13.04.2008

Les Charbonniers de l'enfer

1483343775.gifDepuis bientôt une quinzaine d'années, ces bonshommes présentent sur scène et sur disques des chants traditionnels en français. A capella ils chantent - deux d'entre eux font aussi de la podorythmie (ils tapent des pieds) ; bien entendu ils racontent les histoires des amours comblées, des amours frustrées, des amours défendues, de l'amour foudre (j'emprunte cette dernière expression au merveilleux auteur Henri Gougaud), des rumeurs de villages, des curés et des servantes, des curés et des vicaires, des secrets de familles avoués à demi-mots, des fous du village... Dans la langue de nos ancêtres, quand elle était déliée, qu'elle turluttait, tourlidounait, patatitringuait et tadalidounait bellement. Mon grand-père avait, c'est vrai, un répertoire assez étonnant de sentences qui n'appartenaient qu'à lui, celle-ci par exemple : la minou raplaye ticaye [!?], qu'il disait à tout propos, pour faire rire, pour détendre l'atmosphère, pour faire rimer quelque chose dans le silence. Je ne sais trop.

Pour revenir aux Charbonniers, de bons diables évidemment, je les ai vus hier en spectacle dans l'ancienne église protestante transformée en centre culturel dans notre municipalité. Un beau moment. Puis ce commentaire sympathique de Pascale, une amie, en sortant du spectacle : bien des artistes sont des drôles de bêtes, à peine humaines dirait-on quand on les voit sur scène. Ce que j'ai aimé ici c'est que ces Charbonniers de l'enfer m'ont paru humains, normaux, réels ... Kyrie !

06.04.2008

Le pouvoir

Je suis venu pour vous libérer...

Charlton Heston


© Collection Christophe L.
Galerie complète sur AlloCiné

Et maintenant il faut vous soumettre ! Et plus vite que ça !
 
...
 
Le monothéisme, le machisme, sont les ombres de quelle lumière ? Le revers de quelle médaille ? 
 

31.03.2008

Nagano

207127274.jpg« La littérature, lorsqu'il s'agit du bonheur,

est un pauvre moyen en face de la musique. »

Gaëtan Picon, Malraux par lui-même, Seuil, 1961. page 64

18.03.2008

Annie Dillard

Je veux répondre ici à une question de Sophie LL.

Qui est Annie D ? L'idée que je m'en fais car je ne la connais qu'à travers ses livres. Je pense qu'il y a sans doute quelques sites plus ou moins compétents qui lui sont consacrés . Elle se trouve dans la liste, aléatoire, spontanée, incomplète évidemment, des Métis (des héros) que j'avais énumérés l'autre jour. Je voulais probablement vous communiquer le choc, jamais démenti, que m'a fait la lecture de ses livres. Je me permets de citer (et de traduire) un extrait d'un de ses premiers ouvrages :

« Un jour, alors que je marchais au bord de Tinker Creek ne pensant à rien du tout, tout à coup j'ai vu l'arbre illuminé. J'ai vu le cèdre de la cours arrière sur lequel les colombes se trouvaient chargées et transfigurées, incandescentes. Je me tenais là sur la pelouse lumineuse, une pelouse entièrement en feu ; c'était précis et c'était onirique. Non pas comme si je voyais mais plutôt comme si j'étais vue pour la première fois et j'avais le souffle coupé par le regard qui me traversait... J'avais été une cloche toute ma vie, je ne l'ai constaté qu'à ce moment-là, quand je fus soulevée et sonnée (lifted and struck). » Pilgrim at Tinker Creek

2146381185.jpgElle a également écrit An American Childhood, une chronique étonnante sur ses années d'enfance à Pittsburg. Mais les livres pour lesquels je ressens un attachement persistant ce sont ses essais : une intelligence attentive pose les questions qui conduisent inévitablement au mystère (et à la solidarité avec tous les vivants). Ce qui nous amène à penser, avec raison à mon humble avis, que l'expérience de la vie est véritablement une expérience religieuse. Vous en trouverez d'excellentes traductions chez Christian Bourgois. Living by Fiction (1982), Teaching a Stone to Talk (1982), Encounters with Chinese Writers (1984), The Writing Life (1989), The Living (1992), Mornings Like This (1995), For the Time Being (1999)...

Xuan-Lay

J'ai le coeur serré et je ressens de l'inquiétude à évoquer Xuan-Lay aujourd'hui. Un enfant né au Tibet, adopté par une famille française il y a dix-huit ans.

Je voudrais qu'il sache, malgré qu'il soit entré dans la solitude pour un certain temps, que je ne suis pas indifférent à la souffrance des Tibétains.

Enfin, je vous invite à lire le billet de Moukmouk de Pohénégamouk aujourd'hui.

13.03.2008

Barack Obama

Richard Powers. Malcolm X. Annie Dillard. Desmond Tutu. Gandhi. Albert Camus. John Cowper Powys. René Lévesque. Pierre Morency. André Malraux. Antonine Maillet. Jean Giono. Picasso. Robert Kennedy. Xuan-Lay. Rabindranath Tagore. Walt Whitman. Marguerite Yourcenar. JMG Le CLézio. Phillip Roth. Victor Hugo. RM Rilke. Cervantes. Michel Folco. Alexandre Pouchkine. WAM. Joni Mitchell. Sylvie Germain. Josse. / Des métis.

02.03.2008

Theo

Je ne me procurerai pas La route, le dernier roman de Cormac McCarthy. Un jour, j'irai l'emprunter à la bibliothèque... Je le tenais dans mes mains tout à l'heure à la librairie. L'ai redéposé en pensant à Theo. Comme si je l'avais entendu me chuchoter à l'oreille, Mais qu'est-ce qui presse ?, Oui, bon, il y a la popularité, tout le monde en parle. Mais encore. Et les louanges c'est peut-être une raison de se méfier non ?

Je le vois ainsi Theo. Un professeur. Un vrai. Qui s'arrête, te regarde et te demande, Tu es sûr ? Un semeur de doute. Mais aussi un accoucheur, si tu réponds oui.