16.01.2009
Rotorua

09:37 Publié dans Carte postale | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : r, île, boue
12.01.2009
Ruhengeri
Chœur des Tutsis : RRrrrrrm... Rrrrrrwww... RRrrrwwwwaaa... Rrrrrrrmmmm... RRuuuuuuhh...
Théâtre océanique de Recife (Brésil), des voix tragiques murmurant ces mots incomplets - font voyager notre oublieuse mémoire dans le temps immobile.
Le voyageur : Être humain est une brève tentative du vivant d'être conscient.
07:20 Publié dans Inconsolable | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : r, mémoire, vie brève
08.01.2009
Recife
Quand ?
...
Au-dessus de nous, tout autour l'atmosphère
Trop dense pour les anges et les visiteurs là-haut
Qui nous observent, comme nous observons nous-mêmes
Les requins, les baleines, les grottes et les saumons.
Le temps se dilate
L'air se liquéfie
L'eau.
06:48 Publié dans Carte postale | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : r
Rio de Janeiro (4)
« Une lumière éclatante inonde l'atmosphère
Une lumière si colorée et si fluide que les objets qu'elle touche
Les rochers roses
Le phare blanc qui les surmonte
Les signaux du sémaphore en semblent liquéfiés
Et voici maintenant que je sais le nom des montagnes qui entourent cette baie merveilleuse
Le Géant couché
Le Bico de Papagaio
Le Corcovado
Le Pain de sucre que les compagnons de Jean de Léry appelaient le Pot de Beurre
Et les aiguilles étranges de la chaîne des Orgues
Bonjour Vous »
Blaise Cendrars, Rio de Janeiro, Feuilles de route
06:36 Publié dans Carte postale | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : r, cendrars
07.01.2009
Rio de Janeiro (3)
Teatro Municipal, année neuve, spectacle intitulé Y - I ?. (Pourquoi - Je ? ou Pourquoi - Moi ?) Je pense que presque tous les prénoms de femmes que je connais contiennent un y ou un i. Et je récite aussi ceci de mémoire en contemplant la crinière blanche de craie de la chorégraphe qui est au parterre et nous tourne le dos et dont nous attendons des indications depuis plus d'une heure :
Si l'on gardait, depuis des temps, des temps
Si l'on gardait, souples et odorants
Tous les cheveux des femmes qui sont mortes
Tous les cheveux blonds, tous les cheveux blancs
Crinières de nuit, toisons de safran
Et les cheveux couleur de feuilles mortes
Si on les gardait depuis bien longtemps
Noués bout à bout pour tisser les voiles
Qui vont sur la mer
Il y aurait tant et tant sur la mer
Tant de cheveux roux, tant de cheveux clairs
Et tant de cheveux de nuit sans étoiles
Il y aurait tant de soyeuses voiles
Luisant au soleil, bombant sous le vent
Que les oiseaux gris qui vont sur la mer
Que ces grands oiseaux sentiraient souvent
Se poser sur eux
Les baisers partis de tous ces cheveux
Baisers qu'on sema sur tous ces cheveux
Et puis en allés parmi le grand vent...
Parmi le grand vent...
Si l'on gardait, depuis des temps, des temps
Si l'on gardait, souples et odorants
Tous les cheveux des femmes qui sont mortes
Tous les cheveux blonds, tous les cheveux blancs
Crinières de nuit, toisons de safran
Et les cheveux couleur de feuilles mortes
Si on les gardait depuis bien longtemps
Noués bout à bout pour tordre des cordes
Afin d'attacher
A de gros anneaux, tous les prisonniers
Et qu'on leur permît de se promener
Au bout de leur corde
Les liens des cheveux seraient longs, si longs
Qu'en les déroulant du seuil des prisons
Tous les prisonniers, tous les prisonniers
Pourraient s'en aller jusqu'à leur maison...
Jusqu'à leur maison...
Si l'on gardait, depuis des temps, des temps
Si l'on gardait, souples et odorants
Tous les cheveux des femmes qui sont mortes
Tous les cheveux blonds, tous les cheveux blancs
Les liens des cheveux seraient longs, si longs
Qu'en les déroulant du seuil des prisons
Tous les prisonniers, tous les prisonniers
Pourraient s'en aller jusqu'à leur maison...
Jusqu'à leur maison...
Marc Robine, (Casablanca 1950 - 2003 Nîmes)
Puis elle est là, se dirige vers nous, Madame Felicity Minhxa, danseuse étoile chorégraphe, méduse. Je suis debout au fond de la scène, rangée des hommes côté jardin. Nous sommes une dizaine côte à côte. « Avancez en glissade. Go firmly, gently... », dit-elle presque imperceptiblement en fixant sur nous un regard terrible. Nous avançons d'un pas, puis d'un autre et subitement je lévite. Quelques centimètres seulement au-dessus du plancher. Chacun continue comme s'il ne me voyait pas. Comme s'il ne se passait rien de bien spécial ici. Madame non plus ne semble pas surprise. Cependant j'étire les jambes et je ne dépose les pieds que sur l'air, cinquième, ouverture, glissade, c'est la consigne... J'arrive heureusement à rester dans le corridor qui m'est octroyé. Un phare de poursuite me précède, j'entre dans la lumière. Il n'y a rien que je puisse faire pour que ça cesse. Je danse.
Madame nous demande de semer d'un geste ample et détaché « graciously » les fèves qui se trouvent dans le repli de la veste verte que nous portons. Je dépose, une fève à la fois sur le plancher noir de la scène. Une plante surgit, s'élève jusqu'au plafond dès que ma petite fève touche le sol. Ce n'est pas prévu, je ne peux rien faire pour que ça s'arrête.
Je danse dans mon éblouissement.
07:55 Publié dans Correspondances | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : r, danser, civilisation, rêve
05.01.2009
Rio de Janeiro (2)

