03.07.2008

Les vacances de Théo

Il est fort Théo. Mais quand même... Arrivé à Bogota avec Maria et les trois enfants avant-hier seulement ; voyez ce qui se passe. S'il y fut pour quelque chose, je vais lui demander à son retour pourquoi pas avant...

image.jpeg

19.05.2008

Poète-guerrier

372245995.gif

Psaumes, chapitre 104

Ps 104:1- Bénis Yahvé, mon âme. Yahvé, mon Dieu, tu es si grand! Vêtu de faste et d'éclat,
Ps 104:2- drapé de lumière comme d'un manteau, tu déploies les cieux comme une tente,
Ps 104:3- tu bâtis sur les eaux tes chambres hautes; faisant des nuées ton char, tu t'avances sur les ailes du vent;
Ps 104:4- tu prends les vents pour messagers, pour serviteurs un feu de flammes.
Ps 104:5- Tu poses la terre sur ses bases, inébranlable pour les siècles des siècles.
Ps 104:6- De l'abîme tu la couvres comme d'un vêtement, sur les montagnes se tenaient les eaux.
Ps 104:7- A ta menace, elles prennent la fuite, à la voix de ton tonnerre, elles s'échappent;
Ps 104:8- elles sautent les montagnes, elles descendent les vallées vers le lieu que tu leur as assigné;
Ps 104:9- tu mets une limite à ne pas franchir, qu'elles ne reviennent couvrir la terre.
Ps 104:10- Dans les ravins tu fais jaillir les sources, elles cheminent au milieu des montagnes;
Ps 104:11- elles abreuvent toutes les bêtes des champs, les onagres y calment leur soif;
Ps 104:12- l'oiseau des cieux séjourne près d'elles, sous la feuillée il élève la voix.
Ps 104:13- De tes chambres hautes, tu abreuves les montagnes; la terre se rassasie du fruit de tes œuvres;
Ps 104:14- tu fais croître l'herbe pour le bétail et les plantes à l'usage des humains, pour qu'ils tirent le pain de la terre
Ps 104:15- et le vin qui réjouit le cœur de l'homme, pour que l'huile fasse luire les visages et que le pain fortifie le cœur de l'homme.
Ps 104:16- Les arbres de Yahvé se rassasient, les cèdres du Liban qu'il a plantés;
Ps 104:17- c'est là que nichent les passereaux, sur leur cime la cigogne a son gîte;
Ps 104:18- aux chamois, les hautes montagnes, aux damans, l'abri des rochers.
Ps 104:19- Il fit la lune pour marquer les temps, le soleil connaît son coucher.
Ps 104:20- Tu poses la ténèbre, c'est la nuit, toutes les bêtes des forêts s'y remuent.
Ps 104:21- Les lionceaux rugissent après la proie et réclament à Dieu leur manger.
Ps 104:22- Quand se lève le soleil, ils se retirent et vont à leurs repaires se coucher;
Ps 104:23- l'homme sort pour son ouvrage, faire son travail jusqu'au soir.
Ps 104:24- Que tes œuvres sont nombreuses, Yahvé! toutes avec sagesse tu les fis, la terre est remplie de ta richesse.
Ps 104:25- Voici la grande mer aux vastes bras, et là le remuement sans nombre des animaux petits et grands,
Ps 104:26- là des navires se promènent et Léviathan que tu formas pour t'en rire.
Ps 104:27- Tous ils espèrent de toi que tu donnes en son temps leur manger;
Ps 104:28- tu leur donnes, eux, ils ramassent, tu ouvres la main, ils se rassasient.
Ps 104:29- Tu caches ta face, ils s'épouvantent, tu retires leur souffle, ils expirent, à leur poussière ils retournent.
Ps 104:30- Tu envoies ton souffle, ils sont créés, tu renouvelles la face de la terre.
Ps 104:31- A jamais soit la gloire de Yahvé, que Yahvé se réjouisse en ses œuvres!
Ps 104:32- Il regarde la terre, elle tremble, il touche les montagnes, elles fument!
Ps 104:33- Je veux chanter à Yahvé tant que je vis, je veux jouer pour mon Dieu tant que je dure.
Ps 104:34- Puisse mon langage lui plaire, moi, j'ai ma joie en Yahvé!
Ps 104:35- Que les pécheurs disparaissent de la terre, les impies, qu'il n'en soit jamais plus! Bénis Yahvé, mon âme.

