01.02.2009

Au ras du sol

Aujourd'hui, dimanche, moi je ne vais nulle part. Il neige. Un peu. En attendant... Comme pour avertir. Monsieur, le chien, qui entend les avertissements bien avant nous, dix ou douze heures avant une tempête ordinairement, ne s'éloigne pas beaucoup de la maison. Je l'entends sous la fenêtre qui jappe en ce moment. Des bruits inhabituels dans les bosquets au loin... Je reviens d'une brève marche avec lui, trois-quarts d'heure en passant par ce que nous, et les voisins, appelons le golfe. Je suis entré dans la pièce et j'ai ouvert cette page-ci en même temps que celle sur ITunes où se trouve les listes de lecture. J'ai cliqué sur la liste des 25 pièces les plus écoutées récemment.

Présentement c'est Luiz Bonfa, Sambolero, un air merveilleux, en sourdine car j'ai du mal à écrire en écoutant de la musique. Même très familière. Puis je reviens à cette note (selon Hautetfort), ce billet (selon moi).

Josse, aux urgences cette fin de semaine, est absente pour quelques heures.

Mais je pourrais lire. Je voudrais terminer Dreams from my father de Barack Obama (1995). Je pourrais enfin aller lire attentivement les billets récents de Solko (longue parenthèse : si j'avais suivi mon réel penchant après l'université, si ma vocation n'avait pas été contrariée, je crois que j'aurais pu être enseignant - comme quelques-uns que je lis, ici et ailleurs. Mais j'ai été perverti par la culture. Fasciné par la fabrication des outils que les humains se donnent pour vivre ensemble et tenter de se comprendre. J'aime de Solko, pièce de grande valeur, sa face intelligente, savante et ironique. De belles qualités de profs. ça non ?) ; ou je pourrais aller chez Fuligineuse, ou m'arrêter pour méditer un instant sur une page de Marine ou de Chaque Homme. Je pourrais tenter de répondre quelque chose de spirituel chez Sophie L.L. Mais sous l'éventail, où j'interviens rarement, me prennent de vitesse et d'agilité de l'esprit Tang , Pascal et d'autres lecteurs intelligents et délicats ; ou chez l'admirable Frasby aussi, où je suis bon élève, passablement lourd je l'admets ; ou chez Oranginablack (nom d'une b.d. !) où lorsqu'il me vient une idée de commentaire, je suis le trentième à le faire et chaque commentaire qui précède le mien mériterait aussi un commentaire...

En ce moment, sur ITunes, je ne sais à quel rang, Café Robinson de Marie-Jo Thério.

Il y a d'autres lecteurs silencieux bien sûr. Qui ne laissent pas de commentaires ici ou dans les blogs que je fréquente le plus souvent. Qui passent sans reconnaître la piste qui leur permettrait d'atterrir. Cela m'arrive aussi ailleurs. Ce n'est d'ailleurs pas uniquement une question de reconnaissance. Peut-être le plus souvent tout simplement parce que le temps est trop court.

À vous, qui mille fois (c'est évidemment un nombre dérisoire dans la blogosphère) avez rendu visite à Épistolaire en janvier et laissé plus de cent-cinquante commentaires, je veux dire que le temps précieux, important (le vôtre et le mien) consacré à tenter de discerner dans nos itinéraires les lieux où nous pouvons mettre en commun nos connaissances, nos dons, nos mots, nos idées, notre parole, notre réalité, nos rêves et nos révoltes, ne laisse peut-être rien d'autre qu'une trace fragile dans la neige, que « le vent emporte »... Mais au ras du sol, sous nos pas, je crois que des semences qui dormaient, se réveillent.

Bonjour ou bonne nuit. Maintenant je vais lire, Obama.