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Les gazelles et la fourmi

On dit que le roi Salomon, un jour qu'il était fatigué de ses palais et de ses femmes, s'en fut méditer au désert. Or, comme il cheminait à longs pas dans le sable, au bout de sa sandale il vit une fourmi qui marchait, le front bas, têtue comme au labour, refusant l'abri des cailloux, la halte au frais des herbes rares. Salomon, la voyant si brave et obstinée, se pencha sur elle. Il lui dit :

- Petite bête, où vas-tu donc avec une hâte aussi droite ? Elle répondit :

- Grand roi, ne me retarde pas. Je cours où mon âme m'appelle, à la poursuite des gazelles.

Salomon haussa les sourcils.

- Amie, dit-il amusé, je connais ces sœurs du désert. Elles sont si vives, si légères qu'elles semblent jouer avec Dieu. En vérité, que sais-tu d'elles ? En as-tu déjà rencontré sur tes minuscules chemins ?

- Hélas non, répondit l'insecte, mais j'ai vu leurs ombres passer. Leur miraculeuse beauté m'a pris l'âme, le cœur, les sens. je ne peux plus vivre sans elles.

Le roi des rois s'agenouilla, la prit sur le bout de son doigt.

- Tu rêves, lui dit-il. Tu voudrais les rejoindre ? Elles franchissent d'un saut la dune que tu escalades en cent jours ! Qu'espères-tu ? À les poursuivre, tu dégringoleras bientôt dans une empreinte de leur course et le vent t'enfouira dedans. Abandonne tes illusions. Retourne auprès de tes pareilles que tu n'aurais pas dû quitter !

- Je sais que la raison t'inspire, ô roi des rois, dit la fourmi. Mon pas est court, ma vie n'est qu'un jour de la tienne, mon ciel n'est pas plus haut qu'un brin d'herbe naissant. Je ne suis rien, j'aspire à la grâce parfaite. J'avoue que c'est une folie, Mais qu'importe à mon cœur aimant ? Le désir me tient, il me pousse, il ne me laisse aucun repos. Je me soumets à ce qu'il veut, et la mort ne me sera rien si elle me prend sur mon chemin, à la poursuite des gazelles.

Henri Gougaud, Les gazelles et la fourmi, L'amour foudre, Seuil, 2003

Photo : Éverest au loin.

Commentaires

  • Un joli conte. Très joli avec une fourmi poursuivant les gazelles. Transposé dans le monde humain cela s'appellerait une idée fixe (voire une névrose obsessionnelle)
    ou quelque chose dans le genre facteur cheval ? ou Rockefeller ? Alain Bombard ? ou Bernard de palissy ?
    (Enfin, je tente de transposer , pas très facile et puis je ne voudrais pas briser le charme ;-)

  • @ Frasby : Je pensais à un exploit beaucoup plus courant, une obsession qui tient à notre condition. Celui de tâcher de devenir humain, celle de chercher du sens... Pas de quoi devenir riche ou populaire.

  • J'étais "en panne d'internet" ! Magnifique photo, et ce joli conte qui me trouble l'âme: serais-je une fourmi ? Oui, quelque part, assurément, mais aussi, toi et moi: cigales à nos
    heures:)

  • @ Lydie : N'est-ce pas que la photo et le conte... Je suis content que ton internet soit requinqué. Merci de ton passage. Comme tu verras, le voyage qui m'a mené loin et plus près (de moi, de quelques personnes aussi) se termine en S. à Septentrion. Si je n'ai pas de panne d'internet, je vais continuer à lire ici et là. Là surtout. Et puis je vais revenir à une adresse Épistolaire, raconter ce qu'une voix dans le chœur peut bien chanter. J'espère qu'on se retrouvera. Je suis sûr qu'on se retrouvera. À bientôt.

