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  • Aylmer, Qc

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    Fermez les yeux. En pensant à la maison où vous viviez, saisissez la première image de votre enfance.

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  • Ashkelon

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    800px-Ashkelonskyline.jpgRendons cette justice à notre société c'est qu'elle supporte très bien les persécuteurs. Elle est habituée à l'idée qu'ils avaient leur utilité. D'une manière ou d'une autre, un matin ou un soir, vous devez vous attendre à voir surgir quelqu'un qui dira qu'il est mandaté par les persécuteurs et qu'il va donc vous priver de la liberté ou de la vie, ou de votre femme, ou, ce qui est pire de votre argent. Et il faut vous y faire puisque cela ne dépend pas de vous. Vous dépendrez du persécuteur au contraire. Même si vous détournez les yeux, il vous frapperait la face pour que vous les ouvriez de nouveau. Alors, autant admettre une fois pour toute qu'il fait partie du paysage. D'ailleurs, personne ne vous empêche de devenir persécuteur à votre tour. Notre société est raisonnable.

    Persécutés - Persécuteurs. Préface à Laissez passer mon peuple, de Jacques Méry, (1948)

  • Athènes 2

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    pt42476.jpgParce qu'il était l'esprit libre, Nietzsche savait que la liberté de l'esprit n'est pas un confort, mais une grandeur que l'on veut et que l'on obtient, de loin en loin, par une lutte épuisante. Il savait que le risque est grand, lorsqu'on veut se tenir au-dessus de la loi, de descendre au-dessous de cette loi. C'est pourquoi il a compris que l'esprit ne trouvait sa véritable émancipation que dans l'acceptation de nouveaux devoirs. L'esentiel de sa découverte consiste à dire que si la loi éternelle n'est pas la liberté, l'absence de loi l'est encore moins.

     

    L'homme révolté, La révolte métaphysique.

  • Alep

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    a,alep,une année avec Camus... ce que cherche le conquérant de droite ou de gauche, ce n'est pas l'unité qui est avant tout l'harmonie des contraires, c'est la totalité qui est l'écrasement des différences. L'artiste distingue là où le conquérant nivelle. L'artiste qui vit et crée au niveau de la chair et de la passion, sait que rien n'est simple et que l'autre existe. Le conquérant veut que l'autre n'existe pas, son monde est un monde de maîtres et d'esclaves, celui-là même où nous vivons. Le monde de l'artiste est celui de la contestation vivante et de la compréhension. Je ne connais pas une seule grande œuvre qui se soit édifiée sur la seule haine, alors que nous connaissons les empires de la haine.

    Actuelles 1

    photo : Étienne Dal, autour de la citadelle d'Alep

  • Anticosti

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    a,nobel 2011,tranströmer

     

    Je suis las de tous ceux qui viennent avec des mots, des mots mais pas de langage

     

    Je partis pour l'île recouverte de neige.

     

    L'indomptable n'a pas de mots.

    Ses pages blanches s'étalent dans tous les sens !

    Je tombe sur les traces des pattes d'un cerf dans la neige.

    Pas de mots, mais un langage.

     

     

    Tomas Tranströmer, mars 1979

     

    photo : Robert Deschênes

  • Ayer's Cliff

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    03 Oncle Archibald.m4a

    La marché champêtre d'Ayer's Cliff en saison les samedis. Une fois, l'été dernier, Théo, Donia et moi (Sixte) avons chanté un peu à l'écart sous un toit de toile, pendant que les autres faisaient leur marché.

    Joyeux et intelligents, deux heures à chanter Brassens.

    02 Au bois de mon cœur.m4a

  • Arras

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    « Écrire, noircir du papier avec les signes d'une phrase, est inquiétant, douloureux presque toujours, pourtant merveilleux. J'ai souvent senti que je plaignais l'homme qui devait vivre sans rien exprimer de sa vie. Son émerveillement est peut-être difficile parce qu'il voudrait, non pas recevoir, mais produire. » Pierre Jean Jouve, En miroir.

