11.10.2011

Anticosti

a,nobel 2011,tranströmer

 

Je suis las de tous ceux qui viennent avec des mots, des mots mais pas de langage

 

Je partis pour l'île recouverte de neige.

 

L'indomptable n'a pas de mots.

Ses pages blanches s'étalent dans tous les sens !

Je tombe sur les traces des pattes d'un cerf dans la neige.

Pas de mots, mais un langage.

 

 

Tomas Tranströmer, mars 1979

 

photo : Robert Deschênes

Commentaires

Opopopop hop ! Frasby : Je subodore dans votre commentaire une pointe d'ironie (disons). J'aime bien votre réaction quand même. Je ne pense pas qu'il soit question d'une trace de ce genre n'est-ce pas ? Je veux vous revenir là-dessus. Le plus vite possible. Pour le moment, je ne peux pas. Loin de la maison je fais le - trop - plein de spectacles et de concerts dans le contexte de rencontres - vitrines ; c'est en rapport avec mon emploi du temps, certains jours. À bientôt. Je réfléchis ou bien je rêve et, à défaut d'un langage, je vous reviendrai avec des mots.

Écrit par : Marc | 13.10.2011

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Ah non non non ! pardon, Marc, si vous me l'accordez, "ironie" est un terme qui ne convient pas il est beaucoup trop fort, même inapproprié, disons à la place d'ironie qu'il y aurait un sourire sans aucune pointe de moquerie, un sourire comme un signe d'assentiment (vous n'êtes pas obligé de me croire) mais je pourrais sans problème, vous le jurer... (C'est vrai que j'ai le don de ne pas me faire comprendre, du moins virtuellement, (de pire en pire) il me semble que dans la vie réelle c'est différent, disons plus facile, pour dire que cela ne vient pas votre perception. Peut être que le virtuel ce n'est plus un endroit (certains jours ;-) je cherche, je réfléchis... (Je rêve aussi:)... Quoique vous subodoriez, je vous remercie de ne pas le prendre (trop ?) mal, il n'y aurait d'ailleurs aucune raison, (j'insiste :) mais je vous dois une explication : au début, j'avais commenté, puis j'ai relu votre billet, regardé cette image fascinante, et je me suis dis que non, il fallait laisser cette part de mystère sans papotage autour, (ni en dessous) le commentaire que j'avais déposé était sans intérêt alors je l'ai effacé, à la place, j'ai déposé une trace légère (ce n'est pas vraiment la mienne, mais ça reste une façon de dire que j'étais passée par là, j'aurais pu faire de la buée sur votre écran mais euh.. un peu compliqué à réaliser, encore + difficile à communiquer ;-), j'avais juste envie que cela soit une présence avec signe "léger" (une empreinte pour approbation) et le "chuuut" je me l'adressais à moi même, parce que l'ensemble du billet est très fort, une autre façon de dire qu'il imposait le silence et qu'on pouvait traverser aussi un lieu (le votre, ici) et y être présent sans y glisser un mot. Evidemment, vous n'aviez pas le décodeur et je ne pense pas, moi non plus, qu'il soit question d'une trace de ce genre, mais (est ce que je suis à côté? )= si je vous dis qu'il y a des grilles de lectures dans cet ensemble texte-image qui ne se laissent pas aisément apprivoiser (ou commenter, si vous préférez). Je suis sincérement désolée...
Je reviendrais lire vos mots, à votre rythme. Bons concerts, Marc.

Écrit par : frasby | 14.10.2011

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J'expédie vite, vite, pour ce qui est des grilles de lecture. C'est une photo d'une chute de rivière sur l'île d'Anticosti. Sans aucun lien avec l'hiver ; je ne sais trop pourquoi, j'y voyais comme le sabot fendu d'un cerf. Pas évident en effet.

Mais votre commentaire m'a fait réfléchir sur le fait qu'il est extrêmement difficile de se faire comprendre (du premier coup). Je ne sais pas si vous les utilisez, mais les « plates formes » Twitter et Facebook qui imposent présentement la contrainte du très bref, obligent les utilisateurs à se servir d'un jargon neutre et efficace. Les seuls jugements permis sont les les critiques (convenues) de la classe politique, du capitalisme (et encore !), de la température. Des lieux communs.

Jamais d'espace pour dire : « excusez-moi je crois que je vous ai mal compris ». Ou encore : « en réalité, ce que j'essaie de dire c'est... ». Non.

Perdrons-nous donc notre capacité d'avancer à tâtons dans le discours, dans la conversation, dans la communication ? Votre (et un tout petit peu nôtre) certains jours sera-t-il le dernier rempart et un exemple subversif de la démarche créatrice, de l'exploration ?

Ça c'est un langage. Merci Frasby de laisser des traces là-bas. Et ici.

Écrit par : Marc | 16.10.2011

Marc, bonjour. J'adore vous entendre dire (et je vais regarder là-haut pour recopier exactement) : Opopopop hop ! Je n'imaginais pas que vous puissiez dire Opopopophop...
Je suis bien contente que Frasby vous ait poussé à cette exclamation, dont j'étais sûre qu'elle ne pouvait franchir les Grands Lacs :)
Je vous embrasse, Marc. Peut-être un jour nous assiérons-nous tous sur ce banc, là, à notre droite "Où est Frasby ?". Elle sera là avec nous, nous serons là avec elle...

