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Ettersberg (le mont, la forêt)

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Qu'y a-t-il dis-je irrité sans doute cassant. Le silence de la forêt vous étonne autant ?

Il tourne la tête vers les arbres alentour. Les autres aussi. Dressent l'oreille. Non ce n'est pas le silence. Il n'avaient rien remarqué, pas entendu le silence. C'est moi qui les épouvante, rien d'autre visiblement.

Jorge Semprun, L'écriture ou la vie.

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Un phare maintenant dans la forêt. Un phare ? Non. Un clocher. Un phare pour les oreilles. Je retrouve les phrases brèves de Monsieur Semprun ici, qui, lorsqu'il revient, croit entendre à nouveau les sifflets du camp.

Pour moi les cloches. Le silence. Le souvenir du regard d'un jeune homme qui a survécu et que l'on prend pour un fantôme. Le silence. L'oubli. L'horreur devenue une forêt paisible. Les oiseaux aussi sont revenus.

...

Mais le chagrin est préservé. Qui me semble un avantage (que les européens se sont donné sur nous, nord-américains). Car les vies, très nombreuses, qu'a coûté notre bref empire - de l'espoir et de l'avenir ?, ont été effacées des consciences et des mémoires.

Où pouvons-nous aller, où sont donc les pierres érigées vers lesquelles nous pouvons aujourd'hui nous tourner ? Sur ce continent, les ancêtres sont des cailloux sur les bords des chemins. Parfois je me penche, en saisis un dans mes mains. J'écoute. Je me souviens.

 

Commentaires

  • Je ne veux pas ici comparer les horreurs. Les camps sont mon histoire aussi. Mais je ne peux m'empêcher ici, en imaginant le jeune homme ahuri, maigre comme un fantôme qui a fait peur aux soldats, de voir d'autres fantômes aussi... D'hommes, de femmes, d'enfants morts pour lesquels nous n'avons jamais érigé de monuments.

    Au début du XVIe siècle, les Amériques étaient peuplées de plus de cent millions d'êtres humains. Un siècle plus tard, 90% de ces « sauvages » avaient été exterminés.

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