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  • Charlotte - 51

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    L'oiseau de feu

    Tyrannie du présent. Soumission au réel. Bruit. Vulgarité. Laideur. Plates idées courantes. Penser que "les gens" pensent quelque chose.

    "Les gens" n'existent pas.

    Nos esprits repliés comme des perruches dans une cage couverte par le "tissus" social. Mais...

    Qui habite en nous ? À qui avons-nous affaire constamment ?  La légion le plus souvent. Le mauvais esprit. Elle. La foule abstraite. Nous laissons la salle se remplir. Puis... il n'y a rien sur la scène. Le spectacle est dans les fauteuils et les gradins. Les places sont gratuites ! Entrez ! On attend. On vit à genoux. À je-nous.

    C'est déprimant.

    vertical,dedans

    Charlotte,  Juste avant la fin de la nuit, de ma fenêtre ouverte j'entends les oiseaux qui appellent le jour dans l'espace restreint qu'occupe leur vie en été. Espace à peine plus grand que celui des abeilles qui butinent et dont la ruche se trouve non loin. 30 mètres à la verticale, un petit kilomètre à l'horizontale. Tout s'y trouve, les insectes, les vers, les herbes et les fleurs, leurs voisins. C'est là toute leur géographie. Je me demande pourquoi l'oiseau s'est-il logé sur cette branche-ci plutôt que celle-là ? Pourquoi a-t-il fait son nid là, dans ce vieil érable près de la remise plutôt que sur la tête touffue du jeune sapin baumier qui se trouve à côté ? Conditionnements nombreux et complexes.

    Sommes-nous plus libres qu'eux ?

    Je ne sais pas. Mais nous pouvons, comme je perçois qu'ils le font, vivre pour célébrer le fait d'être vivants. Appeler la lumière le matin. Cueillir la nuit des rêves. Vivre et apprendre à voler.

  • Charlotte - 42

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    Gauche, droite, gauche, droite, gauche...

    J'entends le bruit des bottes. Ou celui des idées courtes. Ça me fatigue. Car il faut penser à gauche, y vivre le plus possible. Mais plein de mauvaise foi et très souvent réussir à droite, y chercher sa place un peu plus au sommet de la pyramide ou confortablement devant les morceaux les plus gros.

    Qui parmi nous qui sommes nés ou qui vivons dans un pays riche y échappe ?

    Même nos silences sont politiques. Même nos jeûnes. Même nos enthousiasmes humanitaires. 

    Pas un seul philosophe. Pas un gourou. Pas un saint jusqu'à présent. Pas une société idéale ou corrosive ou massacrée qui ait pu faire en sorte que la vie soit plus belle à vivre pour tous en même temps. Pas un. Pas même un. Les choses, par l'intelligence du grand nombre ou par le génie d'un seul, cherchent un espace idéal. Une sorte d'arrêt dans le bien être. Une chose introuvable. Car il semble que l'arrêt, même dans notre vie, fait aussi peur que la disparition. Car c'est une sorte de mort. Stase. Ex-stase. S'arrêter ici, ou là, est infernal. Le soleil fait évaporer l'eau qui forme des nuages là-haut dans le froid. Le mouvement de la vie est la seule chose sur laquelle nous pouvons compter : la continuation. 

    Gauche, droite, devant, derrière...

    On commence à le dire. Ce ne sont pas uniquement les axes ou les orientations extérieures qui nous définissent ou qui nous situent. Ceux qui voulaient parler d'une vie spirituelle employaient l'image d'une dimension verticale. Le nord, le sud, l'est et l'ouest et puis le haut.

    Je pense que l'explication est insuffisante. En tout cas pour moi elle l'est. Il y a bien sûr tout ce qui est extérieur à nous qui nous renseigne sur ce que l'on est et sur l'endroit où nous sommes. Il y a cela.

    Mais l'autre dimension n'est pas verticale. Elle est intérieure.

    ...

    Gauche, droite, devant, derrière, haut, bas...

    Dedans. C'est vraiment là que ça se passe.

    Et c'est difficile d'y aller. L'élan du monde est centrifuge.

    Charlotte, je te souhaite de la force.

    Centripète.