle part ailleurs au monde. Pour moi c'est le lieu historique des dénouements. Fin de la guerre du Pacifique, fin de l'isolement de l'Orient, fin du récit chrétien, fin de l'économie Occidentale, fin de l'individu. Cette feuille de Ginko stylisée qui évoque le T est un logo paisible ; il me fait également penser aux terribles champignons.

    Et à un éventail.

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  • Tegucigalpa

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    Josse dit, « J'y retournerais certainement. Mais je ne sais pas, tous ces trucs sans frontières... On balaye un peu de poussière sous le tapis, on quitte. Peut-être vaudrait-il mieux fonder des écoles, des hôpitaux, ouvrir nos universités aux étudiants étrangers ? »

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  • Trois-Pistoles

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    Petite ville sur la rive sud du St-Laurent où le fleuve depuis un bon moment est devenu la mer. Les Québécois connaissent l'ogre qui vit là-bas, qui écrit, écorche et s'agite.

    Moi j'y ai connu un Arlequin. Il a traversé ma vie en marchant sur un fil. Je n'étais pas assez léger pour le suivre.

     

    « J'ai des vagues plein les bras.

    - Oh dis ! donne-les-moi !

    J'ai des poissons plein les yeux.

    - Dis! faisons part à deux

    J'ai des étoiles d'or fin.

    - Verse-les dans ma main.

    J'ai de l'amour plein le cœur.

    - Garde-le, j'en ai peur.

     

    Maurice Carême, Arlequin

     

     

  • Treblinka

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    60 kilomètres au nord de Varsovie. Ne cherchons pas de traces en ce lieu. Sinon celles, en notre propre mémoire, de nos propres actions horribles effacées. S'il en reste.

  • Torino

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    Arriver à Turin, la nuit, par le sud (A55) et trouver d'instinct le centre ville. Dormir à l'hôtel et se réveiller tôt le matin dans cette belle ville dont le Pô trace la ligne de coeur.  On y parle l'italien, cela pourrait cependant bien être le français, l'allemand, ou même le russe... 

    Dîner dans une pizzeria, accepter sans broncher les quatorze plats et le bonheur qu'on n'avait pas commandés. 

  • Théoule-sur-mer

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    Sur une île française de la Méditerranée, je suis ébloui à nouveau par la transparence de l'eau. Il est faux de croire que la pollution a rendu toutes les eaux du monde opaques. Nous voyons jusqu'à deux, trois mètres de la surface, ici et là, de longs filets blancs de sable, des jardins d'algues, la morphologie radicalement différente et familière cependant de la terre sous l'eau. Quelques écoles (oh ! des petites classes d'écoles alternatives disons) de fins poissons argents, distraits par les courants et qui se cognent aux murs des tunnels de lumière dans le ciel liquide.

    Je pense ici à Homère, à l'Illiade, à Achille et à Patrocle. Je prends un petit galet blanc dans ma main et je me dis que peut-être, sur cette rive ou sur une autre pas très loin d'ici, la sandale d'Homère...

    Je pense au fait que les civilisations de l'écriture ont contribué au développement de l'esprit de l'humanité. Au développement de mon esprit. Et je me souviens au moment même avec regret que je ne connais pas le conte de l'amitié dans la tradition amérindienne. Fut-elle racontée? Assurément. Vertige à la pensée des personnages célèbres et universels de l'Illiade et à la pensée des personnages des contes de l'Île de la Tortue dont peu se souviennent. Je laisse flotter mon esprit sans plonger au cœur de cette immense question.

    Demain nous irons marcher sur les sentiers des monts jusqu'au Pic Martin derrière Théoule.

  • Trois-Rivières

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    Il n'y a pas trois rivières. Il n'y a que (la) Saint-Maurice qui contourne quelques îles avant de s'alanguir sur (le) Saint-Laurent. 

    Mon père : « Ici, en cet endroit où se trouve aujourd'hui l'hôpital, petit, je venais cueillir des bleuets. C'était le début de la forêt. Là, un peu plus haut sur le côteau, mes mortes sont enterrées. » Il parle de sa mère, de la mienne et de sa plus jeune fille.

