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El Sur

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À Fra(mboi)se(s)by,

Certains jours, plus certains jours, plus certains jours = un an. J'aime certains jours, pour la gentillesse et pour l'esprit. Pour l'esprit et pour la gentillesse. Pour l'esprit gentil. Bravo et merci.

...

Je voulais aussi attirer votre attention sur la photo. Car Frasby, à plus d'une reprise, a publié la photo de cette dame, vue de dos, habillée autrement, portant d'autres chaussures. Mais c'est bien la même. À Lyon, à Bogota. Une conteuse à l'affût. De quoi ? De l'esprit gentil. Car c'est une porte ouverte sur l'extraordinaire.

Il y a très longtemps, du temps où nous pouvions faire un vœu et que cela avait le pouvoir de changer quelque chose, vivait un roi dont les filles étaient toutes vraiment belles ; la plus jeune surtout, était si belle que le soleil lui-même était émerveillé lorsqu'il l'illuminait. Près du château de ce roi, il y avait une forêt, sombre et tranquille, et près d'un arbre millénaire dans cette forêt, il y avait une fontaine. Les jours de temps chaud, durant les heures de canicule, la jeune enfant se rendait près de la fontaine et s'amusait là. Pour passer le temps, elle prenait sa petite balle dorée la lançait en l'air et la rattrapait ; c'était son jeu préféré.

Un jour, alors qu'elle jouait, il arriva que la petite balle dorée lancée ne retomba pas dans sa main, passa tout droit, bondit et roula directement dans l'eau. La princesse la suivait des yeux, mais la balle disparut. Et la fontaine était si profonde, si profonde qu'on n'en voyait pas le fond. Elle se mit alors à pleurer. Et tandis qu'elle pleurait elle entendit une voix. Qui s'adressait à elle. " Qu'avez-vous princesse, dit la voix, vous pleurez si fort, vos pleurs sont si impressionnants, qu'une pierre même serait émue. " Elle regarda tout autour et ne vit que la tête énorme, hideuse, d'un crapeau, qui surnageait dans l'eau de la fontaine.

Les frères Grimm, Les contes de fées - Le premier conte, Le roi Crapeau

Vous vous souvenez de la suite n'est-ce pas ? Le crapeau va chercher la petite balle dorée après avoir obtenu la promesse que la princesse le ramènerait chez elle et qu'elle lui permettrait de vivre près d'elle, de boire dans son petit verre, de jouer avec ses jouets, de dormir près d'elle sur l'oreiller. La gros crapeau hideux rapporta donc la balle dorée du fond de l'eau. Et la princesse, joyeuse, la saisit. Puis s'en retourna au château en oubliant sa promesse et le crapeau...

Ce crapeau était musicien. Évidemment, après cette apparition, il devint nostalgique. Il le redevint. Se remit au bandonéon. Joua éperdument. Tira des larmes aux saules pleureurs (ce n'est pas un exploit j'en conviens) qui poussaient près de la fontaine, mais même aux ifs, aux quands et aux peut-êtres dont les bosquets ombrageaient les trilles et les champignons. Enfin vous voyez. Il jouait du bandonéon. Se souvenant de temps heureux. En attendant des temps heureux.

Tandis que la princesse allait ça et là dans le château jouant à la princesse qui ne connaît pas son destin... Ayant oublié, apparemment, celui qu'elle avait rencontré près de la fontaine.

Il arrive parfois, dans les contes, dans les histoires, dans les légendes, que les héros, les héroïnes, ouvrent la porte du fantastique et que l'extraordinaire fasse irruption dans leur vie mais qu'ils mettent du temps à s'en rendre compte. Alors ce qui se trouve là derrière est bien obligé d'attendre ou d'insister un peu.

Certains jours, vous l'avez compris, c'est le Roi Crapeau qui joue du bandonéon. Nous qui le visitons, sommes des princesses. Certain(e)s jouent même près de la fontaine avec leur balle, la laissent tomber dans l'eau. Fidèlement, à chaque fois, le Roi, l'esprit gentil, nous la rapporte en nous faisant promettre une chose qu'on oublie aussitôt.

Nous ne vivons plus dans le temps où les vœux ont le pouvoir de changer quelque chose ?

...