  • Agra

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    - Mais qu'est-ce qu'on fait ici ?, ai-je demandé à Monsieur L. que j'avais suivi en toute confiance, comme d'habitude, les yeux fermés.

    - Un pastiche.PICT0293-2.jpg

    - Quoi ?

    - Oui. Quelque chose à la manière de l'éventail.

    -  Ah? Pourquoi ?

    Il s'est contenté de me sourire. Narquois.

    J'aime le mot narquois.

    ...

    Vous croyez ça vous ?

    Qu'un homme peut faire construire une telle chose par amour pour sa femme. Morte au neuvième ou quatorzième accouchement.

    Je sais que je ne devrais pas insister - mais c'est important.

    Vous ne pensez pas que c'est aussi un tout petit peu par vanité ?

    Dans le mausolée, à côté d'elle il y a lui non ?

    La douleur et la construction. Ce n'est peut-être pas si incongru (j'aime le mot incongru).

    Allons, tous les samedis consoler ces hommes affligés dans les quincailleries.

    Mais à bien y penser...

    Mon amie Catherine quand son amour l'a quittée.

    S'est mise à réparer les murs, refaire l'éclairage et recouvrir le plancher de sa cuisine de tuiles neuves noires et blanches.

  • Au ras du sol (4)

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    100_0024_1.JPG

    « Et passe la tempête qui change toute forme,

    passe dans le bois et le temps,

    et tout est comme hors de l'âge :

    Le paysage, tel un verset de psaume,

    n'est que gravité, éternité.

    R.M. Rilke

  • Au ras du sol (2)

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    Me rendre au travail à pieds. C'est à deux heures de marche. Il m'arrive de temps en temps de le faire. Le parcours est merveilleux. La campagne était figée hier matin. Immobile dans sa beauté. Le givre neuf sur chaque branche. Un frisson de délice, de vanité soudainement dans les arbres quand je passais près d'eux faisait tomber en flocons doux et délicats des pétales de neige. C'était un des plus beaux matins du monde.

    J'ai pensé tout à coup en marchant à la photographie de la page couverture du premier livre de Christian Bobin que j'ai lu Une petite robe de fête, Folio 2466. L'extase de la jeune femme sous le cerisier en fleurs.* J'ai pensé à l'auteur aussi, c'était un matin Bobin.

    Auteur que je n'ai pas été capable de suivre. Il publie trop. Envie fréquente de calmer ses éditeurs. Mais Une petite robe de fête demeure, dans ma vie, un des livres AH ! Qui m'a contraint au silence pendant des jours - je veux dire à me taire et à cesser d'écrire.

    J'aurais bien aimé avoir l'appareil photo dans mon sac. Je me serais sans doute arrêté, pour saisir une image et pour vous le prouver. Quoi ? Que le monde est beau.

    Mais je ne sais pas faire durer les matins comme celui-là. J'allais le qualifier d'inoubliable pourtant j'oublierai. Et une photographie n'y changerait rien.

     

    * Cerisier du Japon. Photo E. Boubat / TOP.

  • Au ras du sol

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    Aujourd'hui, dimanche, moi je ne vais nulle part. Il neige. Un peu. En attendant... Comme pour avertir. Monsieur, le chien, qui entend les avertissements bien avant nous, dix ou douze heures avant une tempête ordinairement, ne s'éloigne pas beaucoup de la maison. Je l'entends sous la fenêtre qui jappe en ce moment. Des bruits inhabituels dans les bosquets au loin... Je reviens d'une brève marche avec lui, trois-quarts d'heure en passant par ce que nous, et les voisins, appelons le golfe. Je suis entré dans la pièce et j'ai ouvert cette page-ci en même temps que celle sur ITunes où se trouve les listes de lecture. J'ai cliqué sur la liste des 25 pièces les plus écoutées récemment.

    Présentement c'est Luiz Bonfa, Sambolero, un air merveilleux, en sourdine car j'ai du mal à écrire en écoutant de la musique. Même très familière. Puis je reviens à cette note (selon Hautetfort), ce billet (selon moi).

    Josse, aux urgences cette fin de semaine, est absente pour quelques heures.