  • Terre

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    5667559.jpg« La Terre, mère universelle de tous les êtres, naquit immédiatement après le Chaos. Elle épousa Uranus ou le Ciel, fut mère des dieux et des géants, des biens et des maux, des vertus et des vices. On lui fait aussi épouser le Tartare et le Pont, ou la Mer, qui lui firent produire les monstres que renferment tous les éléments. La Terre est parfois prise pour la Nature. Elle avait plusieurs noms, Titée ou Titéia, Ops, Tellus, Vesta et même Cybèle.
    L'homme, disait-on, était né de la terre imbibée d'eau et échauffée par les rayons du soleil ; ainsi, sa nature participe de tous les éléments, et, quand il meurt, sa vénérable mère l'ensevelit, et le garde dans son sein. Dans la mythologie, il est souvent parlé des enfants de la Terre: en général, lorsqu'on ne connaissait pas l'origine soit d'un homme, soit d'un peuple célèbre, on l'appelait fils de la Terre. »

    Dicoperso : Mythologies

    Charles LeBrun, étude, Femme posant un genou par terre.

  • Toronto

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    photo : Elodie Vioujas

     

     

     

  • Tassajara

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    Arrivé , après quatre jours d'une marche périlleuse en montagne, nous traversons le rideau du temps.

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  • Tadoussac

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    À gauche de cette rivière s'arrête la seule route qui longe le fleuve St-Laurent sur sa rive nord. À droite, elle reprend. Cette photo a été prise sur le traversier qui fait passer les gens, les voitures, les camions, les vélos, d'une rive à l'autre. Tout près de là l'aventure française en Amérique du nord a commencé il y a plus de 400 ans. Dans le petit village où passent 300 000 visiteurs annuellement dit-on, habitent moins de 1 000 personnes.
    Selon mon point de vue, c'est ici que le nord commence. L'origine du mot est évidemment amérindienne, du montagnais, pour décrire l'endroit (vu du large) : les seins. C'est agréable. Presque partout ailleurs au Québec, quand les villes et les villages portent des noms français, il s'agit de saints.

  • Toulouse (3)

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    Voyageur fatigué. Le défaut dans l'armure paraît, c'est effrayant. La souplesse habituelle - non, la rigidité habituelle a disparue. L'appareil à regarder dont le diaphragme reste ouvert. La frontière entre soi et les choses qui se déplace. Les repères courants, la joie, la tristesse, le plaisir cèdent le pas à quelque chose de plus dense, à une vie plus complexe aux saveurs inconnues.

    Dans l'atelier de Zamoyski, au milieu de la pièce, il y a une œuvre inachevée. Une sculpture. Tirés d'un seul bloc de pierre, le personnage grandeur nature au centre du groupe est un homme que le ciel attire ; autour de lui, agrippés à ses bras, ses vêtements et ses jambes car il monte déjà, ses amis le retiennent. De tous les muscles de leurs bras et de leur amour. C'est ainsi que l'artiste imaginait l'Ascension.

    À l'extérieur, on peut voir d'une fenêtre de l'atelier, le sentier à travers le bosquet que les chiens empruntent pour se rendre au tombeau du maître. Cerbères paisibles et résignés.

  • Toulouse (2)

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    En réalité, ce serait plutôt, Toulouse - les environs.

    Avant d'aller chez Zamoyski, nous sommes arrêtés chez Henri Guérin, un sculpteur de lumière. Des gros morceaux de verres sur les tables de l'atelier. Des formes de toutes grandeurs où des fracas lumineux sont emprisonnés. Quelques affiches. Une allusion à l'atelier du tisserand Plasse le Caisne où nous irons dans quelques jours. Un repas familial gentil. Puis les petits enfants qui disent « adieu » aux parents, aux adultes, au moment d'aller se coucher. C'est sans doute plutôt « À Dieu... ». Mais j'ai le cœur serré en leur répondant « bonne nuit Nicholas, bonne nuit Flavie ».

    Puis le lendemain, la promenade pour découvrir du pays. Arrêt dans une classe d'une école de village des environs. Fermée pour l'été. Sur la tablette de la fenêtre on est en train de faire « mûrir » des fromages. Enivrantes odeurs de choses chthoniennes, évanescentes, fermées, ouvertes, intimes.