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  • Siboney

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    siboney,

    Nous ne voulons pas être tristes

    C'est trop facile

    C'est trop bête

    C'est trop commode

    On en a souvent l'occasion

    C'est pas malin

    Tout le monde est triste

    Nous ne voulons plus être tristes.

     

    Blaise Cendrars

  • Turin

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    Turin en fleurs.jpg

    Mot qui ne vient pas, qui s'enfarge en passant du réel à la conscience. Je cherche à dire le mot contravention en italien. Je la tiens pourtant dans ma main. Je la montre à la dame. Je n'entends rien à ce qu'elle me réplique. Contravention. Stationnement trop longtemps. "contravvenzione" Voiture qui a passé la nuit près du trottoir, plaquée dans un autre pays. Regard ironique de la préposée aux irritations. Détachement soudain. Joie. Joie. Devant l'édifice, de l'autre côté de la rue, il y a à l'étage un petit balcon fleuri.

  • Gladstonbury

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    Glastonbury-2011-Book-002.jpg

    Impulsivement, dans un mouvement où elle ne pensait plus du tout à elle, elle bondit à son tour et courut à lui ; et lui, justement parce qu'il avait donné à son corps des ordres inflexibles, et parce que ce moment ne se reproduirait peut-être jamais, la serra sur son cœur si fort qu'elle pouvait à peine repirer. Elle avait eu juste le temps de penser, C'est ainsi que je voudrais mourir, écrasée par Sam, que la porte s'ouvrait et entra Mat Decker. Ils étaient enlacés si étroitement qu'on pensait à deux arbres qui ont poussé ensemble, chacun d'eux avec son écorce érodée au contact de l'autre, chacun d'eux ses membres emprisonnés par le même lierre et les mêmes sarments, et quand ils se dégagèrent l'un de l'autre et se tournèrent vers le nouvel arrivant, ce fut comme si chacun d'eux, en retrouvant sa vie indépendante, avait arraché à l'autre quelque chose de sa texture vivante !

    John Cowper Powis, Les enchantements de Gladstonbury.

  • Ragueneau

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    ragueneau

    C'est un jour, celui-ci / Il faudrait pour chacun de nous

    Qui ne contient rien d'autre / Quelqu'un qui sache d'un seul regard

    Que les cent-quatre-vingt milles jours / Reconnaître l'humeur

    Qui l'ont précédé dans ma vie. / Le chaos ou le gouffre

    Qui contiennent tout. / Sache nous prendre

    Étrangement domine / Nous prendre

    La difficulté de vivre. / Dans ses bras.

    Non pas que ne s'y trouvent pas, entre les soupirs / Étreinte dans laquelle

    Quelques respirations profondes et bienfaisantes. / Nous pourrions

    Je ne peux pas ne pas vous dire / Fermer les yeux confiants

    Que ce jour-ci contient aussi ce qui n'est pas ma vie. / Dormir quelques heures.

    Mais qui pourtant fut le décor de ma vie, le chemin, la maison, l'absence, la solitude, l'inquiétude, le sentiment de l'échec, la solitude gaspillée. Le chaos qui donne naissance à une étoile. Les premiers pas, les mythes construits avec la voix d'outre-tombe de mes grands-mères, les amours impossibles, la vie à côté de ma vie qui aurait tout aussi bien pu être la mienne. La vie juste à côté. Ou une vie au loin. À Dacca dans l'immeuble effondré la semaine dernière, à Damas, à Alep, à Dresde sous les bombes, à Jérusalem sous Ponce Pilate, à Woonded Knee.

     

    ...

     

    Il n'y a qu'une seule petite église blanche à Ragueneau. Mille habitants par temps chaud. Les trottoirs de bois ont disparu. Les hivers sont encore longs cependant. Il y a la musique qui voyage jusqu'ici. À peu près n'importe quand.