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malaga

  • Méditerrranée 12 - Torremolinos

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    Au fin fond, ce territoire du silence qu'est l'enfance, nous l'habitons toute notre vie. J'entends sous le balcon, il est 8h20, une classe de musique où des enfants jouent de la flûte. Tut tut tut couac tut tut couac... En essayant de rendre quelque chose qui ressemble aux premières mesures de Passe-Partout on dirait. Ou de l'Hymne à la joie. Ou de Yellow Submarine... Tut tut tut couac. C'est l'histoire de notre vie ça, non ? Deux bonnes notes, une fausse note. Un rythme approximatif. Et puis on recommence. Dans chaque matière. On tâche de suivre. La pièce intitulée "Notre place dans la famille" : tut tut couac. Celle qui s'appelle "Qu'est-ce qu'on attend de moi ?" : tut tut couac couac. "Comment vivre avec les autres" : couac couac tut. "La parole et la vérité" : couac couac tut. "Les garçons et les filles" : tut tut tut couac couac. Heureusement qu'il y a la musique qui nous enseigne que nous pouvons, en y mettant les efforts et le temps, développer un peu d'adresse. Un matin, l'un de nous arrive en classe, sort son instrument, s'exécute et ça fait : tadam ! Et nous tentons de l'imiter : tadam tut tut couac...

  • Malaga - Méditerranée 8

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    Malade ! Eh oui. Rhume. De cerveau... Comme on disait quand j'étais petit. C'est-à-dire qu'on mouchait, morvait, toussait et qu'on avait mal à la tête. So what ? Rien. La dernière semaine des vacances ici sera sans doute consacrée à ce rien. Au début je décide de prendre des vacances, vient un moment (grâce au ciel !) où les vacances me prennent. M'enserrent, m'enveloppent, m'assoient dans un coin en m'ordonnant de rester là sans bouger, de ne rien faire que regarder le temps passer. Sinon. Sinon quoi ? Sinon les trois semaines auront passé et je ne me souviendrai pas du premier jour, ni du second, ni du troisième... Puis à quoi aurait bien pu servir servir ce voyage si je n'avais pas pris le temps de lire, de contempler, de marcher sans but ? / Un immense ficus au centre-ville de Malaga. On a eu le bon sens de supporter ses deux branches avant qu'il ne casse ou se fende. Ces deux grosses béquilles jaunes, ce sont des piliers de ciment, le rendent unique et précieux. Non seulement est-il un arbre. Et les grands arbres sont bien nécessaires dans les villes on en convient. Mais, pour moi, il est aussi un monument à l'attention et à la bonté. À travers les statues et les autres monuments dédiés à des personnages dont on a, le plus souvent jamais entendu parler, celui-ci attire mon attention et me parle. / L'immense chance qu'on a, quand on voyage à deux avec la personne qu'on aime, c'est que la confiance, même quand ça ne va pas, prend le dessus sur l'angoisse d'être au loin et le déplaisir de se retrouver vulnérable.
  • Méditerranée 7 - Malaga

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    tauromachie,malaga,castillo,18h

