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Cluny, Alberta (2)

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Je ne sais comment écrire sous cette photo. Elle me rappelle à moi un endroit d'une très grande importance dans ma vie.
Cependant elle est aussi la représentation de la douleur. Au Canada, ces écoles, sur des réserves indiennes, ont été créées avec la mission très claire d'assimiler (la plupart des enseignants, des religieuses et des religieux croyaient qu'il s'agissait d'évangéliser) les enfants des Indiens.
 

Commentaires

  • Je crois que dans la boîte à lettres d'Epistolaire, c'est le billet que je préfère.

  • Soupir.

    Pourquoi, pourquoi mais pourquoi...

  • " Père, pardonne- leur, ils ne savent pas ce qu'il font!!! "
    Et c'est paroles d'évangile :o)

    Peut-être pêché d'orgueil?

  • @ Lydie : Partout au Canada dans les peuples des Premières nations des cercles de guérison sont à l'œuvre. Y travaillent des adultes et des enfants dont les vies ont été ruinées par les violences physiques et sexuelles, les humiliations et les privations subies dans des écoles où l'on enseignait la soumission à l'homme blanc la Bible en main. Personne n'oserait brandir à nouveau ce livre aujourd'hui pour leur enjoindre de pardonner. Je suis d'accord avec toi cependant en ceci : le pardon est une question qui est au cœur de la guérison.

    @ Leyla : C'est une très vieille histoire humaine. Et universelle. Le plus fort écrase le plus faible. Le plus riche le plus pauvre. Le plus gros, le plus petit. Le mieux armé, le moins bien armé. Et souvent l'adulte, l'enfant...

    @ Sophie L.L : Ce n'est pas le billet que je préfère. Loin de là. J'aime uniquement la photo. En la transférant j'ai tenté de sélectionner une partie de l'image. Elle s'est fendue.

  • Marc, oui, je comprends. Mais moi c'est celui que je préfère car - à mes yeux - c'est celui, dans le texte où on approche le plus de vous, c'est celui où on est au coeur de quelque chose de vous. Et moi j'en suis très touchée. J'espère que cela ne vous déplait pas que j'écrive cela.Je vous embrasse.

  • Si le coeur vous en disait, Marc, j'aimerais bien aussi que vous continuiez sur ce rapprochement entre pardon et guérison .....Voulez vous dire que si l'on parvenait à dompter nos ressentiments de haine ,de violence, de vengeance ..., la manifestation de la douleur et du mal prendrait un autre tour ? ou s'agit il d'autre chose ?

  • @ Sophie L.L : Vous pouvez écrire ce que vous voulez bien sûr. Cependant il faut que je le dise, je ne pense pas que parler de la souffrance ou de la douleur signifie qu'on parle au plus près de soi, ni qu'on soit en train de livrer quelque chose qui soit plus près du cœur de soi. Je suis donc un peu mal à l'aise avec votre lecture de ce billet.

    @ Violette : Je ne sais que ceci à ce sujet. Quand je dis que le pardon est une question qui est au cœur de la guérison, j'affirme vraiment que c'est une question. Posée différemment pour chaque être qui veut guérir. Il n'y a pas d'autre rapprochement à faire que celui-là.

    Pour guérir, je dois d'abord lutter de toutes mes forces contre les simplifications. C'est toujours la première chose à dompter selon moi. Mon esprit qui voudrait des réponses toutes faites - pour blâmer comme pour pardonner. Donc, poser la question du pardon quand je suis au cœur du ressentiment, de la haine, de la violence et du désir de vengeance. Ne jamais cesser de la poser... Je ne sais pas si je pourrai pardonner, ni si le mal va prendre un autre tour. Mais ce dont je suis sûr c'est que la question inquiète le mal. Elle fait en sorte que je suis un peu moins son jouet, sa chose, son objet, son perroquet.

  • Oh Marc, je suis maudite. A nouveau mon commentaire, ( et ma lecture donc, dites-vous) ne vous va pas. A nouveau cela me fait mal. Alors je n'ai pas d'autre mot que: pardon, et d'autre geste que m'effacer. Je vous embrasse très fort.

