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pâques

  • Charlotte - 41

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    Pâques.

    La question vraiment intéressante à se poser c'est pourquoi, dans un moment de l'histoire de l'humanité, une toute petite communauté de Juifs vivant en Palestine, territoire occupé et annexé par l'empire romain, a-t-elle eu le désir de propager le mythe de la résurrection d'un homme qui avait vécu en son sein. 

    Des histoires de morts et d'apparitions il y en avait eu avant. Il y en aura d'autres après. Mais un ressuscité qu'on a connu, côtoyé, aimé et abandonné, tué de la façon la plus humiliante qui soit et qui revient pour pardonner « parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font »... À ma connaissance Jésus est le premier.

    Or comment les gens ont-ils fait pour croire en cette histoire d'un homme ressuscité en tout premier lieu ? Je ne le sais pas. Quelques apôtres, des femmes qui l'aimaient, une en particulier, Paul de Tarse quelques années plus tard. Des petits groupes qui décidaient de ne plus croire en la divinité des puissants, de l'argent, des choses établies... La pitié que suscitaient les premiers chrétiens qu'on poussait dans l'arène - ils se faisaient manger et dépecer par des lions et des tigres affamés et en ces temps-là, c'était le clou du spectacle. 

    Tant de choses ont contribué à faire en sorte que cette histoire prenne l'ampleur qu'elle a prise et qu'elle fonde une civilisation qui a dominé le monde un certain temps.

     ...

    Charlotte, j'imagine qu'il y a encore dans ton entourage des gens qui semblent croire en ce dieu fait homme et qui prennent au sérieux les choses des églises qui propagent ses enseignements. Je pense que je ne te parle pas ici d'une affaire totalement disparue. Depuis deux mille ans cette invraisemblable chronique du fils d'un menuisier de Nazareth a confronté le monde à ses désirs, à ses peurs, à ses ambitions, à ses trahisons et à ses loyautés. Ainsi qu'aux limites de sa raison. Le très grand nombre a fait semblant d'y croire je pense, car le pouvoir se disait chrétien. Mais une petite poignée d'êtres humains sans doute, au fils des siècles, aura voulu essayer de forcer la porte d'un dieu qui ne s'est jamais manifesté. Jamais. Nulle part. 

    Si je ne repousse pas Pâques du revers de la main, c'est parce que je me plais à imaginer celui qui se lève d'entre les morts après trois jours au tombeau. Le mal de bloc. La nausée qui n'est pas que physique. L'irritation un peu persistante des plaies dans ses mains et ses pieds. L'impatience à l'idée de devoir recommencer à être humain, c'est-à-dire incompris et fort probablement abandonné éventuellement.

    À bien y penser, c'est ça pour moi le matin de Pâques. Comme certains de nos réveils. Dont les premiers instants nous amènent à considérer l'absurde aventure que nous vivons sur la Terre. 

    Et, juste avant qu'on se lève, à accueillir les folles espérances qui nous gardent en vie.

    ...

    Ma chère petite, je souhaite que le monde soit bienveillant autour de toi. Mais je sais qu'il ne le sera pas. Pas tout le temps. Ce que je te souhaite en ce matin de Pâques, c'est que la vie et ton entourage t'enseignent que le cycle de l'aube et de la nuit, ce que nous appelons le jour et qui délimite le temps, est à chaque fois un rendez-vous. Et que nous pouvons nous-mêmes, malgré que l'idée ne soit pas à chaque fois réjouissante, ressusciter tous les matins.

  • New York

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    Toute sa vie on doit être un enfant. Matisse

    Retrouver dans chaque mouvement que l'on fait, même durant les semaines et les mois de fatigue, les pas de la danse que nous apprenions, enfant, quand la beauté nous transfigurait dix ou douze fois par jour.