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  • Rimouski

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    rimouski,rTiens... Depuis dix mois qu'il est au fond du sac à dos. Le petit cœur rouge qui s'allume et qui s'éteint sur un clic. De la taille d'une cerise. Parmi les stylos, la monnaie, d'autres petits objets épars qui s'accumulent là comme par enchantement et dont je fais la découverte de temps en temps.

    Dans ma main, voici la chose. Je l'observe, la colle contre mon oreille, comme si elle pouvait murmurer un mot de plus que ceux que j'ai entendus quand elle me fut donné, voici c'est pour toi, c'est un coeur et un porte-clef ; car tu ouvres les coeurs... 

    C'est une borne. Merci. Ce sont les mots qui montent en ce moment du fond de mon propre cœur.

    Car aujourd'hui j'avais grand besoin de comprendre la signification d'une limite qui n'est pas un obstacle. Toute la journée j'ai été celui qui se croyait trop petit pour la vie grande, trop étroit pour la vie vaste, trop sombre, une tache sur la lumière.

    J'apprends. C'est long. À devenir. Celui. Qui. Sans cesser de vouloir. N'es-PÈRE rien.

  • Rotorua

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    Des amis, qui se sont découvert une passion pour les voyages, y sont présentement.
    Reçu un courriel hier de ce pays insulaire que les humains auraient découvert il y a mille ans à peine. À Rotorua, c'est sur l'île du Nord, des gens viennent de partout dans le monde pour de la boue, des bains, des cures volcaniques... Des réparations. De l'entretien. Et puisque le temps là-bas n'est compté que depuis peu, probablement parfois pour que le temps rebrousse chemin.

  • Ruhengeri

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    Chœur des Tutsis : RRrrrrrm... Rrrrrrwww... RRrrrwwwwaaa... Rrrrrrrmmmm... RRuuuuuuhh...

    Théâtre océanique de Recife (Brésil), des voix tragiques murmurant ces mots incomplets - font voyager notre oublieuse mémoire dans le temps immobile.

    Le voyageur : Être humain est une brève tentative du vivant d'être conscient.

  • Recife

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    Les récifs, les hauts-fonds, les affleurements, on peut les contourner
    Mais c'est ce qu'il y a de plus beau.

    Les coraux
    C'est ce qui reste des maisons, des rues, des portes et des fenêtres
    Des temps immémoriaux.

    Le temps et la mémoire sous l'eau
    Ne se comptent pas en valeurs humaines
    Sans heures, sans jours, sans années
    Comment dit-on l'expérience des marées ?

    Les hauts et les bas ?
    Les chauds et les froids ?
    Les avants et les après ?

    Quand ?

    ...

    Au-dessus de nous, tout autour l'atmosphère

    Trop dense pour les anges et les visiteurs là-haut

    Qui nous observent, comme nous observons nous-mêmes

    Les requins, les baleines, les grottes et les saumons.

    Le temps se dilate

    L'air se liquéfie

    L'eau.

     

  • Rio de Janeiro (4)

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    « Une lumière éclatante inonde l'atmosphère

    Une lumière si colorée et si fluide que les objets qu'elle touche

    Les rochers roses

    Le phare blanc qui les surmonte

    Les signaux du sémaphore en semblent liquéfiés

    Et voici maintenant que je sais le nom des montagnes qui entourent cette baie merveilleuse

    Le Géant couché

    Le Bico de Papagaio

    Le Corcovado

    Le Pain de sucre que les compagnons de Jean de Léry appelaient le Pot de Beurre

    Et les aiguilles étranges de la chaîne des Orgues

    Bonjour Vous »

     

    Blaise Cendrars, Rio de Janeiro, Feuilles de route

  • Rio de Janeiro (3)

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    Teatro Municipal, année neuve, spectacle intitulé Y - I ?. (Pourquoi - Je ? ou Pourquoi - Moi ?) Je pense que presque tous les prénoms de femmes que je connais contiennent un y ou un i. Et je récite aussi ceci de mémoire en contemplant la crinière blanche de craie de la chorégraphe qui est au parterre et nous tourne le dos et dont nous attendons des indications depuis plus d'une heure :

    Si l'on gardait, depuis des temps, des temps
    Si l'on gardait, souples et odorants
    Tous les cheveux des femmes qui sont mortes
    Tous les cheveux blonds, tous les cheveux blancs
    Crinières de nuit, toisons de safran
    Et les cheveux couleur de feuilles mortes
    Si on les gardait depuis bien longtemps
    Noués bout à bout pour tisser les voiles
    Qui vont sur la mer

    Il y aurait tant et tant sur la mer
    Tant de cheveux roux, tant de cheveux clairs
    Et tant de cheveux de nuit sans étoiles
    Il y aurait tant de soyeuses voiles
    Luisant au soleil, bombant sous le vent
    Que les oiseaux gris qui vont sur la mer
    Que ces grands oiseaux sentiraient souvent
    Se poser sur eux
    Les baisers partis de tous ces cheveux
    Baisers qu'on sema sur tous ces cheveux
    Et puis en allés parmi le grand vent...
    Parmi le grand vent...

