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  • Charlotte - 57

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    Orage (2)

    Je venais de terminer la lecture d'un roman de Jean Giono, Le grand troupeau.

    Avant-hier, l'État Islamique a revendiqué le meurtre à Suruç en Turquie (un attentat-suicide) de 31 jeunes turcs et kurdes qui allaient participer à la reconstruction d'une ville syrienne (Kobané près de la frontière turque) où 124 civils avaient été tués par l'EI il y a moins d'un mois.

    Il y a la guerre.

    ...

    Charlie, Marilou et Félix, trois enfants-voisins sont venus hier façonner de la glaise avec Josse sur la table sous le préau (et manger quelques framboises). 

    Babil plus ou moins codé des enfants à Julie et Yannick. Il y a à chaque instant une musique possible.

    Il y a la vie.

    ...

    (Conversation de tricoteuses sur le petit balcon du Foyer des Aînées de Boiscastel).

    Andrée : Oh, Jeanne ma chère amie, merci d'être venue me voir.

    Jeanne : Andrée, tous les jours je pense à toi. Même au loin. Même quand je suis loin.

    Andrée : Te souviens-tu de notre premier concert ?

    Jeanne : Bien sûr que oui, c'est celui qui a orienté tous mes choix de vie ensuite.

    Andrée : Pour moi aussi il a été capital. Mais pas de la même façon.

    Jeanne : En effet. Toi tu es restée discrète. Tu as refusé la carrière.

    Andrée : Toi, tu as eu une vie si brillante.

    Jeanne : Et toi, presque recluse sur ton petit coin de terre...

    Andrée : Au concert tu portais une robe que ton papa t'avait rapporté de voyage.

    Jeanne : Je l'ai gardée. Mon père que je ne voyais presque jamais.

    Andrée : Elle était magnifique.

    Jeanne : J'espérais qu'elle me porte chance. Mais c'est le fait d'être enfin vue qui a été déterminant.

    Andrée : J'avais compris cela. Moi, je portais une robe que maman m'avait fabriquée.

    Jeanne : Et tu avais été géniale au concert !

    Andrée : J'ai eu peur de perdre, sous les applaudissements, l'amour qui m'avait porté jusque-là.

    Jeanne : Il y avait enfin une place pour moi dans le monde, au chaud, sous les projecteurs.

    Andrée : J'ai toujours été fière de toi.

    Jeanne : Tu m'as toujours émerveillée. Ton amour taillé sur mesure pour chacun.

    Andrée : Je t'aime Jeanne. Ma belle amie. Ma très chère.

    Jeanne : Je t'aime aussi Andrée. Ma tendre amie. Mon étoile.

    ...

    Charlotte, en plein jour, ça prend au moins deux bonnes heures de beau temps pour faire sécher la pluie après un orage.

     

  • Charlotte - 56

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    Orages

    Les Appalaches. Entre la rivière St-François et la Richelieu, du Lac St-Pierre (fleuve St-Laurent) jusqu'à la côte du Maine sur l'Atlantique : le pays des Abénakis.

    De façon générale, la Terre tout entière. Mais plus particulièrement les contrées que nous avons choisi d'habiter. Notre géographie nous enseigne toujours quelque chose sur nous-mêmes. 

    En été, les colères impressionnantes du ciel des Appalaches surgissent après les silences de velours sur les champs et les forêts. 

    ...

    Charlotte, ne laisse pas le bruit de ceux qui en font soudainement autour de toi te dérouter, ou te faire perdre la direction que tu avais choisie. Mets-toi à l'abri si tu juges qu'il le faut. Affronte la menace. Ou va ton chemin. Leur colère est une folie passagère (ira furor brevis).

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  • Charlotte - 55

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    Nouer - dénouer

    Une enfant du 21e. Née peu après les années 10, disons. Porte en elle, dans ce qu'elle prend pour du silence, la trace de milliers de générations d'ancêtres humains.

    Ignore-les, lui dit-on. N'écoute pas leurs mumures ineptes. Tu es la première. La seule. Le soleil tourne autour de toi.

    Il n'y a pas de passé.

    ...

    À peine du présent.

    Tu es la seule, comme chacune des (8 ou 9 ou 10 milliards de) personnes vivantes qui pensent la même chose présentement sur la planète. noeuds,mémoire

    Nous sommes les parlêtres de cette merveilleuse Terre. Drôles de créatures. Mais nous habitons ici, un moment, au même titre que les arbres, les fleuves, les mers, les cailloux, les montagnes, les abeilles, les petits coléoptères, les papillons, les orioles, les chutes et les cascades, la boue, le vent, le pétrole brut, les algues, la pluie. Nous sommes à notre place ici.

    ...

    Nous l'étions. 

    Et certains ont rêvé de se faire une place ailleurs. Sur d'autres planètes. Vont-ils conquérir ces mondes comme les Européens l'ont fait en Amérique ? Je le redoute. 

    Pas d'avenir.

    Charlotte, on a toujours eu tort de prédire la fin, la catastrophe, l'extinction de l'espèce, d'une race, d'une famille, d'un être. Bien sûr que nous allons tous participer à la transformation en étant nous-mêmes transformés. Je souhaite que ton voyage ici soit long et qu'il te fasse découvrir l'amitié du vivant qui séjourne dans un temps si long et si vaste qu'il est inutile de tenter de le saisir.

  • Charlotte - 54

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    Simple fouet

    Charlotte, si tu gardes en toi un espace pour accueillir la joie, même ceux qui ne te comprennent pas, même ceux qui, momentanément te veulent du mal, voudront se percher sur ta main calme. 

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  • Charlotte - 53

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    Mouvement perpétuel 

    Ummmp ! Oups ?! Ahhh... Ummmp ! Oups ?! Ahhh... Ummmp ! Oups ?! Ahhhh...  

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