Écrit par : Michèle | 25.10.2011

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Merci Michèle. Chez moi, une expression qui ne franchirait pas les Grands Lacs se retrouverait échouée, abandonnée à Wawa. Petite ville au nord du Lac Supérieur, toute seule, à quatre cents kilomètres de ses voisines. Opopopop Hop hop hop ! C'est venu comme ça. Où l'avais-je entendu ? C'était pour me lever de bon matin. Et tenter de me rendre le premier... Mais me retrouver le vingt-quatrième. Je crois qu'on y allait tous par principe. En attendant de partir, il fallait s'incruster sur l'accotement de la Transcanadienne à attendre qu'une automobile s'arrête. Nous étions assis sur nos sacs à dos à rouler des cigarettes, à fumer longuement. Le bras droit perpendiculairement tendu, au fil des heures, de plus en plus oblique. Longues journées de patience. J'avais l'impression de pêcher. À quatorze heures quand nos gourdes étaient vides, nous remontions vers la ville résignés et heureux; regroupés et bavards nous inventions nos familles et notre bref passé sur la côte jusqu'à l'auberge de jeunesse où nous étions cinquante tous les jours pour les vingt lits disponibles. Dix jours. Vingt jours. Trente-trois jours. La soupe était bonne et généreuse pour tous. Le tabac et le papier suffisants pour tenir un siège bien d'autres saisons encore. L'affection chiche. Pourquoi ? Coincés comme des exclamations qui n'auraient plus envie de voyager, chacun craignait le bof déterminant qui l'eut empêché d'aller plus loin. Que cet Opopop hop, formule magique, nous conduise donc jusqu'au banc, ici à droite, c'est ce que je demanderai au génie de la Transcanadienne, la prochaine fois qu'il apparaîtra. Ou quand ça sera enfin mon tour...

Écrit par : Marc | 27.10.2011

@ Marc @ Michèle : longue réponse mais deux en une (peut être en deux). Oublions les grilles de lecture. Opopop hop ! (j'ai mis un temps à le recopier, étonnant! (ensuite vint l'étonnement des voix) et, si je vous ai inspiré, à dire "opoppop" alors je n'aurai pas vécu en vain (j'exagère bien sûr, mais je suis contente :) en fait, j'adore ces joyeuses dérives de conversation, cette liberté chez vous, surtout quand y'a Michèle qui débarque (peut débarquer à toute heure) par le premier transpambrunien et ne l'écrit pas du tout (le opopopop) comme vous, ni comme moi, créant d'un coup un grande vague qu'on ne connaît pas encore mais qui soufflera sur les voiles (je le sens, je l'espère) : l'opopopopophonie (hopie ?, Phopie ? Mais certes pas phobie ni furie) c'est comme la ratatouille (pensée de la cuisine :) avec la même recette et les mêmes ingrédients= si toutefois les lettres de l'alphabet étaient légumes ou épices, avec des si... (Déduction implacable, on reste sur la terre)= aucun opopopop n'aurait le même goût ni ne se mangerait pareil et c'est une des belles choses irréprochables en ce vaste monde, ou microphilosopopopophie (phonie- hopie) à mon zinc matinal, (qui est en bois), et n'est pas aussi puissant (symboliquement) qu'une bouteille à la mer, la mesure y serait comme un petit clanfo, en calligramme, à la recherche du lac de Wawa (?) où l'on verrait flotter le transpambrunien (et son hydromodeur aérien, sous-marin) entre les nuages et les palmes des poissons d'argent qui nagent heureux. Nous voici à arrivés aux alentours de... Wawa ! (j'y entends, aussi, l'onomatopée de mon animal préféré, qui ne pourrait remplacer mon "Lutin" lisez cela sans aucune ironie, c'est au contraire assez affectueux :) les chiens immortels et antiques étaient plus libres que bien des humains... Ci joint deux, trois polaroïds. (Il est 7H29 ici, je poste à 10) , le jour se lève d'un beau gris perle ; le café est devenu si cher en France, qu'on ne peut plus en acheter à prix aussi "abordable" que les transports extraordinaires de la transcanadienne, les arômes de moka jadis extraordinaires de la Navona étant plus couteux que les livres, qu'on ne peut lire, à l'aube, sans un bon café, vous me suivez ?:) (on est d'accord ?), le cercle des aubades est donc voué à restreindre ses ambitions (enfin moi, je choisis le bon café sans ambition, sans lequel je serai épongée, incapable de passer de la mare sans son marc (de café ? oulala, c'est fin !:) au lac supérieur (de Wawa ?) pour rejoindre la gare de St Pambrun (échappant à la gougleuse map) - pour chanter aux copains les merveilleux décalages saisonniers des nouveaux mondes (les votres, ceux de Michèle § autres rares pérégrins) - pardon pour les digressions- : plage musicale (ceci n'est pas un Dvorak), mais nous n'en sommes pas malheureux, bien au contraire :
http://www.youtube.com/watch?v=OHZGWAnzgOk

Je reviendrai peut être vous poster la suite à l'heure du goûter... (Sans vouloir jouer les squatters) en attendant, immense merci à tous les deux.

Écrit par : frasby | 31.10.2011

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J'aime bien, parfois, quand la conversation ne contient plus qu'elle-même... Et que nous parlons de... en parlant à... Avec affection.

Écrit par : Marc | 01.11.2011

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