13.12.2008

Rome (4)

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Je ne veux pas quitter Rome. Mais il le FAUT !, me dit Monsieur L. Je reçois de mes lectures d'étranges présents - j'étire la notion du présent jusqu'à la cassure. Je voudrais tenter de résumer en un seul paragraphe le délire, les tombeaux, la musicalité de ce coin ouvragé de la fourmilière. Je m'entends rire depuis l'Antiquité. Et je veux, sans avoir l'air de m'intéresser à elle, trouver une représentation éloquente de l'église catholique.

Celle-ci fait bien l'affaire. "L'ivresse de Noé" du plafond de la Sixtine. Vous vous souvenez de l'histoire ? Noé goûte un peu trop à son vin. S'endort. Son plus jeune fils Cham le trouve nu, appelle ses frères, leur dit : regardez... Mais Sem et Japhet honteux, tournent leur regard ailleurs, couvrent la nudité de leur père d'un drap. Au réveil Noé maudit Cham et sa descendance, bénit les deux autres. On apprend dans la Genèse que Noé a vécu près de mille ans.

Montrer ce qui ne se montre pas - le montrer quand même. Pourquoi ?

S'ajoute à ceci, trois niveaux de lecture : politique, historique, artistique. 

Commentaires

Je crois -c'est ma réponse à moi qui donc ne vaut que pour moi- qu'à force de ne pas montrer ce qui ne se montre pas, il n'y a plus rien à montrer. Et qu'à force de montrer ce qui ne se montre pas il n'y a aussi plus rien à montrer. Et aussi que c'est une des questions les plus intéressantes. Et que c'est exactement pour ça que le lapin d'Alice ne cesse de regarder sa montre -et pas du tout pour voir l'heure.

Ecrit par : Sophie L.L | 13.12.2008

@ Sophie LL : Je suis chanceux que vous lisiez ici - et commentiez ! J'aimerais tenter de répondre à la question. Et je voudrais aussi dire pourquoi le lapin regarde sa montre. Mais il va falloir que je revienne. Vous permettez ? Ça ne vous dérange pas d'attendre ? Je dois y aller, car tout à l'heure Fanchon va venir dîner. On est samedi. C'est son anniversaire. Dans une flûte, un vin blanc très sec du Campobasso auquel j'ajouterai quelques gouttes de notre sirop de framboise et puis il y aura une salade de fenouil, poires et gorgonzola, des capellini avec crevettes et asperges, des fromages, du café et du chocolat. Nous parlerons des chevaux, des chiens et du déclin de l'empire... À bientôt.

p.s. Les assaisonnements pour les petites pâtes fines : gingembre frais et graines de sésame grillées : du chinois. Une suggestion de Monsieur L. « Parce que Rome ce n'est pas la fin du monde. »

Ecrit par : Marc | 13.12.2008

Tant que vous n'avez pas mis le lapin au menu!
Pour le reste hum ça devait être délicieux hier soir...

Ecrit par : Sophie L.L | 14.12.2008

Monsieur L. au menu ! Sous sa forme présente ? Avant qu'il ne (re)devienne un chou, un caillou, un oignon ? Incapable je suis. J'aurais le sentiment d'être anthropophage. Mais oui c'était délicieux, un petit peu beaucoup romain, c'est-à-dire chaleureux, élégant et habillé de gestes.

Ecrit par : Marc | 14.12.2008

Le petit lapin d'Alice , parti , c'est le petit lapin de play boy qui se cache goulûmment dans ce qui est le plafond le plus charnel du monde, Jamais vu un plafond qui ait autant de cuisses et de mollets galbés...
Peut -on traverser ce plafond comme un lapin traversant un miroir (sans s'arrêter ) ? Avez vous déjà essayé ?
Merci pour le bonus de d'Amor
(en forme de 7em ciel, j'adore ;-)...

Ecrit par : frasby | 14.12.2008

@ Sophie LL : Ce qui ne se montre pas se trouve, en partie, dans mon prochain billet. En partie bien sûr, car tout montrer est impossible. Et aussi, comme vous le soulignez, tenter de ne pas montrer ce qui ne se dissimule pas n'est pas possible non plus.

Ecrit par : Marc | 15.12.2008

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