    Mais je pourrais lire. Je voudrais terminer Dreams from my father de Barack Obama (1995). Je pourrais enfin aller lire attentivement les billets récents de Solko (longue parenthèse : si j'avais suivi mon réel penchant après l'université, si ma vocation n'avait pas été contrariée, je crois que j'aurais pu être enseignant - comme quelques-uns que je lis, ici et ailleurs. Mais j'ai été perverti par la culture. Fasciné par la fabrication des outils que les humains se donnent pour vivre ensemble et tenter de se comprendre. J'aime de Solko, pièce de grande valeur, sa face intelligente, savante et ironique. De belles qualités de profs. ça non ?) ; ou je pourrais aller chez Fuligineuse, ou m'arrêter pour méditer un instant sur une page de Marine ou de Chaque Homme. Je pourrais tenter de répondre quelque chose de spirituel chez Sophie L.L. Mais sous l'éventail, où j'interviens rarement, me prennent de vitesse et d'agilité de l'esprit Tang , Pascal et d'autres lecteurs intelligents et délicats ; ou chez l'admirable Frasby aussi, où je suis bon élève, passablement lourd je l'admets ; ou chez Oranginablack (nom d'une b.d. !) où lorsqu'il me vient une idée de commentaire, je suis le trentième à le faire et chaque commentaire qui précède le mien mériterait aussi un commentaire...

    En ce moment, sur ITunes, je ne sais à quel rang, Café Robinson de Marie-Jo Thério.

    Il y a d'autres lecteurs silencieux bien sûr. Qui ne laissent pas de commentaires ici ou dans les blogs que je fréquente le plus souvent. Qui passent sans reconnaître la piste qui leur permettrait d'atterrir. Cela m'arrive aussi ailleurs. Ce n'est d'ailleurs pas uniquement une question de reconnaissance. Peut-être le plus souvent tout simplement parce que le temps est trop court.

    À vous, qui mille fois (c'est évidemment un nombre dérisoire dans la blogosphère) avez rendu visite à Épistolaire en janvier et laissé plus de cent-cinquante commentaires, je veux dire que le temps précieux, important (le vôtre et le mien) consacré à tenter de discerner dans nos itinéraires les lieux où nous pouvons mettre en commun nos connaissances, nos dons, nos mots, nos idées, notre parole, notre réalité, nos rêves et nos révoltes, ne laisse peut-être rien d'autre qu'une trace fragile dans la neige, que « le vent emporte »... Mais au ras du sol, sous nos pas, je crois que des semences qui dormaient, se réveillent.

    Bonjour ou bonne nuit. Maintenant je vais lire, Obama.

     

     

  • Anshan

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    Anshan est une ville chinoise très peuplée... De l'autre côté du monde dit-on ici.

    Mais le monde n'a pas de côtés. Où je me trouve présentement, face au soleil, s'y trouvait il y a quelques heures, un inconnu qui pensait à un inconnu, ici.

    13364332.jpg« Il se peut alors qu'une ultime fois le miracle, déjà tant de fois attendu et vécu, ait lieu. Il ne se peut pas, une ultime fois, que le miracle n'ait pas lieu. En restituant morceau par morceau les événements d'une existence, cet être nommé Tianyi, si banal, si singulier, finit par permettre au courant d'une eau vive de relier ses parties séparées, lesquelles étaient en réalité d'un seul tenant ; au souffle de retrouver les méandres de sa voie, laquelle était d'une seule poussée. S'avançant dans l'écriture, il est tout d'un coup frappé par une certitude. Certitude qu'en dépit de tout la vraie vie ne fait que commencer. Puisque lui, Tianyi, avait appris la vie par un corps d'emprunt, l'heure est venue pour lui de l'apprendre par lui-même. La souffrance engendrant un sursaut toujours plus intense, la joie engendrant une joie toujours plus dense, ce qui pourrait arriver ne serait-il pas aussi réel que ce qui est effectivement arrivé ? »
    François Cheng, Le dit de Tianyi, Albin Michel, 1998