  • Cher Marc,
    J'imagine les framboises!... Là, Slurp!...
    Ici, j'achète de belles et bonnes gariguettes chaque mercredi et chaque samedi au marché, j'en profite pour musarder et bavarder avec les uns et aussi les autres:) Sur le chemin, mercredi un vieux jardinier, à qui je demandais du persil, m’a offert une rose!!! Combien les êtres humains peuvent être merveilleux Marc!...Pas de persil, mais du céleri, une feuille de chêne, du fenouil et puis, cette rose odorante! Il m'a expliqué que je pouvais la planter, couchée au trois quart dans la terre ( pas moi:) , la rose! ) et que j'aurai un rosier avec un peu de chance...
    La chance , je m'y connais! Alors je vais essayer et puis n'est-ce pas déjà une chance de faire la connaissance d'un tel homme! Je rencontre des gens d'une telle gentillesse en ce moment et juste où j'en ai tant besoin: Alléluia.
    Je t'accompagne en pensée dans la framboisière.
    J'ai été touchée par la lettre à Josse, c'est beau!
    Amitié et grand merci pour ce que tu es grand frère:)
    Au fait, je ne suis pas une fourmi, si ce n'est par la taille, vue du ciel , j'ai réfléchi:
    je suis Lydie, tout simplement, je suis ce que je suis, n'est- ce pas et puis Lydie signifie musique alors ça me convient, oh, que c'est prétentieux tout ça !
    La musique, les vibrations, l'énergie, notre Père qui est aux cieux... les cieux "au ras du sol" Où commence le ciel ? N'a t-on pas un ciel intérieur avec nos millions de molécules formées elles -mêmes d'atomes, formés eux-mêmes d'électrons qui tournent autour de leur noyau? Et l'énergie qui tient tout cela!... Pascal en avait le vertige, c'est pourtant merveilleux non? Je dirais même : " High Tech "
    L'amour tendresse, toujours, toujours me fait vivre et vibrer. Et si j'étais cette émouvante fourmi, l'amour serait ma gazelle et pas l'image d'un hypothétique Dieu barbu ou vénérable vieillard comme on Le représente souvent, mais oui, cet esprit du Père qui vit et qui vibre à l'intérieur et qui me connait si bien et qu'on a envie de transmettre comme un trésor qui grandit quand on le partage ...
    C'était une grande envie de parler avec toi Marc, Pardonne mes élucubrations!

  • @ Lydie : Pas de quoi ! Il n'existe pas le verbe élucubrer n'est-ce pas ? Merci en tout cas de le faire ici. C'est une belle page pour ça.

    Les framboises ? Oh non ! Pas déjà. Pas avant le 15 juillet. Nous avons un mois de retard sur vous. Il n'y a pas de printemps ici. Que l'hiver suivi d'une saison incertaine. Et puis boum, l'été. Ça commence maintenant. Mais les potagers donnent déjà c'est vrai. Des radis, des salades, des épinards, les petits oignons plantés l'automne dernier, les fines herbes. Mais les roses c'est pour plus tard, même qu'on n'a pas encore transplanté les plants de tomates, de poivrons... Ils s'impatientent dans la serre.

    Aujourd'hui il a plu toute la journée. Journée un peu maussade pour les humains. Mais si tu entendais les oiseaux ! De la musique ailée.

  • @ Marc: Ton écoute est généreuse et je trouve assez extraordinaire car si fidèle!
    Pas de printemps par chez toi! Ici, il semble s'éterniser et il est plein de tendresse: pas trop chaud (19 à l'ombre aujourd'hui) ni trop froid, quoique le matin est plutôt frais ( 14, 16 ).
    Beaucoup de gens toussent et les enfants à la crêche font varicelle et, ou gastro... Petits bobos... Gros câlins:-) je partage jusqu'aux bobos ( pas la varicelle, j'ai déja donné étant petite) mais comme j'ai de la chance ou bien "la peau dure" je T.R.A.C.E.(S) ma route allègrement et dans la joie hum, enfin, pas toujours, comme tout le monde...
    Au marché, nous aussi, on trouve radis, salades et délicieux petits oignons, certains sont violets et trés doux. Je me disais bien que c'était un peu tôt pour les framboises...
    j'ai assisté, Dimanche dernier à un concert d'un groupe de dix choristes: VOX AMABILIS,
    ( voix dignes d'être aimées !) avec deux violons, un alto et un violoncelle, entrée gratuite dans une église, c'était magnifique!... Ils avaient chanté la veille (samedi 9 juin) à St mère l'église! Il y a beaucoup de concerts au mois de Juin, alors je me régale!
    Et puis , par ici, nous avons aussi le chant des oiseaux et cet aprés-midi, ma grande petite fille ( 5 ans) s'est exclamée:" regarde, regarde, mamie, il y a un oiseau qui boit " les oiseaux nous font l'honneur de boire l'eau offerte!
    Travaille bien Marc et chante aussi " T.R.A.C.E.S "bien ta route , comme tu sais le faire et puis:" T'occupe pas du chapeau d' la gamine: laisse flotter les rubans " J'rigole, c'est papa qui disait cela, trés souvent :-)
    Amitiés, " que Dieu te garde "

  • @ Lydie : « ... laisse flotter les rubans. » C'est une bien belle image. Et c'est sage. Merci de TA fidélité. Ce n'est pas toujours facile, ni évident, ces relations épistolaires... Elles offrent assez souvent de bons moments, de belles journées de satisfaction ou d'attente. Mais elles s'enracinent rarement. Merci.