06:37 Publié dans Correspondances | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : r, civilisation et richesse, pauvreté, danser
02.01.2009
Rio de Janeiro
Danser, chanter et raconter des histoires autour du feu, durant la nuit de l'arrivée du nouvel an.
Frileux et folkloriques, entamer des airs communs, partager des contes si enracinés dans notre petit monde qu'ils en deviennent universels ; bouger soi, ses jambes, ses bras et tout le reste et puis se réjouir de voir bouger en rythme ceux qu'on aime... Et puis aussi, tout à coup, c'est remuer dans la condition humaine.
Le nouvel an arrive à Rio en été. Sur des airs de Jobim qui ont traversé l'équateur depuis longtemps, nous dansions la bossa nova sur le sol gelé à Reykjavik et le décor s'est transformé. Me voici, étonné, fasciné toujours dansant sur la plage de Copacabana. Pieds et torse nus, je danse sur le monde vieux du nord, sur la pauvreté de notre prétentieuse civilisation, sur la pauvreté et sur la faim, sur l'ignorance, sur la brièveté d'une vie humaine et sur la longueur de la vie humaine ; je danse sur la jeunesse et sur la vieillesse ; sur mes idées et sur mes illusions.
Bonne année 2009.
09:19 Publié dans Correspondances | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : r, tom jobim, nouvel an
29.12.2008
Reykjavik

Un peu partout dans le monde, on prépare en ce moment des bûchers immenses ou petits, qu'on allumera durant la nuit du 31. Dans certaines traditions d'Amérique du sud les gens brûlent les vieux meubles, les objets brisés, « le diable » pour tenter d'amorcer la nouvelle année sans les poids qu'ils traînent, ou qui les entraînent. Ici, cette année, il y aura au moins huit feux importants dans la ville. Pour célébrer la lumière. Pour reconnaître l'improbable et merveilleux rapprochement des êtres dans un endroit presque hostile. Josse m'a enseigné à écrire sur quelques feuilles les faits saillants de ma vie durant l'année passée. Ces feuilles passeront au feu à la veille du nouvel an. Un geste de réconciliation. Et d'ardeur. Car ce qui survit au feu...
J'entame aujourd'hui ce bilan. S'y trouveront les souvenirs de moments heureux. Mais aussi, sans doute, quelques colères encore chaudes, des coins mal lavés de ma vie et de la poussière sous les tapis.
08:25 Publié dans Carte postale | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : r, brûler les diables, brûler l'année
25.12.2008
Ramallah
Pour me souvenir également que la joie « venait toujours après la peine ».
» Quand Jacques sur le divan s'est mis à sangloter, lui, cet homme si intelligent, volontiers sarcastique, dupe de rien et surtout pas de lui-même, j'ai su qu'enfin nous avions atteint quoi ? mieux que le vrai : le lieu caché de la détresse. » J.-B. Pontalis, Fenêtres
Et puisque nous mentionnons le divan, c'est à Ramallah qu'eut lieu en 2005 le concert inoubliable Divan - Barenboïm.
![932916,property=imageData,v=1[1].jpg](http://epistolaire.hautetfort.com/media/01/02/2052856753.jpg)
Joyeux Noël.
10:32 Publié dans Correspondances | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : r, joie, détresse
23.12.2008
Rivière-du-Loup

* qui puissent ? - accordé ? J'épelle à l'intuition et j'accorde à l'improviste. À l'aide !
06:55 Publié dans Carte postale | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : r, le fleuve, quai