14.05.2008

« Victor Hugo, hélas ! »*

528002060.jpg« Depuis six mille ans la guerre

Plaît aux peuples querelleurs

Et Dieu perd son temps à faire

Les étoiles et les fleurs. »

[...]

Victor Hugo, Les chansons des rues et des bois. 

 

...

* De André Gide à qui on demandait quel était LE poète français.

C'est vrai qu'il n'y a pas grand chose qu'il n'ait pas dit Hugo. Hélas... Mais le printemps, la nuit, le jour, est si beau ici, aujourd'hui. Devinez qui perd son temps ?

10.05.2008

L'emploi du temps

783825122.jpg«... Que vais-je donc faire ce matin ? Nous vivons notre vie, bien sûr, comme nous passons nos journées. Ce que nous faisons de cette heure, et de cette autre, est ce que nous faisons tout court. Un emploi du temps protège du chaos et du caprice. C'est un filet pour attraper les jours. C'est un échafaudage sur lequel l'ouvrier peut se camper et travailler à deux mains sur des pans temporels. Un emploi du temps est un simulacre d'ordre et de raison - une imposture réfléchie puis concrétisée ; c'est un hâvre de paix dans le naufrage du temps ; c'est un canot de sauvetage à bord duquel tu te retrouves, des dizaines d'années plus tard, toujours en vie. »

Annie Dillard, En vivant en écrivant.

Oui d'accord. Mais j'ai souvent besoin d'interrompre la régularité de mon emploi du temps. Pour me rappeler que vivre ce n'est pas que ce parcours que j'ai décidé d'emprunter. Pour faire de la place aux imprévus. Je veux dire que j'ai beau avoir un emploi du temps ; c'est moi en somme, qui suis à l'emploi du temps.

 

 *Jordi Bonet, L'homme, sculpture aluminium, 1963. 

25.04.2008

Soleils

« NOMBRES. Il y a dix ans, j'ai lu qu'il y avait deux galaxies par être humain en vie. Depuis le lancement du télescope Hubble, nous avons révisé ces chiffres. Il y aurait environ neuf galaxies pour chacun d'entre nous - soit quatre-vingt milliards de galaxies. Chaque galaxie abrite au moins cent milliards de soleils. Dans notre galaxie, la Voie Lactée, il y a quatre cents milliards de soleils - à cinquante pourcent près - soit soixante-neuf soleils par être humain en vie. Selon un des premiers comptes rendus, Hubble montre que les étolies "n'ont pas douze mais treize milliards d'années". Deux galaxies, neuf galaxies... cent milliards de soleils, quatre cents milliards de soleils... douze milliards d'années, treize miliards d'années...

Ces astronomes vont finir par avoir notre peau à force de pinailler ainsi. » 

 Annie Dillard, Au Présent.

21.04.2008

Mme Massot

La lecture de chaque page est une expérience nouvelle. Pourtant, on dirait que je me souviens... 

« C'était une agréable dame des champs, très laide ; avec tant de bonté dans son œil crevé, tant de bonté dans son œil vivant, tant de bonté dans sa moustache, dans son nez priseur, dans ses joues décollées, dans sa bouche aux lèvres noires qu'elle en était effroyablement laide. C'était une laideur faite de tout ce sacrifice, de tout ce martyre qui est la vraie bonté. Sur la photographie que je vis à la chambre et où elle tenait à pleine main l'index du berger Massot habillé de noce, elle était belle et fraîche et comme gonflée d'une vénusté naïve. Il avait fallu peu à peu briser, brûler, tordre, pétrir ces chairs, se faire crever l'œil, se déhancher, se cuire au four de la bonté comme la brique ou le pot, ne plus penser qu'à ce petit fruit rouge du cœur. » 

