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Charlotte - 22

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Je ne suis pas une scientifique. J'explore le voisinage. Un enfant qui vient d'apprendre à se tenir la tête droite regarde ce qui l'entoure avec une curiosité franche et un étonnement bien évidents. Il n'a aucune idée où il se trouve et son objectif est de l'apprendre. Dans quelques années lorsqu'il croira l'avoir appris, sa façon de faire semblant sera de se donner l'air arrogant du squatteur qui a le sentiment qu'il est le propriétaire de l'endroit. Quelque chose d'inexplicable, d'inhabituel, de l'orgueil enfoui nous éloigne de notre intention originale, qui était celle d'explorer le voisinage, de visiter le paysage, de découvrir au moins  nous avons été déposé de façon si saisissante ; incapables que nous sommes d'apprendre pourquoi... » Annie Dillard, Pilgrim at Tinker Creek(La traduction est de moi).

Rolande

C'est le prénom de ma mère. Ton arrière grand-mère. Née en 1926 à Trois-Rivières. Donc pas tout à fait mais presque un siècle avant toi. Heureusement que je suis là pour faire le pont ! Rolande... Pinard. Dans ce temps-là on donnait à tous les enfants de la famille le patronyme du géniteur. Seulement celui-là. Son père se prénomait Rémi et il fut l'un des derniers enfants d'une longue lignée (17e de 24 enfants selon la légende) d'une famille d'agriculteurs de la rive-sud du St-Laurent dans le centre du Québec (Famille Pinard de Ste-Marguerite, près de Nicolet, je te parlerai de Rémi plus tard).

rémi,rolande,liz

Ceci est une photo de Liz Taylor évidemment. Je n'ai pas de photo de ma mère. Mais dans mon souvenir c'est ce que j'ai pu trouver qui se rapproche le plus de Rolande. Quelques petits ajustements, moins de nez, plus de pommettes saillantes, plus de fatigue sous les yeux, peut-être même une petite ride de souci au front. 

...

C'est vrai que je ne l'ai pas vue vieillir. Elle est morte assez jeune, en 1975. Le cancer avait creusé en elle pendant quatre ans des vallées de détresse qu'il était impossible pour quiconque d'explorer vraiment. On s'en approchait. On regardait de loin. On disait « c'est incroyable » ou « c'est irresponsable, de la part de Dieu ».  

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