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Ramallah

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dsc00074[1].jpgPour me souvenir également que la joie « venait toujours après la peine ».

 

 

» Quand Jacques sur le divan s'est mis à sangloter, lui, cet homme si intelligent, volontiers sarcastique, dupe de rien et surtout pas de lui-même, j'ai su qu'enfin nous avions atteint quoi ? mieux que le vrai : le lieu caché de la détresse. » J.-B. Pontalis, Fenêtres

Et puisque nous mentionnons le divan, c'est à Ramallah qu'eut lieu en 2005 le concert inoubliable Divan - Barenboïm. 

 

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Joyeux Noël.

Commentaires

  • "Des mot, des images, des traits, tout plutôt que le cri surgi de la détresse et de l'effroi, ce cri d'un enfant perdu que personne au monde n'entend": c'est la fin du "Dormeur éveillé" de Pontalis; en fait je cherchais "Fenêtres" après avoir lu votre billet, mais je ne remets pas la main dessus, j'ai trouvé ce dormeur éveillé à la place, que j'avais oublié, merci!
    Nous ne sommes pas restés longtemps à Rivière-du-loup, dites, mais Ramallah...,d'accord.

  • Merci de ces découvertes, je ne connaissais rien de tout cela.
    Du moins, je connaissais la détresse mais pas Pontalis, je connaissais Ramallah mais pas Barenboïm. Autant dire, rien.

    Heureux noel à vous !

  • @ Leyla : Je suis heureux de vous faire découvrir Pontalis. Au hasard de mes lectures, j'ai été heureux de le découvrir un jour. Ses livres ont une qualité particulière à mes yeux, malgré la clarté de la langue et du style, j'ai encore le sentiment de je ne les avoir jamais bien lus. Je prends donc plaisir d'en reprendre la lecture au gré de ma fantaisie. Je suis heureux de vous intéresser à Barenboïm aussi et au Divan. Daniel Barenboïm est un musicien, de premier plan, comme on dit. Mais l'intérêt du Divan à Ramallah, vous le saisissez bien j'en suis sûr.

    Je ne veux pas être l'occidental ignorant faisant l'apologie de la paix au Moyen-Orient ici. J'admire et je veux souligner l'initiative des musiciens juifs et palestiniens - bien plus proches de la détresse de Ramallah que moi, qui plutôt que réclamer la paix affirment que la haine peut cesser.

    C'est cette leçon qui m'intéresse : au cœur de toute détresse il y a un lieu ou des êtres, de la musique ou de la solidarité, qui peuvent nous sauver du désespoir. J'ai moins peur d'affronter ma propre détresse avec cette idée en tête.

    @ Sophie LL : Passer de Rivière-du-Loup à Ramallah est un itinéraire étonnant mais facile bien sûr. Nous nous intéressons à ce que cachent (et dévoilent) les choses, les mots... La paix dissimule des abysses, la guerre est habitée par l'amour. Rivière-du-Loup est proche voisine de Ramallah. Imaginons que d'un seul coup de baguette magique les habitants d'une ville viennent remplacer ceux de l'autre ville. Le fleuve changera-t-il son cours ? La paix adviendra-t-elle ?

    Ce que m'enseigne mon voyage, c'est que moi aussi, chaussé des bottes extraordinaires de l'imaginaire, je ne suis pas le prisonnier des ornières de mon esprit, de mon caractère, de mon passé, de mon éducation ou de mon ignorance...

  • @ Leyla : Je n'arrive malheureusement pas à avoir accès à la page des commentaires sur votre blog, Safari fait des siennes.

    http://oranginablack.blogspot.com/

    Mais j'ai vraiment apprécié votre billet du 25 décembre. Qui illustre bien que nous sommes étonnants, nous les humains. L'intégration (dans un autre pays, dans le monde adulte) est un paradoxe c'est évident. Un jour nous cessons de croire au Père Noël, pourtant nous continuons d'y croire, sans oser le nommer. Ou en le nommant - Jésus, Mahomet, Dieu, Dieue, ce qui est très dangereux.

  • "qui plutôt que réclamer la paix affirment que la haine peut cesser"

    C'est beau et fort ce que vous dites.
    L'être humain étant ce qu'il est ... je projette, forcément, cela sur mon expérience personnelle.

    Je me demande si les 15 guerres civiles en cours en Iran prendront fin un jour.
    Comment.
    Grace à quoi.
    Grace à qui.
    Quand on ne sait plus qui hait qui ni pourquoi... je vous avoue que nombreux sont les jours où j'ai envie de baisser les bras.

    Mais si à Ramallah quelqu'un y croit encore... alors je n'ai pas le droit, moi, ici, de baisser les bras.