    Que tes voix soient aimables. Que tes enfants soient en santé. Que ta vie boive la joie offerte par les oiseaux. Amitié.

  • Juste quelques citations du poête: Khalil Gibran que j'admire beaucoup:

    "Tous peuvent entendre mais seuls les êtres sensibles comprennent"

    "En automne, je récoltai toutes mes peines et les enterrai dans mon jardin.
    Lorsque avril refleurit et que la terre et le printemps célébrèrent leurs noces, mon jardin fut jonché de fleurs splendides et exceptionnelles"
    - Je crois bien , Marc, que comme l'écrit le poête: j'ai récolté et enterré toutes mes peines dans mon jardin :-)

    "Vous ne donnez que peu lorsque vous donnez vos biens.
    C'est lorsque vous donnez de vous-mêmes que vous donnez réellement"
    - Merci, Marc pour tes dons!

    Il y a aussi cette citation , de je ne sais plus qui, peut-être de lui également:
    " Le travail est une preuve visible de l'amour " Je pense que c'est vrai...

    A plus, grand frère, ici ou là.
    Love from Lydie.

  • Je voulais répondre à ton commentaire avec quelques citations moi aussi. Alors je me suis tourné vers ma bibliothèque et j'ai pris le beau livre de la collection des prix Nobel de la littérature le lauréat 1913 Rabindranath Tagore - un compatriote qui fut sans doute une des grandes sources d'inspiration de Khalil Gibran. Je ne vais pas citer ici des extraits de À quatre voix. Un roman bref qui parle des illusions - la raison, la passion, qui se peuvent se rencontrer durant la quête spirituelle.

    Mais à terme, dans cette recherche à laquelle nous consacrons notre vie, ce que nous cherchons à obtenir, ce que nous cherchons à donner, c'est bien « une preuve visible de l'amour », n'est-ce pas ? Merci. À bientôt.

  • Oui, la raison et le coeur: tenir compte des deux et aller de l'avant.
    C'est le conseil de Denis dans la lecture de la bible: lire avec le coeur et avec la raison, prendre l'esprit et non la lettre, oui, sûrement!
    Que les paroles des psaumes sont douces à mon coeur!...
    Le soleil qui se lève chaque matin ( sur les bons comme sur les "méchants"): n'est-ce pas une preuve visible (de l'amour du Père)?

    «Je dormais et je rêvais que la vie n'était que joie. Je m'éveillais et je vis que la vie n'est que service. Je servis et je compris que le service est joie.»
    Rabindranath Tagore .
    Je ne connaissais pas ce sage! Tu m'apportes beaucoup, Merci Marc.

  • @ Lydie : «... le service est joie. » Que c'est vrai. Mais que c'est terriblement difficile ! Ce que je trouve le plus exigeant c'est de demeurer dans la joie justement. Car il m'arrive de servir en étant triste, alors je me sens servile. Mais si je sers en étant joyeux, alors je me sens utile, accompli et riche de ce qui, en moi, peut servir.

    Et je ne pense pas être exceptionnel là-dessus.

  • "Ta parole est juste camarade!" C'est encore une phrase de papa qu'il disait à la cantonade avec un sourire lorsqu'il pensait qu'une personne émettait une "vérité"...
    Je suis sur la même longueur d'ondes Marc... Mais aprés la tristesse, vient la joie, immanquablement, comme la mer: marée basse puis marée haute... Tout est cycle, dans la nature et donc nous ne pouvons échapper à l'irrémédiable ...Il me parait également que la sagesse serait de regarder sa propre tristesse passer comme l'eau d'un fleuve en sachant que forcément elle passe et que la grâce de la joie va suivre infailliblement: c'est "l'impermanence" Allelluia! ( encore faut-il y parvenir: il faut de l'entrainement )
    Ainsi va la vie avec ses joies et ses peines.
    Un bon remède contre la tristesse: chanter, n'est-ce pas?

    Psaume 13, 6
    "... Je chante à l'Eternel, car Il m'a fait du bien. "
    Bonne soirée Marc et paix et joie dans ton coeur généreux!

  • @ Lydie : « Alléluia » ! À ton avis, en français, alléluia ça peut signifier « merci, je consens » ?