Alors Frasby ? Je m'en suis bien tiré avec l'esprit gentil ? Sûr que j'ai eu envie d'effacer et de trouver mieux. Mais bon. Comme c'est un anniversaire et que je m'étais mis à chanter, enthousiaste, avec bien d'autres...

Commentaires

  • Mais ça aussi c'est gentil !... Merci à vous ! choutante surprise...
    et puis j'adore vos parenthèses très braques, très belles... Mais un billet juste pour ça , 1 an d'un tout petit blog vous n'exagérez pas un peu, Marc ?
    (En même temps, je commemorerai que tous les 10 ans, point trop n'en faut)
    Esprit gentil, c'est très étrange... J'aurais jamais pensé à ça

    En même temps , on ne va pas faire des blogs de méchants et de méchantes...

    Merci encore... Bonne journée à vous (gentille nuit ?) Je sais toujours pas compter à l'envers...

  • Je reste bouche bée !
    Je vous jure, Marc. Bouche bée.
    Je suis émerveillée en fait par votre billet
    Quel billet !!! N'effacez rien surtout. Bien tiré avec l'esprit gentil ? mais c'est très au delà de tout. c'est même TROP beau !
    (je reviendrai, parce que là, j'en ai presque les larmes aux yeux, (c'est pas mon genre pourtant).
    Je suis tellement touchée et tout que je ne pourrai que bredouiller bêtement des choses en me prenant les pieds dans le... crapaud).

    Comment vous remercier Marc ???

  • "Pour la gentillesse et pour l'esprit. Pour l'esprit et pour la gentillesse. Pour l'esprit gentil. Bravo et merci."
    Oui, il s'en sort bien notre grand frère!!! Et le conte: or, fontaine, princesse, musicien, et même un trés joli " hideux gros crapeau " Il ne manque rien pour nous faire rëver et la morale en prime!!!
    Mais, au fait, pourquoi donc les vœux n'auraient-ils plus, ce temps-ci, le pouvoir de changer quelque chose ?
    ...

    Comment le remercier?: en commentant, en commentant Frasby!!! Et moi qui n'ai pas le temps ou qui manque d'inspiration!!! Je m'en veux, je m'en veux, je m'en veux, car il est tout de même génial cet homme! Il faut qu'on se le dise!

    @Marc: Merci Marc, pour tous tes billets!
    J'ai chanté "la tendresse" de Bourvil dans une maison de retraite, Jeudi dernier, a capella,
    Uhm! une vieille dame a pleuré! Les larmes sont quelquefois bienfaisantes ...

  • @ Lydie : Je pense qu'il n'est pas révolu le temps de faire des voeux. Merci pour ta gentillesse aussi. Et ton enthousiasme... « Grand frère. Génial. » C'est ce que ma soeur préférée pense de moi elle aussi... Une fois par année.

    Je te souhaite une excellente journée. Heureuse parmi les marmots.

  • @ Frasby : Je pense que j'aime vous faire plaisir. Vous recevez les dons, pas seulement celui-ci, les mains ouvertes. C'est un enseignement. Recevoir, être généreux, accepter les mains ouvertes. Et partager. Vive certains jours...

  • Je relis ce billet, c'est vraiment trop chouette, je viendrai rajouter des voeux intemporels, ici, sur cette page là, précisément le décalage sera volontaire et désiré. Vous donnez sans compter sans demander rien en échange c'est très rare, alors comment ne pas recevoir vos dons, ce n'est pas une qualité du tout, puisque vous inspirez cela et rendez cela naturel à autrui, j'aimerais savoir faire plaisir comme vous savez le faire, cette photo superbe que l'on trouvera fin 2010 si on remonte un peu tous vos voyages, cette photo avec ces gens qui saluent très chaleureusement entre eux un public invisible, et ce public hors champ que votre lecteur devinera receptif, même sans le voir, ce cadeau que le public reçoit, et bien cette photo où l'on voit même ce qu'on ne voit pas et tous ces êtres sur scène qui semblent individuels autant qu'ils forment ensemble un seul corps (un seul choeur, de mains et de bras qui s'effleurent) cette photo, disais je, pour moi serait comme une facette indispensable de cette mosaïque toute à vous; (c'est très très mal énoncé mais bon :)
    http://epistolaire.hautetfort.com/archive/2010/08/27/st-joseph-de-la-rive.html
    Avec mes voeux hors temps et par tous les temps...

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