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camus

  • Lourmarin

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    Depuis dix mille ans il neige dans mon pays. Il y a de grands arbres qui envoient leurs racines profondément et boivent l'eau des sources enfouies. La brève chaleur de juillet n'est toutefois pas assez longue pour permettre aux petites plantes d'aller bien creux, car le sol en surface est gelé au moins six mois sur douze. Mais il y a tout de même des paysages que j'habite tout le temps où flottent des églises sous le soleil du midi et qui stridulent en latin dans mon esprit.

    Photo : Philippe Laloux - Provence d'Amour

  • Souk de Tunis

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    N'est -ce pas une définition idéaliste et romantique du rôle de l'artiste, le don quichottisme qu'on a pu reprocher à vos œuvres récentes ?

    On a beau pervertir les mots, ils gardent provisoirement leur sens. Et il est clair pour moi que le romantique est celui qui choisit le mouvement perpétuel de l'histoire, la grandiose épopée, et l'annonce d'un événement miraculeux, à la fin des temps. Si j'ai essayé de définir quelque chose, ce n'est rien d'autre, au contraire, que l'existence commune de l'histoire et de l'homme, la vie de tous les jours à édifier dans le plus de lumière possible, la lutte obstinée contre sa propre dégradation et celle des autres.

    C'est aussi de l'idéalisme, et du pire, que de finir par suspendre toute action et toute vérité à un sens de l'histoire qui n'est pas inscrit dans les événements et qui, de toute manière, suppose une fin mythique. Serait-ce donc du réalisme que de prendre pour loi de l'histoire l'avenir, c'est-à-dire justement ce qui n'est pas encore l'histoire, et dont nous ne savons rien de ce qu'il sera ?

    Il me semble au contraire que je plaide pour un vrai réalisme contre une mythologie à la fois illogique et meurtrière, et contre le nihilisme romantique qu'il soit bourgeois ou prétendument révolutionnaire. Pour tout dire, loin d'être romantique, je crois à la nécessité d'une règle et d'un ordre. Je dis simplement qu'il ne peut s'agir de n'importe quelle règle. Et qu'il serait surprenant que la règle dont nous avons besoin nous fût donnée par cette société déréglée, ou, au contraire, par ces doctrinaires qui se déclarent affranchis de toute règle et de tout scrupule.

    Actuelles II.

  • Sousse

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    Je disais que le monde est absurde et j'allais trop vite. Ce monde en lui-même n'est pas raisonnable, c'est tout ce qu'on peut en dire. Mais ce qui est absurde c'est la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l'appel résonne au plus profond de l'homme. L'absurde dépend autant de l'homme que du monde. Il est pour le moment leur seul lien. Il les scelle l'un à l'autre comme la haine seule peut river les êtres.

    Albert Camus, Le mythe de Sisyphe.1280px-Sousse_Grosse_Moschee.JPG