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Voyage

  • St-Boswell

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    Notes pour l'allocution de la députée lors du souper bénéfice pour l'école St-Boswell.

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  • L'île Manitoulin

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    Le plus souvent je dresse l'oreille quand j'entends la respiration des vagues sur la rive d'un lac.

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  • Jordan Valley, Comté de Malheur, Oregon, USA

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    Marc,

    J'ai voulu vivre dans un endroit improbable. Je suis venu m'installer ici : dans ce village de l'Oregon, qui se nomme Vallée du Jourdain, il se trouve qu'il est situé dans un comté qui se nomme Malheur. Près de Rome... Et de la frontière de l'Idaho. Ça ne s'invente pas. Il n'y a rien à voir. Je m'y suis installé pour écrire. Pour terminer le roman commencé il y a vingt ans. Mais aussi pour échapper à mes semblables humains et au coût exhorbitant de la vie partout aux ÉU d'Amérique. Ne pas avoir de revenus est ici la norme. 150 habitants environ. Je ne veux pas les connaître.

    (...)

    Je suis veuf, mais ma double nationalité canadienne et états-unienne officialisée par mon mariage il y a trente ans, me permet donc d'échapper à la version 2 du film politique Trudeau qui passe en boucle chez vous. Tout en étant accablé par celui qui s'intitule Clinton 2 ici. En fait, je n'échappe à rien comme tu le vois.

    Je ne bois que de l'eau. Je ne fume plus.

    Je ne pense pas que l'histoire des humains est un destin déjà écrit. Je ne crois qu'au présent. Et aux forces qui font tourner la roue. Je ne cesse de me demander ce qui pourrait être fait pour donner à nos compatriotes la possibilité de faire pencher la balance de l'histoire du côté de la survie de leur patrie et de leur environnement.

    Je ne peux que mettre l'épaule un peu âgée à la roue. Mes trente dernières années à Florence (Oregon) m'ont éloigné de façon irréparable de l'activité du monde actuel.

    (...)

    Je veux te demander ton aide. Je ne paye pas de loyer, la maison, mon toit actuel m'a été prêtée. Mais il me faut faire rouler la bagnolle de temps en temps pour aller faire des courses. Je vais tenter de m'en tirer avec cinq mille dollars. Je ne veux travailler ailleurs que devant ma table et mes cahiers. 

    Je veux t'envoyer par la poste le manuscrit de mon roman, recopié par moi-même, huit pages à la fois. Cela va coûter environ 1,20$ à chaque fois. Sur mille pages, cela va me coûter environ 150,$. Si tu me faisais parvenir ce montant, cela me donnerait la chance de commencer, aussitôt que je l'aurai reçu, de t'envoyer les premières pages. 

    Je sais que tu sauras quoi faire avec le manuscrit. Je ne détesterais pas qu'une maison d'édition québécoise s'intéresse à la chose. L. est mon premier choix. Ceci étant dit, je te fais confiance.  

     (...)

    Lucas

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  • Aéroport d'Atlanta

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    • Premier aéroport au monde pour le nombre de passagers 
    • Environ 241 000 passagers et 1 330 décollages par jour (soit 1 décollage chaque minute et 5 secondes, en moyenne sur 24 heures, ou 1 décollage chaque 40 secondes entre 9 h et 23 h 40)
    • 243 destinations directes (le plus grand nombre au monde)

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  • Lancaster, NH

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    3 333 habitants. Très petite ville du nord du New Hampshire dont les citoyens vont peut-être contribuer à faire en sorte que Donald Trump devienne le président des USA en 2016. Ou peut-être que non. J'écris ce billet en juillet 2016. 69% des électeurs du NH, dans un sondage CNN, prédisent aujourd'hui que Hillary Clinton sera élue en novembre. Mais 4 mois, c'est une éternité en politique, dit-on.

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  • Big Sur

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    Il y a quelques années, j'avais été déconcerté par les propos de mon jeune collègue (Sébastien Corriveau, actuel président du parti Rhinocéros canadien) qui avouait qu'il n'arrivait pas à se débarrasser de son obsession de la politique. Le politique qui se manifeste dans toutes choses, aussi, ajoutait-il, tout en étant la même chose exprimée autrement, par l'incapacité des humains de bien vivre ensemble depuis que le monde est monde. 