    Si l'on gardait, depuis des temps, des temps
    Si l'on gardait, souples et odorants
    Tous les cheveux des femmes qui sont mortes
    Tous les cheveux blonds, tous les cheveux blancs
    Crinières de nuit, toisons de safran
    Et les cheveux couleur de feuilles mortes
    Si on les gardait depuis bien longtemps
    Noués bout à bout pour tordre des cordes
    Afin d'attacher
    A de gros anneaux, tous les prisonniers
    Et qu'on leur permît de se promener
    Au bout de leur corde

    Les liens des cheveux seraient longs, si longs
    Qu'en les déroulant du seuil des prisons
    Tous les prisonniers, tous les prisonniers
    Pourraient s'en aller jusqu'à leur maison...
    Jusqu'à leur maison...

    Si l'on gardait, depuis des temps, des temps
    Si l'on gardait, souples et odorants
    Tous les cheveux des femmes qui sont mortes
    Tous les cheveux blonds, tous les cheveux blancs
    Les liens des cheveux seraient longs, si longs
    Qu'en les déroulant du seuil des prisons
    Tous les prisonniers, tous les prisonniers
    Pourraient s'en aller jusqu'à leur maison...
    Jusqu'à leur maison...

    Marc Robine, (Casablanca 1950 - 2003 Nîmes)

    Puis elle est là, se dirige vers nous, Madame Felicity Minhxa, danseuse étoile chorégraphe, méduse. Je suis debout au fond de la scène, rangée des hommes côté jardin. Nous sommes une dizaine côte à côte. « Avancez en glissade. Go firmly, gently... », dit-elle presque imperceptiblement en fixant sur nous un regard terrible. Nous avançons d'un pas, puis d'un autre et subitement je lévite. Quelques centimètres seulement au-dessus du plancher. Chacun continue comme s'il ne me voyait pas. Comme s'il ne se passait rien de bien spécial ici. Madame non plus ne semble pas surprise. Cependant j'étire les jambes et je ne dépose les pieds que sur l'air, cinquième, ouverture, glissade, c'est la consigne... J'arrive heureusement à rester dans le corridor qui m'est octroyé. Un phare de poursuite me précède, j'entre dans la lumière. Il n'y a rien que je puisse faire pour que ça cesse. Je danse.

    Madame nous demande de semer d'un geste ample et détaché « graciously » les fèves qui se trouvent dans le repli de la veste verte que nous portons. Je dépose, une fève à la fois sur le plancher noir de la scène. Une plante surgit, s'élève jusqu'au plafond dès que ma petite fève touche le sol. Ce n'est pas prévu, je ne peux rien faire pour que ça s'arrête.

    Je danse dans mon éblouissement.

  • Rio de Janeiro (2)

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    Là-bas, là-bas sur la plage une sirène est apparue, livrée par l'océan. Mille voyous font la file pour la saluer, la regarder de plus près, tenter de la séduire.

    Allumée. Elle se croit désirée. Elle est désirable, ce qu'ils désirent, c'est le sac aux initiales, le foulard aux initiales, les bijoux, les vêtements griffés, les chaussures magnifiques ; la richesse : « la capacité d'apparaître en public sans honte. » *

    *La formule est d'Adam Smith, elle est citée par Chaque Homme ici. (Billet du 27 novembre 2008)

  • Rio de Janeiro

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    Danser, chanter et raconter des histoires autour du feu, durant la nuit de l'arrivée du nouvel an.

    Frileux et folkloriques, entamer des airs communs, partager des contes si enracinés dans notre petit monde qu'ils en deviennent universels ; bouger soi, ses jambes, ses bras et tout le reste et puis se réjouir de voir bouger en rythme ceux qu'on aime... Et puis aussi, tout à coup, c'est remuer dans la condition humaine.

    Le nouvel an arrive à Rio en été. Sur des airs de Jobim qui ont traversé l'équateur depuis longtemps, nous dansions la bossa nova sur le sol gelé à Reykjavik et le décor s'est transformé. Me voici, étonné, fasciné toujours dansant sur la plage de Copacabana. Pieds et torse nus, je danse sur le monde vieux du nord, sur la pauvreté de notre prétentieuse civilisation, sur la pauvreté et sur la faim, sur l'ignorance, sur la brièveté d'une vie humaine et sur la longueur de la vie humaine ; je danse sur la jeunesse et sur la vieillesse ; sur mes idées et sur mes illusions.

