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Chartres (2)

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Théorie des fractales. Il y a dans toutes formes, une forme initiale reproduite autant de fois qu'il faut pour produire ces nouvelles formes. Le monde est gigogne. Sur n'importe quelle pierre de n'importe quel sentier qui mène ici, la vision de cette cathédrale est possible. Il faut se pencher - et puis un peu se tordre le cou... Regarder de près. Pas de haut, pas de loin.

Commentaires

  • @ Patrick : Je veux dire que nos ancêtres, lointains, excellents dessinateurs les Patrick, responsables et bons ouvriers les Marc, ont contribué à construire ceci. Ils ne regardaient aucun autre ciel que celui qui était en eux. Peut-être les vôtres, les miens, ont-ils été compagnons à Chartres ? Ne baissons pas les yeux.

  • Je ne l'ai vue qu'une fois, cette fameuse cathédrale…
    Il faudrait revenir encore et encore, s'en imprégner…

    Dans la même vile, la Maison Picassiette, que je n'ai pas vue du tout.

  • ah.
    marc.
    il faut que je vous dise.
    parfois j'attrape une phrase au vol chez vous, la phrase en question arrive sur un post it,
    et le post it reste collé à mon bureau jusqu'à ce qu'il se décolle tout seul.

    "Ils ne regardaient aucun autre ciel que celui qui était en eux."

    ça c'est mon prochain post it.

    bleu.
    ciel.

  • @ Leyla : Merci. Voici, pour vos post it : http://www.bleuduciel.net/page/13/ . C'est une adresse à laquelle je me rendais quotidiennement l'an dernier. En changeant d'ordinateur j'en avais perdu l'itinéraire. Grâce à vous j'ai pris la peine de le rechercher et je l'ai retrouvé. C'est brillant d'amour et de mélancolie. Bonne lecture.

    @ kl loth : La maison Picassiette. Je n'y vais pas non plus. C'est l'œuvre d'une folie d'un autre ordre, très solitaire, très méchante. Où il faut d'abord tout briser pour imiter ensuite la vie.

  • La cathédrale de Chartres m'a fait l'effet d'une étrange dentelle la première fois que je l'ai vue
    une dentelle momifiée, hélas , je crois qu'il faut plusieurs jours pour vraiment rentrer dans ce monde désarmant, impressionnant, intimidant

    La maison Picassiette, je ne connaissais pas du tout... Folie "méchante" vraiment ?

  • Il faudra vraiment alors que je puisse retourner un jour à Chartres pour voir cette maison Picassiette. Ce que vous en dites m'étonne… que voulez-vous dire ?

  • @ Frasby, @ kl loth : Je sais bien qu'il faut dire que c'est une folie innocente et sympathique. Que l'office du tourisme, etc. Ce « méchante » est une évaluation à distance. Sans doute une injustice. Elle repose sur d'autres expériences que j'ai de maisons transformés de cette manière par des « artistes inconnus » et qui me laissèrent désemparé, pas du tout admiratif. Trop maniaque, trop féroce. Féroce plutôt que méchante ça irait ?

    Je suis un peu pris de court d'aboutir ainsi chez Picassiette à Chartres malgré tout. Moi qui voulait réfléchir sur la hauteur du regard qu'on doit poser là. Me voici donc au ras du sol. C'est bien. C'est tant pis et tant mieux.

  • peut-être est-ce à cause de ma vue - myope, astigmate, j'en passe - que j'ai ce besoin toujours de regarder aussi de près de fort près si bien que les gardiens ou m'en empêchent ou se retiennent de lever les bras au ciel, de si près, rtrouver le passage du pinceau et regarder la profondeur, la richesse qu'une vision de loin certes n'altère pas mais moi je suis comme ça, la chantilly j'adore et il me faut toujours en rajouter, Chagall que j'ai véritablement découvert lors de sa dernière rétropestive et les dentelles à peine dessinées des étoffes, Georges de la Tour j'en passe et je crie, je pleure, je m'énerve quand maintenant, comme à Amsterdam, on protège les peintures de Van Gogh avec une plaque de verre, un ineptie, un contre-sens, une insulte oui comme le théâtre ou l'opéra à la télé, comme les posters qu'on vend à la sortie des expos et que cependant j'achète toujours, regarder de près et les pyramides que j'imaginais être quasi monobloc, regarder de près, respirer la main de l'homme: voilà.

  • @ Patrick : On se comprend bien. Et je partage ta curiosité, ton besoin de reconnaître la main... Les musées européens sont devenus, hélas, à l'instar des musées américains, prioritairement des lieux de conservation (bien sûr, ce sont des conservateurs qui y font la loi), plutôt que des lieux d'éducation, d'échange, de mise en valeur. Les tableaux derrière des plaques de verre, des sculptures dont on ne peut plus s'approcher. Je songe avec nostalgie à une visite, il y a peu d'années, où je pouvais moi aussi, comme les milliers de passants, me laisser tenter de passer le doigt sur la malléole du pied d'un notable égyptien en pierre dans le musée à Londres. Dans la cathédrale, tu ne « respires pas la main de l'homme » ? Moi je ne respire plus que ça. Et ce n'est pas moins émouvant, moins troublant, moins sérieux, moins mystérieux que lorsque j'y subodorais Dieu.

    Chagall, De la Tour, Van Gogh... C'est effrayant de penser qu'ils seront condamnés à nos musées imaginaires désormais. Que les enfants ne verront jamais leurs œuvres autrement que derrière des vitrines ou reproduites sur l'écran de leurs ordinateurs.

  • La main de l'homme, oui, je suis d'accord Marc. Et aussi celle des femmes qui pendant ce temps leur préparaient à manger. Leurs mains à eux, à elles, ensemble. Et en effet c'est émouvant, troublant, sérieux, et mystérieux, exactement comme vous le dites.

  • @ Sophie L.L : Et la main, l'esprit, le coeur de la femme aussi bien sûr. Vous les imaginez, les femmes, préparant à manger. Historiquement je pense bien que vous avez raison. Mais quel beau sujet d'étude ce serait que de reconstituer (de se faire une idée aussi exacte que possible) de la vie quotidienne des artisans, des compagnons, des familles tout autour, de ceux (et celles) qui érigèrent les cathédrales. Je suis prêt à parier que les femmes contribuèrent de façon importante à l'inscription de l'imaginaire dans la pierre. Déjà alors, autant que maintenant ?, avaient-elles pour tâche de discerner et de transmettre à leur entourage rapproché les mots, les images, le noms des êtres et des choses dans la hiérarchie des idéaux...

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