    Merci de cette petite lumière que vous posez sur ma route...

  • @ marc, je viens de lire votre deuxième commentaire... il me touche beaucoup, merci (encore).

    Paradoxalement je crois que c'est le fait d'avoir bien tôt été privée d'insouciance de rêves et de magie, qui fait que je crois encore en tout cela aujourd'hui.

    Et cela m'est précieux pour avancer dans la vie... [d'ailleurs pour me faciliter la tache, moi je crois en tout. Le Père Noel, Dieu, la bonne étoile, le Hasard la chance ou la providence... tous sont les bienvenus, tous sont égaux et tous sont mes aimés.]

    [repassez demain, le bug sera résolu et vous accueillir me fera très plaisir...]

  • @ Leyla : Les Grecs (et les Romains de l'Antiquité) pensaient qu'il fallait honorer les dieux bienveillants ; mais aussi ne pas oublier de rendre hommage aux dieux terribles et malfaisants. D'ailleurs, les uns et les autres pouvaient être à la fois, ou tour à tour, ceci ou cela. Ainsi, pour chaque circonstance (habituelle ou exceptionnelle) de la vie, il valait mieux, pour ne pas l'offusquer, trouver le nom du dieu qui veillait : Zeus sur l'Orage, Aphrodite sur l'Amour, Poseïdon sur la Tempête, Mars (Arès) sur la Guerre, etc... Vous avez décidé de croire en chacun ? Bonne idée. Mais vous risquez d'être bien occupée à mettre de l'ordre dans vos pénates... Ce projet me paraît emballant.

  • Ah, Marc, qui diable vous parle de l'ordre !
    Je vous parle d'accueil, vous me parlez de tri ; de classification ; de rangement.
    Rien de tout cela chez moi voyons.
    Bon ou mauvais, petit ou grand, d'ici ou d'ailleurs, chaque dieu, chaque demi dieu et chaque semblant de dieu est le bienvenu chez moi.
    Qu'il y soit, comme je vous le disais, comme dans une grande maison de famille remplie de tous les bruits de la vie, des portes qui claquent, des éclats de voix, des gamins qui courent partout des gens qui cuisinent et d'autres qui font la sieste,... voilà, je les verrais bienvenus chez moi comme ça.
    Avec de tels amis je suis bien armée pour la vie.
    [meme si ma demeure est, par la force des choses, plutot un souk qu'une demeure... Certes !]

  • @ Leyla : Je ne vais pas vous contredire. Vous faites chez-vous comme vous le voulez, bien sûr. Le souk des dieux. Votre Acropole privée... J'aime bien. Méfiez-vous un peu tout de même. Certains sont franchement collants, impolis, ils tachent. S'installent et oublient qu'ils sont chez vous. Je crois que je parlais moins de classification, de rangement, que d'organisation. Je nous vois un peu comme des directeurs de camps d'été. Il faut les occuper, il vaut mieux aussi savoir, à tout moment, ce qu'ils sont en train de faire. C'est vrai que lorsque tout ce « beau monde » se met à chanter en chœur ou à être heureux c'est puissant... On peut se sentir invincible.

  • Je comprends ce que vous dites... quand je dis "adopter", c'est surtout les avoir là tout près, pour mieux les observer, et pour mieux les connaitre. Peut etre aussi, qui sait, pour leur montrer avec le temps des chemins plus civilisés... non ?

    Je ne sais plus qui disait cela, "méfiez-vous des gens qui ne lisent qu'un seul livre"... je trouve cela très juste. [cela ne veut pas dire, adhérer à chacun...]

    belle journée à vous

    [votre lien sur Babeloued est absolument incroyable !]

  • @Leyla : Les hostilités, vous le savez, se poursuivent à Gaza ces jours-ci. Vouloir qu'on mette un terme à la guerre est un exercice désespérant, qui fait de nous des oracles ridicules si on regarde le monde en termes de jours, de mois ou d'années humaines. Pour le moment, avec d'autres, nous ne pouvons que tenter de garder vivant l'espoir que les hommes (les femmes et les enfants - les enfants surtout) ne soient entièrement livrés à la haine.

    ...

    Si je suis préoccupé à l'idée d'admettre qu'on laisse entrer tous ces dieux chez soi c'est que parmi ceux à qui j'ai ouvert la porte et qui se sont installés à demeure chez moi, il y en a un qui a souvent dominé mon ciel de son soleil noir. (Aimer la vie et en saisir la saveur dans la mélancolie, résister à l'abattement. Cela résume assez bien une bonne part de ma vie adulte.) Saturne.

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