  • Si je peux me permettre, pas la bible en main, à cause du terrible billet : juste » Le crédo de l’espérance » ça risque de ne pas plaire à Moukmouk - que j’aime pourtant particulièrement pour toutes ces actions et ses luttes dont je partage l’esprit !
    Ce crédo nous vient d’Argentine :

    « Je crois en un Dieu qui accompagne de tout près
    chaque pas de mon chemin sur cette terre :
    derrière moi souvent, il voit mes erreurs et souffre à cause d’elles ;
    d’autres fois, il est à mes cotés, il me parle et m’enseigne ;
    d’autres fois, il est devant moi, il me guide et marque pour moi le rythme de la
    marche.

    Je crois en un Dieu de chair et de sang, Jésus-Christ,
    Un Dieu qui a vécu dans ma peau et qui a usé mes souliers,
    Un Dieu qui a parcouru mes chemins et qui en connaît les lumières et les ombres ;
    Un dieu qui a mangé et qui a enduré la faim,
    Qui a connu un foyer et qui a souffert la solitude,
    Qui fut acclamé et qui fut condamné, embrassé et battu, aimé et haï.
    Un Dieu qui allait aux fêtes et aux enterrement.
    Un Dieu qui a rit et qui a pleuré.

    Je crois en un dieu qui, aujourd’hui, porte un regard attentif sur le monde,
    Qui voit les haines qui excluent, qui divisent, qui marginalisent, qui blessent et qui
    tuent ;
    Qui voit les balles traverser la chair, le sang innocent inonder la terre ;
    Qui voit la main qui se coule dans des poches ou des bourses
    Pour voler ce dont l’autre a besoin pour manger ;
    Qui voit le juge décider en faveur du mieux placé, habillant d’hypocrisie la vérité et
    la justice ;
    Qui voit les eaux sales et la mort du poisson, la pollution qui détruit la terre et
    troue le ciel ;
    Qui voit s’hypothéquer l’avenir et croître la dette des hommes.

    Je crois en un Dieu qui voit tout cela
    Et qui en pleure.

    Mais je crois aussi en un Dieu
    Qui voit une mère donner le jour, et c’est une vie qui naît de la douleur,
    Qui voit jouer deux enfants, et c’est une semence de solidarité qui germe,
    Qui voit la fleur pousser sur les ruines, et c’est un commencement nouveau,
    Qui voit le soleil chaque matin, et c’est un temps pour des possibles.

    Je crois en Dieu qui voit tout cela…
    Et qui rit- parce que, malgré tout, il y a l’espérance. «

    "Violences physiques ou sexuelles!... " Violences morales aussi!...
    -Toujours combattre cet esprit de domination qui peut soudain habiter l'homme et le détruire: " Nous n'avons pas à combattre contre la chair, mais contre l'esprit de domination"
    - Rester humble
    - Essayer toujours de trouver, garder? la paix en nous, sinon la joie...
    - tâcher d'être heureux ...

    Vaste programme!!! Et le Père qui en rit :o) : " Ma pauvre enfant: va donc te coucher tu es fatiguée:o) "
    Non je n'ironise pas, j'essaye de rire aussi comme Dieu, pour vous faire rire...Un peu...
    J'essaye de faire rire mes frères- aprés avoir été si sérieuse- car je vous aime et on le sait bien: " Celui qui aime ses frères aime Dieu " et "Dieu sait toutes choses, il sait que je l'aime"
    J'embrasse très fort Sophie

    -

  • @ Sophie L.L : Je vous lis ici et ailleurs depuis un an. Permettez-moi cette appréciation. C'est un jugement et je vous prie de me pardonner de ne pas savoir trouver une meilleure façon de le dire. Vous me faites penser à une athlète de (très) haut calibre. Vous jouez le plus souvent remarquablement bien. Quand vous jouez mal, c'en est déconcertant.

    @ Lydie : Tu connais bien notre différence de point de vue sur l'existence de Dieu. Je sais que tu la respectes. J'imagine qu'il te semble aussi incroyable que je ne sois pas croyant qu'à moi tu puisses croire à ce Père-là. Nous sommes donc condamnés, toi et moi, tous, malgré nos à priori, à tenter de nous comprendre au présent avec nos pauvres moyens. Évidemment tu es toujours la bienvenue ici. Ton témoignage est généreux.

  • Deuxième étage. Les nuits blanches. L'été de mes quatorze ans. L'odeur des grands champs d'herbes sèches qui font des vagues sur la mer blonde, devant, derrière l'école, sous le vent. Les grillons, les cigales qui trouvent les notes justes dans l'harmonie des sphères. L'aigle. Mon totem. Les chevaux. Mon nez cassé à la boxe. Mon premier amour.

  • ouaouh!...

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