    Suis d'accord, chanter est aussi mon remède à la tristesse. Plus je suis triste, plus la chanson est triste. Consentir à la tristesse me semble important. Alors je pourrai, sans retenue, consentir à la joie quand elle apparaîtra.

  • Pas facile Marc de traduire un tel mot, pour moi! Je ne me suis jamais posée la question!
    C'est comme le mot:" maman " qu'un petit enfant balbutie et qui veut dire tant de choses:
    "donne moi à boire"," je t'aime", "tu es douce", "tu sens bon", "je suis ton enfant" , aide moi à grandir" etc... etc...
    Alors , Allelluia! ça peut signifier:" tout va bien", " que vive la vie", "gloire au Père", "merci mon Dieu", "Réjouïssons nous", "soyons dans la joie" etc... etc...
    Mais "merci, je consens" , dans ce contexte, oui, c'est bon je pense, c'est doux, humble , confiant et: c'est beau. ( j'adore ton commentaire, une chanson triste, quand on est triste oui, ça marche trés bien,si on pleure, c'est encore mieux: le chagrin est lavé et on n'en parle plus! Il parait que c'est un remède homéopathique :))
    Pour exprimer la joie, la vraie joie, sans retenue , la formule manquerait quelque peu d'enthousiasme: il suffirait peut-être alors de chanter " L'allelluia du Messie " de Haendel et on a plus besoin de traduire, juste de chanter:-) Je l'ai chanté en chorale il y a bien longtemps: j'aime, j'aime j'aime, surtout dans une belle église ou dans une pièce vide ça donne un merveilleux son, je trouve!

  • @ Lydie : L'alléluia du Messie. C'est le projet pour le 20e anniversaire (l'an prochain) de la chorale que je dirige, ici, dans mon patelin. C'est sûr que tes interprétations sont justes : j'aime particulièrement ton « tout va bien ! » Et dans cette œuvre-là « alléluia » est particulièrement exubérant. Au fond, tu viens de me faire progresser, car j'aimerais que les choristes puissent faire alterner les nombreux sens des dizaines d'alléluias de l'extrait du Messie. Ici très enthousiaste, là très intérieur.

    Et tout ce qui se trouve entre le « merci, je consens » et le « Gloire éternellement ! »

    « Allez Lydie ! » (À chanter sur les mêmes notes).

  • 20 ans: quelle fidélité!
    Bonne idée, l'Alléluia!
    Alors: " Allez vas- y " ( A chanter sur les mêmes notes).
    Quelle tendresse dans tes réponses!
    Excuse les 4 ailes dans mes "Allelluia": c'était pour qu'ils s'envolent mieux vers toi, mais trois suffisent, une pour le Père, une pour le Fils et une pour le Saint Esprit ;)

  • @ Lydie : Quatre ailes !

    Je ne dirige pas cette chorale depuis 20 ans. Je suis un homme de la ville (où j'étais choriste) qui vit à la campagne depuis sept ans maintenant. Un changement de cap. Un long désir qui s'est enfin réalisé. Et puis voilà. Un an après mon arrivée ici, le directeur-fondateur de la chorale a quitté. Maladie-retraite. On m'a demandé de prendre la relève. C'est une chorale d'amateurs. Des talents musicaux très inégaux. Nos réalisations sont assez ordinaires. Parfois, va savoir pourquoi, la musique est là. Ça me surprend souvent car il ne s'agit pas toujours des pièces les plus géniales... Cette année, nous avons réussi le Tourdion de façon assez spectaculaire. Nous l'avons même chanté en spectacle avec La Bande Magnétik. Il y a aussi l'arrangement maison de Tomorrow du film Annie qui m'a touché en répétition.

    bandemagnetik.com

    ou sur youtube.com ou myspace.co, si tu cherches, tu vas trouver.

  • http://www.youtube.com/watch?v=KAcoVExQdaU&feature=PlayList&p=4A1316A7EB0D2C44&playnext=1&playnext_from=PL&index=105
    J'ai trouvé, Merci!
    Notre chorale va reprendre, en Septembre!On va se "débrouiller" entre nous! (sans chef de choeur!) En attendant mieux... Il y a beaucoup d'amitié dans notre petit groupe et nous sommes décidés à chanter ensemble vaille que vaille!!!

    Un changement de cap: c'est courageux! J'admire! Je crois que j'aurais eu du mal à vivre dans une grande ville, à moins d'y être habituée toute petite, peut-être?

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