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Musique

  • Cordoue

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    Un pont pour piétons dont les fondations remontent à la conquête romaine.

    L'esprit du lieu garde le souvenir des conquérants, des vaincus, des fuites et des parades. Bien sûr.

    Mais il garde surtout la trace innombrable, anonyme, insignifiante pour nous, de vies trop nombreuses pour être vraiment comptées, des vies qui ne comptent pas, qui ne sont plus racontées. 

    L'esprit du pont, plus que l'esprit de tout autre lieu, sait depuis toujours que la vie est une traversée.

     

  • Lourmarin

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    Depuis dix mille ans il neige dans mon pays. Il y a de grands arbres qui envoient leurs racines profondément et boivent l'eau des sources enfouies. La brève chaleur de juillet n'est toutefois pas assez longue pour permettre aux petites plantes d'aller bien creux, car le sol en surface est gelé au moins six mois sur douze. Mais il y a tout de même des paysages que j'habite tout le temps où flottent des églises sous le soleil du midi et qui stridulent en latin dans mon esprit.

    Photo : Philippe Laloux - Provence d'Amour

  • Séville

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    Départ pour Séville. Avec une petite valise car nous prévoyons y dormir. « C'est la véritable destination de ton voyage », disait la petite voix de mon esprit, celle qui m'avait empêché de dormir la nuit précédent notre départ. J'imaginais le pire. J'imaginais le meilleur. Et le samedi matin, l'œil bouffi et les sinus en feu, je prenais quand même le train. / Séville. La vieille ville. On devra d'abord s'y perdre c'est certain. Son développement, au fil des ans et des constructions, où aucune logique urbanistique n'a présidé à son organisation, sinon le bien-être des passants, la discrétion des maisons protégées des regards, la protection également de la chaleur et des intempéries, son développement est organique, comme celui d'une forêt. Ou d'une main ouverte...

  • Havre-aux-maisons

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    Chapitre VI

    Ah! petit prince, j'ai compris, peu à peu, ainsi, ta petite vie mélancolique. Tu n'avais eu longtemps pour ta distraction que la douceur des couchers du soleil. J'ai appris ce détail nouveau, le quatrième jour au matin, quand tu m'as dit:

    - J'aime bien les couchers de soleil. Allons voir un coucher de soleil...

    - Mais il faut attendre...

    - Attendre quoi?

    - Attendre que le soleil se couche.

    Tu as eu l'air très surpris d'abord, et puis tu as ri de toi-même. Et tu m'as dit:

    - Je me crois toujours chez moi!

    En effet. Quand il est midi aux États-Unis, le soleil, tout le monde le sait, se couche sur la France. Il suffirait de pouvoir aller en France en une minute pour assister au coucher de soleil. Malheureusement la France est bien trop éloignée. Mais, sur ta si petite planète, il te suffirait de tirer ta chaise de quelques pas. Et tu regardais le crépuscule chaque fois que tu le désirais...

    - Un jour, j'ai vu le soleil se coucher quarante-trois fois!

    Et un peu plus tard tu ajoutais:

    - Tu sais... quand on est tellement triste on aime les couchers de soleil...

    - Le jour des quarante-trois fois tu étais donc tellement triste?

    Mais Le Petit Prince ne répondit pas.

     

  • Notre-Dame-des-Neiges

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    Vivre. Que cherchons-nous ? Comme des abeilles sur les vitres, la lumière déjà trouvée ? Une issue vers l'autre côté ? Nous tournons autour du mot vivre d'une façon et puis d'une autre. Au tout début, c'est adéquat sans plus. Ensuite, il y a un petit quelque chose à l'évidence auquel personne n'avait jamais pensé avant nous. Quelque chose qui n'avait jamais encore été dit à notre manière. Et puis, ce n'est pas nous qui le décidons, nous sommes happés par l'aventure. Par le roman de notre vie. Il y a des monstres, des choses étranges et imprévues. Des décisions à prendre. Des oppressions. Des invitations et des trahisons. Des aboutissements. Des erreurs. Des attentes. Des mouvements brusques. Des repentirs. Des regrets. De la résignation. De l'arbitraire. Des exigences. Du souci. De la douceur. Des ruptures. Des allers et des retours. Des illusions perdues. Des questions sans réponses. De l'urgence. De la patience. De la reconnaissance. L'asphyxie suivie du grand trou d'air. L'envol. Vivre !