    À 18h en Andalousie, les choses vont encore bon train. Nous battions la semelle depuis 14h dans les rues de Malaga et nous venions de traverser le port, sur toute sa longueur, pour nous retrouver près de l'arène, entre la mer et la colline du Castillo. L'arène, c'est un vieil établissement un peu délabré dont nous avons fait tout le tour avant de trouver une seule petite porte, la numéro 10, entr'ouverte. C'était fermé au public visiblement. Nous sommes quand même entrés en nous disant que nous jourions les innocents si jamais quelqu'un venait à nous demander ce que nous faisions là. Après avoir passé dans les couloirs sous les gradins sans rencontrer qui que ce soit, nous nous sommes retrouvés dans les premières rangées de l'arène soudainement, face à un paysage de lumière et de silence inoubliable. À un bout de l'arène, se tenait un grand enfant maigre. Un jeune garçon de 15 ou 16 ans, immobile. Il était revêtu d'une cape et portait dans sa main droite une épée de bois. Sur son bras gauche, la muleta rouge, plus petite me semblait-il que celle qu'utilisent les matadors à la corrida. Nous nous sommes assis, discrets, près d'une entrée et nous l'avons observé. Une demi-heure au moins sans bouger. Lui et nous sans bouger. Il bougeait, lui, mais imperceptiblement. Cela lui a pris tout ce temps pour faire un seul tour sur lui-même. Le regard fixement posé devant lui. Hypnotisé par une invisible créature aurait-on pu dire... Lorsqu'il eut terminé, il s'est mis à sautiller en reculant mais sans regarder derrière lui, pour accomplir un tour complet de l'arène. Ce n'est que lorsqu'il eut terminé ce tour complet que des voix, près du mur du même côté que celui où nous étions, se sont fait entendre. Douze autres jeunes, probablement debout ou appuyés contre le mur de l'arène plus bas que nous, ce qui les avaient rendus invisibles pour nous, se sont avancés pour saluer celui qui venait de terminer sa performance. Un vieillard, le dos voûté, s'est ensuite avancé vers le jeune pour lui serrer la main. Tous sont ensuite sortis. Ce fut comme si les lumières venaient de s'éteindre. Nous avons retrouvé la sortie sans faire de bruit. Voilà la corrida à laquelle nous aurons assisté finalement. Aaron avait raison. C'est une messe. Celle-ci fut dite pour nous, sans autres fidèles à moins que quelque part ailleurs dans les gradins, près d'une sortie, quelqu'un d'autre fut caché et retenait son souffle lui aussi. Ensuite nous sommes montés jusqu'au Castillo pour tenter de nous remettre de ce bouleversement pendant que le soleil disparaissait à l'horizon
  • Malaga - Méditerranée 6

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    D'abord fondée par les Phéniciens aux alentours de 770 av JC, la petite cité fut sans doute nommée ainsi à cause du mot malaha qui signifie "sel". L'histoire de cette ville qui compte aujourd'hui près de 600 000 habitants, nous propose un petit condensé de l'histoire de la Méditerranée. Car après avoir été gouvernée par Carthage, elle s'est développée durant l'Empire romain. À la chute de l'Empire elle fut d'abord prise par les Wisigoths pour être ensuite conquise par l'Empire Byzantin. À partir du 8e siècle elle fut d'abord la capitale du Caliphat de Cordoue. Au déclin de la dynastie Umayyad, elle devint capitale de la région dominée par les Zirid et en 1025 elle fut la capitale du Taifa de Malaga jusqu'à sa conquête en 1239 par l'Émirat de Grenade. Malaga est une des villes qui résista le plus longtemps lors de la Reconquista. Les armées chrétiennes qui, suite à un très long siège, prirent la ville le 18 août 1487, vendirent ou donnèrent comme esclaves les survivants. La ville connut ensuite un développement régulier grâce à sa localisation exceptionnelle, jusqu'au 19e siècle où elle devint une des 2 grands villes industrielles d'Espagne avec Barcelone. Cependant les politiciens d'alors (les Malagais ne devaient pas voter du bon bord...) ayant décidé que le développement se ferait plutôt dans le nord du pays, son dynamisme stagna. En 1936, après le coup d'état, le gouvernement de la 2e république d'Espagne prit le contrôle de Malaga et son port devint la base de l'Armée navale de l'armée républicaine. Jusqu'en février 1937 où l'armée franquiste appuyée par l'Italie et le Maroc bombarda lourdement la ville. 7 000 morts. La ville capitula et cette page d'histoire, racontée par des médias contemporains, attire notre attention sur la présence d'Arthur Kœstler parmi tant d'autres européens qui s'engagèrent aux côtés des républicains. L'Espagne fut le pays de l'Europe de l'ouest qui demeura catholique et un peu fermée sur le monde le plus longtemps. Jusqu'à l'élection d'un gouvernement socialiste en 1982 (Felipe Gonzales). Elle a vu naître Pablo Ruiz Picasso. Sa maison natale est aujourd'hui le siège d'une fondation qui accueille des expositions d'œuvres d'artistes de partout dans le monde. Pour s'y rendre à partir de Torremolinos, on prend le train ou l'autobus. Le centre ville est à 15 kilomètres. 20 minutes en train. Un peu plus long en autobus.

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