    Bonne année 2009.


  • Reykjavik

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    Un peu partout dans le monde, on prépare en ce moment des bûchers immenses ou petits, qu'on allumera durant la nuit du 31. Dans certaines traditions d'Amérique du sud les gens brûlent les vieux meubles, les objets brisés, « le diable » pour tenter d'amorcer la nouvelle année sans les poids qu'ils traînent, ou qui les entraînent. Ici, cette année, il y aura au moins huit feux importants dans la ville. Pour célébrer la lumière. Pour reconnaître l'improbable et merveilleux rapprochement des êtres dans un endroit presque hostile. Josse m'a enseigné à écrire sur quelques feuilles les faits saillants de ma vie durant l'année passée. Ces feuilles passeront au feu à la veille du nouvel an. Un geste de réconciliation. Et d'ardeur. Car ce qui survit au feu...

    J'entame aujourd'hui ce bilan. S'y trouveront les souvenirs de moments heureux. Mais aussi, sans doute, quelques colères encore chaudes, des coins mal lavés de ma vie et de la poussière sous les tapis.

  • Ramallah

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    dsc00074[1].jpgPour me souvenir également que la joie « venait toujours après la peine ».

     

     

    » Quand Jacques sur le divan s'est mis à sangloter, lui, cet homme si intelligent, volontiers sarcastique, dupe de rien et surtout pas de lui-même, j'ai su qu'enfin nous avions atteint quoi ? mieux que le vrai : le lieu caché de la détresse. » J.-B. Pontalis, Fenêtres

    Et puisque nous mentionnons le divan, c'est à Ramallah qu'eut lieu en 2005 le concert inoubliable Divan - Barenboïm. 

     

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    Joyeux Noël.

  • Rivière-du-Loup

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    Encore quelques jours seulement pour traverser le Saint-Laurent de St-Siméon à Rivière-du-Loup. À compter du 4 janvier, les glaces qui se déplacent déjà au gré du courant et des marées, empêcheront la navigation. Durant l'heure qu'il faut pour passer de la rive nord à l'autre rive sur le traversier, nous contournons des îles au milieu du fleuves... Île-des-Pellerin, île-aux-Lièvres, abandonnées au vent, au courant, à l'hiver. Au siècle dernier deux ou trois familles ont tenté d'y demeurer à l'année. Le climat trop rigoureux, l'isolement, le fleuve sans doute qui les encerclait et leur apparaissait plus haut que la terre et les faisaient disparaître au milieu d'un chaudron de lumière opaque, ont eu raison de leur folie.
    Mais en été, à l'heure du coucher du soleil sur le quai de Rivière-du-Loup, l'horizon est une des visions les plus douces qui puissent m'être accordé.*
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    Nous entrons dans la période des Fêtes de Noël et du Nouvel An. C'est l'ange de Reims qui m'a indiqué le chemin jusqu'ici je pense. Afin que les jours prochains soient empreints de douceurs. 

    * qui puissent ? - accordé ? J'épelle à l'intuition et j'accorde à l'improviste. À l'aide !

  • Reims (2)

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    EMI CDC 7 47385 2. La Messe du Couronnement. En Do mineur, K. 427. Mozart. New Philharmonia Orchestra. La New Phill ! Direction de Raymond Leppard en 1974. Aller tout de suite au #5. Ileana Contrubas et Kiri Te Kanawa qui rivalisent pour attendrir le Seigneur Dieu. Puis aller au Cum Sancto Spiritu, #9, pour le chœur merveilleux et les voix de ténors américaines. Solides, pas du tout arrogantes, précises. En larmes, déjà !, à l'Et incarnatus est. Beauté ! Marcher dans la ville des couronnements. Pétillant jusqu'aux orteils.

    Bonne nuit. Beaux rêves...

  • Reims

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    Rien ne nous prépare, quand on arrive à Reims, on peut emprunter l'avenue Jean-Jaurès, à l'apparition de la cathédrale, mince navire de pierre échoué au bout de la rue Libergier. Le cœur de la ville est un chantier maritime. Pourquoi suis-je ici ?

    Juste avant la déclaration de la guerre, un jeune homme, j'allais écrire "un pauvre type" mais je ne ressens pas de compassion pour lui, dont le patronyme est Vilain, natif de Reims et qui se disait nationaliste, a assassiné Jean Jaurès qui s'opposait à la coalition impérialiste qui voulait faire la guerre. J'entends la chanson de Brel.

    En ce moment, je n'ai pas de réponse à sa question. Ni à la mienne.