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  • Détroit

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    2013. Tu peux partir. Laisser la place vide. Déserter. Vider les tiroirs. Passer par la porte arrière. La petite porte effacée. Tu peux remplir des sacs, des boîtes, des valises. Tu peux nous laisser pour compte. Tourner le dos. Laisser faire. Reculer. Peu importe. Tu peux siffler dans le noir maintenant. À l'instant même ou dans 24 heures. Fermer les livres. Replacer les dictionnaires. Remettre tes pendules à l'heure. Fermer les comptes. Compter tes pertes et tes gains. Tu peux dire autrefois, à l'époque, hier, la semaine dernière, l'autre jour, en janvier, en mai, en septembre, avant, avant, avant... Tu peux briller, chanceler, essayer de ne pas tomber. Tenter de fuir. Passer inaperçue. Avoir été incognito. N'avoir pas été. N'avoir pas eu lieu. Tu peux te prendre désormais pour la rose, la cime, l'airain, l'or, le diamant, le charbon, l'obsidienne, le cuivre, le fer. Georges Moustaki, Richard Garneau, Lou Reed, Hugo Chavez, Nelson Mandela, Tom Clancy, Albert Jacquard, Yuri Turovski, Colin Davis, Margaret Thatcher.

    Photo : ici

  • New York

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    Toute sa vie on doit être un enfant. Matisse

    Retrouver dans chaque mouvement que l'on fait, même durant les semaines et les mois de fatigue, les pas de la danse que nous apprenions, enfant, quand la beauté nous transfigurait dix ou douze fois par jour.

  • Montréal

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    Parti sans adieu, sans bagage
    On le trouva au bord d'un marécage
    Paisiblement couché dans les herbages
    Oh ! Beau comme une image
    Il dormait comme un enfant sage
    En route au-dessus des nuages

    Les cloches se sont mises à sonner
    Pour le vieux qui avait trépassé
    Qui galamment sa place avait donné
    A l´enfant nouvellement né
    Les cloches sonnaient en folies
    L'entrée d´un nuage en paradis

    Félix Leclerc, Le nouveau né
     
    Voyagé deux heures en compagnie de Monsieur Leclerc. Bavard dans le lecteur, il chantait sans interruption. J'ai écouté sans dire un mot. Sans même oser l'accompagner lors des chansons que je connais par coeur.
     
    Photo : La Grande Bibliothèque
  • Tête d'or (le parc)

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    Le premier mouvement de l'automne

    Avant l'enfer.

    I can still only think of God as the One who allows everything, the One who is not caught up in the whole inexhaustible drama.

    Rainer Maria Rilke, Letter to Marianne von Goldschmidt-Rothschild
    December 5, 1914
  • Santiago, Cuba (2)

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    s,santiaguera s,santiaguera,jose aquiles,santiago,cuba

     

     

     

     

     

     

     

     

     Quand arrive novembre, je pense que ce qui me manque déjà le plus, citoyen du nord - fils de nord-man (des North men), c'est ce qui me manquera jusqu'au printemps...

    La chaude lumière que dégagent les corps.

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    Jose Aquiles.

    photo: www.guije.com / André Bergeron

  • Ayer's Cliff

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    La marché champêtre d'Ayer's Cliff en saison les samedis. Une fois, l'été dernier, Théo, Donia et moi (Sixte) avons chanté un peu à l'écart sous un toit de toile, pendant que les autres faisaient leur marché.

    Joyeux et intelligents, deux heures à chanter Brassens.

    02 Au bois de mon cœur.m4a

  • Coaticook (La rivière aux pins)

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    Juste un peu plus loin que le milieu dans Le roman inachevé, ces deux pages de vers qui riment et que nous apprenons par cœur dès la première lecture.

    ...

    Il n'aurait fallu / Qu'un moment de plus / Pour que la mort vienne / Mais une main nue / Alors est venue / Qui a pris la mienne

    Qui donc a rendu / Leurs couleurs perdues / Aux jours aux semaines / Sa réalité / À l'immense été / Des choses humaines

    Moi qui frémissais / Toujours je ne sais / De quelle colère / Deux bras ont suffi / Pour faire à ma vie / Un grand collier d'air

    Rien qu'un mouvement / Ce geste en dormant / Léger qui me frôle / Un souffle posé / Moins Une rosée / Contre mon épaule

    Un front qui s'appuie / À moi dans la nuit / Deux grands yeux ouverts / Et tout m'a semblé / Comme un champ de blé / Dans cet univers

    Un tendre jardin / Dans l'herbe où soudain / La verveine pousse / Et mon cœur défunt / Renaît au parfum / Qui fait l'ombre douce

    ...

    Tous ces trésors. Que faisons-nous de ces trésors ? Nous qui, pour un peu de temps encore, parlons français et partageons le privilège d'entendre cette musique sans effort.

     

  • Les Éboulements

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    Nos voyages en mer / Sur les bateaux de papier ; oh bateau, il faut l'écrire vite... / Sur les origamis qui présentent leurs pointes au vent, toutes faces au vent.

    Les mots écrits sur ces feuilles non lignées, sans marges / Les projets, le bonheur envisagé, le film des événements anticipés / Les regards entre nous, la main laissée là, consciente d'elle-même

    Un peu plus longtemps / Nos alertes, nos peurs, nos embellies, nos tempêtes / Où tu n'es jamais venu.

    Le fleuve.