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  • Charlotte - 58

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    Suppel

    Ton papa n'était pas encore au monde. Quand ton oncle était petit il avait un ami imaginaire qui s'appelait Suppel. Nous lui faisions une place à table. Les choses étaient simples. Dans la cours de la vieille maison de l'avenue Royale à Beauport poussaient les hémérocalles, les rosiers et même des bambous qui étiraient leurs tiges si haut qu'un enfant de quatre ans pouvaient se perdre sans s'éloigner de la porte de sa maison.

    Un doux souvenir que je garde de ton papa est l'extraordinaire changement qui s'est opéré en lui lorsque sa mère lui a enfin manifesté qu'elle l'aimait. Il avait mis trois ans à l'attendre. C'était aussi simple.

    Charlotte, je te berce en ce moment sans avoir jamais pu te tenir dans mes bras. Voici ce que je te chante. Que cette chanson, au-delà de ce qui nous sépare, le temps, l'espace, l'indéracinable petitesse qui a fait sa demeure dans nos esprits, te rejoigne et t'enveloppe. Que ces instants, transportés par les nuages, fassent en sorte que tu accueilles l'amour vrai qui t'entoure. Que ta deuxième année sur la terre soit tout simplement une bénédiction.

    Viens que j'te violoncelle