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  • Lourmarin

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    Depuis dix mille ans il neige dans mon pays. Il y a de grands arbres qui envoient leurs racines profondément et boivent l'eau des sources enfouies. La brève chaleur de juillet n'est toutefois pas assez longue pour permettre aux petites plantes d'aller bien creux, car le sol en surface est gelé au moins six mois sur douze. Mais il y a tout de même des paysages que j'habite tout le temps où flottent des églises sous le soleil du midi et qui stridulent en latin dans mon esprit.

    Photo : Philippe Laloux - Provence d'Amour

  • Tunis

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    Gagner du terrain. Perdre du terrain. La vie en société me fait penser à un jeu pour lequel je n'arriverai jamais vraiment à développer de facilité ou d'adresse. Soit parce que les équipements avec lesquels je joue sont imprévisibles, inconstants, soit parce que mes adversaires trichent. 

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  • Et ici - 8

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    Pâques

    ... la révolte ne peut se passer d'un étrange amour. Ceux qui ne trouvent de repos ni en Dieu ni en l'histoire se condamnent à vivre pour ceux qui, comme eux, ne peuvent pas vivre : pour les humiliés. Le mouvement le plus pur de la révolte se couronne alors du cri déchirant de Karamazov : s'ils ne sont pas tous sauvés, à quoi on le salut d'un seul ! Ainsi, des condamnés catholiques, dans les cachots d'Espagne, refusent aujourd'hui la communion parce que les prêtres du régime l'ont rendue obligatoire dans certaines prisons. Ceux-là aussi, seul témoins de l'innocence crucifiée, refusent le salut, s'il doit être payé de l'injustice et de l'oppression. Cette folle générosité est celle de la révolte, qui donne sans tarder sa force d'amour et refuse sans délai l'injustice. Son honneur est de ne rien calculer, de tout distribuer à la vie présente et à ses frères vivants. La vrai générosité envers l'avenir consiste à tout donner au présent. Albert Camus, L'Homme révolté, La pensée de midi.

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  • Toronto - 2

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    L'exposition W.M. Turner Painting set free au AGO se termine à la fin du mois. Aquarelles, peintures et dessins racontent les nombreux voyages et le long arrêt de cet inclassable forcené. Génie des atmosphères. Diable des tourbillons dans un monde statique.  

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  • Charlotte - 20

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    Devenir lectrice

    Un jour, c'est probablement déjà fait dans ton cas avec les parents que tu as, certaines personnes deviennent des lecteurs, des lectrices. C'est un peu mystérieux. Je veux dire que ça n'a pas nécessairement à voir avec le fait de lire ou ne pas lire des livres - ou bien je ne sais quelle bébelle électronique qui te présentera les textes dans quatorze ou quinze ans.

    Mais lire, il s'agit plutôt d'un constat et d'un engagement.

    Ça n'arrive pas à tout le monde. Certaines personnes aiment les films, certaines personnes aiment assister aux spectacles, aux concerts, aux courses, à rien ; certaines aiment le divertissement qu'apporte la télévision ou le sport.

    Mais la lecture... Mais lire.

    Un jour, cela arrive. Il y a un livre généralement auquel on peut associer le fait d'être devenue une lectrice, un lecteur.

    - Ah tiens ! Ça, c'est moi, se dit-on en lisant. Un nouveau moi. Une nouvelle moi. On ne s'intéresse à l'auteur qu'accessoirement. Ce qui est important c'est le rythme du cœur qui bat dans le livre. L'audace et le pouvoir qu'a la page de nous déloger d'où nous sommes et de nous surprendre. Ensuite, tout le travail de la lecture, il se fait en soi-même.

    Charlotte, il y a les pages, les mots, l'auteur. C'est la fusée. Puis il y a l'univers dans lequel elle est projetée. Le grand noir (apparemment), le vide (bien sûr que non), l'espace (ça oui !). Un livre décolle, monte vers nous et nous l'accueillons dans notre immensité. Plusieurs livres retombent sans aller très loin. Fusées-pétards-mouillés. Certains livres, rares, mémorables, se rendent jusqu'aux étoiles en nous que nous n'avions pas encore visitées.

    J'espère que tu seras une lectrice. J'espère aussi que tu aimeras la musique.

    ...

    Et si je te dis je t'aime, je t'ouvre une petite porte vers l'immensité, dis ?

    La lecture. La musique. L'amour. Ce n'est pas tout ! Mais c'est beaucoup. Beaucoup.

    ...

    Charlotte,

    Les pressentiments sont d'étranges choses, de même que les sympathies et les présages ; les trois réunis constituent un seul et même mystère dont l'humanité n'a pas encore trouvé la clef.

    Charlotte Brontë, Jane Eyre