 Jean Giono, Jean le Bleu

28.02.2008

John Wheelwright

Ce n’est pas une préoccupation. C’est un souvenir de lecture, un chuchotement fugace mais récurrent qui sollicite mon attention. Le titre de ce billet, c’est le nom du narrateur d’un roman de John Irving, A Prayer for Owen Meany (Une prière pour Owen). Ce qui me titille c’est un extrait de la conversation entre Owen Meany et son ami John Wheelwright qui refusait de s’inscrire à Yale ou à Harvard. De mémoire cela va ainsi : Owen insiste, TU POURRAIS AU MOINS ESSAYER D’ÊTRE ADMIS DANS UNE MEILLEURE UNIVERSITÉ et John tout simplement et sans esbroufe se rappelle qu’il est un bon étudiant en Histoire et en Anglais, qu’il est un lecteur lent mais pespicace et qu’il ne se considère pas de l’étoffe de Yale ou de Harvard… Où Owen va évidemment être admis . TU POURRAIS FAIRE UNE MAÎTRISE EN LITTÉRATURE ANGLAISE, ajouta alors celui-ci, TU N’AS PAS BESOIN DE TALENT PARTICULIER POUR ÇA, TU N’AS QU’À ÊTRE ATTENTIF À CE QU’UNE PERSONNE VEUT TE FAIRE VOIR…

La lenteur, la perspicacité et l’attention (avec beaucoup de bonne volonté souvent), des hésitations cruelles sur mon propre compte et une disposition naturelle à admirer sans restriction ceux que j’aime. Ça c’est moi.

20.02.2008

L'intrus

« Le spectateur, la tragédie finie, décide de retourner au théâtre, non de se crever les yeux... Il ressent l'intrusion de l'homme parmi les forces dont il n'était que l'enjeu, - l'intrusion du monde de la conscience dans celui du destin. » A. Malraux, Les Voix du Silence. / J'avais allongé le bras vers la bibliothèque. Pris un livre. Ouvert au hasard... Voici. Possible que cette citation ne trouve aucun écho dans les lignes qui suivent. On verra. / Je lève le regard. De l'autre côté de la fenêtre, les gourmands oscillent sur les plus hautes branches des poiriers. Quelques feuilles repliées sur elles-mêmes, petites notes couleur chair collées aux squelettes gris, protègent encore le secret de cet hiver qu'elles ne devraient pas vivre. Sur la vitre une coccinelle, attentive, explore les millimètres de la surface qui l'empêche de se perdre dans le vaste froid. / En attendant la faille où un jour, fatigué ou distrait, je glisserai pour retourner là d'où je suis venu, j'explore moi aussi la limite contre laquelle je m'acharne. Parfois je me rends compte que c'est une fenêtre...

19.02.2008

Ouvre grand

« Où, dans quels bienheureux jardins constamment arrosés, sur quels arbres, aux calices de quelles fleurs tendrement défleuries, mûrissent-ils, les fruits étranges de la consolation ? Ces délices dont il se peut que tu découvres l’un dans les vergers écrasés de ta pauvreté. De l’une à l’autre fois, tu t’émerveilles de la dimension du fruit, de son intacte perfection, de sa douceur de peau, dont tu ne fus privé ni par l’oiseau léger, ni, dessous, par la jalousie du ver. Y a-t-il donc des arbres sous le vol des anges, et soignés si étrangement par de secrets jardiniers de lenteur, qu’ils portent fruit pour nous, sans nous appartenir ? Avons-nous jamais pu, nous, ombres et fantômes, en notre précipitation à mûrir et flétrir, troubler dans leur sérénité ces étés impassibles ? ». / R.M. Rilke, Les Sonnets à Orphée (#17), traduit par Armel Guerne, Seuil, 1972. / ... Voici simplement une tentative pour me familiariser avec le fonctionnement du site. Je ne veux cependant ni effacer ce poème, ni le commenter. Bienvenue.